CHAPITRE ONZIEME
SOMMAIRE
Origine d'Aymar csxnte de Poictoo. — E m en on etTurpion frères. — Belles qralités < Turpion. — Angoulesroe rebastie. — Origine des deux maisons de Pirigoeux et < la Marche. — Les autbeurs de ce temps abusent fort du mot neveu.
Aymar , sans doute , a possédé Poictiers à tiltre de comte , s comme seigneur, ou comme gouverneur, c'est la difficulté ; toutefois la première opinion semble plus véritable , quoy qu'il y ait eu de la force en son fait, ayant dégénéré son bail et garde en propriété, puisque Ebles, ci-après, rentrera en ses droicts héréditaires en le chassant de la comté. Or , Aymar estoit fils d'Emenon y un grand seigneur Poictevin , Celui mesme qui avoit tant remué mesnage contre l'empereur Louis le Débonnaire et le Chauve , afin de maintenir au royaume de Guyenne le prince Pépin II , enfin ayant fait sa paix, le Chauve le pourveut du comté d'Angoulesme après la mort de Turpion , son frère (î), vaillant seigneur, lequel avoit esté étably comte de cette ville-là au temps de l'érection du duché de Guyenne , afin de s'opposer aux Normans , selon qu'escrit l'auteur ancien des gestes des évéques et comtes d'Angoumois ; entre-
il) Fauche t , fol. 119, dit fils , ce qui n'est pas.
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autres batailles d'entre luy et les Normans, il s'en cotte une donnée sur les frontières de Saintonge r ou s'estant attaché contre IMaur leurroy ou capitaine , et courant de roideUr l'un contre l'autre à cheval, ils se choisirent si à poinct , qu'ils s'eotrepércèrenf a coups de lances , dont ils moururent le d'octobre 863. Fau-
chet dit que Turpion fut tué l'an 876 et qu'Emenon étoit son fils. C'est une inadvertance advenue à la transcription, car ailleurs il rapporte ce combat à Tan 862 et recognoist Emenon pour ficère de Turpion ; nous avons remis la vray datte à l'aidé d'une chronique ancienne à ta main, qui appelle Turpion très valeureux gendarme et excellent défenseur de sa patrie, seigneur magnifique et libéral * édifieur d'église et nourricier des pauvres; ce qui nous doit faire regretter qu'il ne reste plus particulière connaissance de tout cela dont on a point de mémoire, aussi-bien que les vertueux actes de Robert le Fort, marquis de France , du comte Regnaud , et de Ranutfe I et II , ducs de Guyenne. Emenon , qui fut subrogé en la place de son frère, ne fut guères plus fortuné que hiy ; car Landry, comte de Saintonge, ayant pris sur luy par trahison le chasteau de Boute ville, ils en vindrent à une bataille de si m air-heureux événement , qu'Emenon tua Landry sur le champ, le i3 de juin 866. Et quant à hiy estant blessé et porté dans son chasteau de Rancougne près de la Rochefbncault, il mourut le 21 du mesme mois, laissant Aymar son fils en Fort bas aage , et insuffisant de pouvoir tenir le comté après luy: tellement que Charles le Chauve en pôurveut Volgrin, un sien parent frère d'Aldutn second, abbé de S. Denis, et d'Oliba évesque d'ÀngouIesme ; de luy et de Rogelinde, fille de Guillaume H, comte de Tholose , sœur de Bernard II, sortit une lignée qui a duré plus de cinq cens ans. C'est ceiuy-cy qui le dernier de février 868 , commença de bastir la ville d'AngouIesme que les Normans avoient bastie et destrukte. Cependant on ne dit pas que devint le comte Aymar josques au règne d'Eudes, que le duc Ranulfe estant décédé, ceroy luy bailla Pofctiers. Aymar ne dégénéra point de la valeur de ses ancestres , tesmoin la charge qu'il fit sur l'armée d'Eudes , dont il a esté parlé cy-dessus. Ses autres laits ne sont pas tenus jusque* à nous r for* quelques menues
parrtcnfaritez que les curieux, pourront: lire dans Eudes de Cluny * autheurde mesraeaàge , et nourry de Jeunesse à la suite dâ comte Guillaume d* Auvergne; il espousa Sanche, petite fille de-Vulgrin ï, comte d'Angoutesmé, dont 'il a été parlé: car Vulgrin eut deux fils de Regeknde ôVThoiose , Aldouin, ou Hildouin l, comte d'Aogoulesme, et Guillaume I, comte de Périgueux, qui estoit la dot. de s» mère; cettui-cy laissa un fils et deux filles. Le fils- fut Ber~ nard I, comte de Périgueux. Les filles, furent Emme , ou Aruie,. femme de Boson I dit le vieux comte de- la. Marche , tige des deux maisons de Périgueux et de U Marche: car encores que Bernard I eut quatre fils, ils décédèrent sans lignée, combien que • Corlieu l'ait escrfr autrement; mais on doit l'excuser sur les exemplaires viciez, où if estoit tombé. L'autre fille de Guillaume de Périgueux fut Sanche femme du comte Aymar seigneur bien né* qui par sa discrétion et sagesse acquit si absolument les bonnes grâces de aon, beau-père, et de son oncle qu'il commandait en leurs seigneuries,, et estoit obey, comme s'il eust esté leur propre frère. Sanche ne» luy fit pointd'enfans, ce qui leur donna, sujet d'aumosnèrrde grands, biens à S. Sauveur de Charroux, S. Martial de Limoges , saines Jean dVAngeric, et à< sainct Cybar d'Angoulesme : il mourut vieux, et plein de jours, lé avril 93s, ét fut enter réV devant la i porte de l'église de sainct Hilaire le Grand de Pointiers ayant survesen io< ans le comte AIdûin v d?Angoulesme, ce- dit le petit Chronicon, ce qui revient à nostré calcul; car Alduin décéda le 26 de mars 916,. le temps du trespas de Sanche n'a. esté remarqué ; mais il passa L'an 9*8, comme on est certain, par un accident qrâ lui arriva, deux an* après la mort de son oncle Lambert, vicomte de Marcillac , et Ar~ nault son frère , Cnfans du vicomte Pianulfe -,. qui entreprindrent d'empoisonner Sanche pour une cause qui est. inconnue. Bernard, comte de Périgueux, son firère, les fit mourir tous deux, et confirma le vicomté de Marcillac à Odolire, ou Ouldry leur jeune frère, dont les ehfans ne valurent pas mieux que les oncles. Aymar avoit un frère nommé Adelelme, c est-àr-dîre , Alleaume qui eut prise contre le sainct homme (xéraut ce qui Uii succéda maL, au- rapport d'Eudes de Cluny qui » raconte ' sa mort un. peu estrange, où les eu-
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rieux la pourront lire. Abbon fait grand cas d'un seigneur de pareil nom , etnepven du roy Eudes , lequel fit de bons . seryices au siège de Paris contre les Danois. Les autbeurs de ce siècle là , plus que demy barbares , abusent avec tant de licence de ce root nepveu , pour signifier divers degrez de parenté , qu'il est mal-aisé d'y asseoir jugement , ny de pouvoir asserirer sHl eotend parler du frère d'Aymar, qui sans doute estoit proche cousin du roy Eudes , duquel il estditestre €on$4nguineu$ dans le mesme Abbon: quelqu* autre viendra mieux à bout de cette fusée , et diront seulement qu'Eudes à la supplication d'Aymar pourveut Ecfridus ou Ecfroy , évesque de Poictiers, de l'abbaye de S. HUlaire l'an 8g4, qui monstre que le duc , et afrbé Ranulfe estpi^ desjà décédé, et qu'on met mal à propos Frotaire , archevesque de Bordeaux et de Bourges pour successeur d'Ecfroy à l'évesché de Poictiers, mais il y eut un autre évesque du nom de Frotaire postérieur à Ecfroy vivant * l'an 925, comme il se void par deux Chartres de la pancarte noire de s^inct Martin du 1 2 des calendes de juin , et 4 d** calendes
56 HISTOIBE DBS COMTES DE FOICTOU
EBLES II,
COMTE DE POICTIERS, DUC DE GUYENNE
ET