‹ Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne; contenant ce qui s'est passé de plus memorable en France, depuis l'an 811 jusques au roi Louis le Ieune ed. by J. Besly the youngerChapitre 17 sur 38 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

■ .» • SOMMAIRE

Vouvnnt, sou. origine , pourquoy ainsi nommé. — Les seigneurs tludit lieu. — Nobles qualifiez du hom des terres doht ils ne sont propriétaires. — Seigneur de Mai revint. — Comme Voulant et Mairevant ont passé à divers seigneurs de la maison dè Chahot. ■ — Mal.idiç) populaire appellée le fen volant. — Guy, vicomte de Limoges, condamné à mort par le pape Sylvestre. — La Réole appellée Squirs. — Les trois Guyenne* réunies en un seul corp».

Presque en mesme temps le duc édifia un chasteau à Youvadt ainsi appelle comme lui-mesme tesmoigne par une chartre, à cause que 'de tontes parts le tertre est abreuve de la rivière de Vàndée , ét eptournéi sauf l'endroit du bord sur lequel il est fondé. Il permit à l'abbé Théodenn de Maillezais d'extirper et esserter le tertrô ou colline, à la charge d'y édifier une église et un monastère , lequel comme infinis autres est maintenant réduit à un simple prieuré. Voilà l'origine de Voùvant , qui s'est finalement acreu en ville close et grosse barônnie noble en hommages , et de, res^ sort de quarante ou cinquante parroisses , qui de leur commence-» ment souloiènt éstre du siège de cette ville de Fontenay, sous l honimage que les seigneurs de Vouvant en faisoiént aux comtes de Poictou ; le premier qui se trouve avoir esté seigneur de Vouvant est un Girard père de Geofroy , lequel souloit user d'un si bon corselet , que l'ayant légué à l'église de Sainct-Cybar d'Angoulesmé , le comte Guillaume II du nom, surnommé Taillefer , le retira de l'abbé Berpard , et en récompense leur octroya sur la T ouvre tin homme libre la plume et à l'escaille, et les mit en possession par la tradition d'une corrOye attachée et pendente à la chartre selon l'usage du siècle. Toutefois ce Girard estant nommé sire d'Antigné, dont il donna le fief presbitéral à l'église, et de cette de; Sainet-Christophle à Théodelin , de qui il les tenoit en

UISTOntE DES COMTES DE FOICTOU

hommage à cause du prieuré de Vouvant, nous sommes en doute s'il ne peut aussi-tost estre pris pour vassal de Vouvant que pour seigneur : car nous avons remarqué pareille chose en infinis endroits des tiltres anciens , où Ton void lej*Jobles depuis cinq ou six cens ans que les fiels sont héréditaires , estre qualifiez du nom de leurs terres , encores qu'ils n'en soient propriétaires : efe les seigneurs sont dits ordinairement domini et principes, sinon qu'ils soient comtes ou vicomtes , qui sont tiltres éminents , et non jamais ou rarement oubliez par les chartres. Il y a plus d'apparence de croire que les sires de Mairevant, qui est une seigneurie beaucoup plus ancienne, el dont il est fait mention dès le vivant de Guillaume III, furenl inféodez de Vouvant. Et de fait Thibaud Chabot , incontinent après la fondation , quitta aux religieux de Bourgueil toutes les cous tûmes qu'il avoît sur moitié de la parroissc de Sainct-Laur, laquelle avoit esté léguée par un Gosbert et Hildiarde sa femme , qui la tenoient de Savari, vicomte de cette ville de Fontenay , et frère de Raoul vicomte de Thouars , lequel la relevoit du comté de Poictou, qui avoit aumosné l'autre moitié de cette parroisse, ce que Thibaud n'eust pas lait s'A n'eust esté sire de Vouvant, estant certain que ceux de cette famille, l'une des plus anciennes de cette province , ont possédé Vouvant jusques à ce que Geofroy de Lesignen, frère de Hugues V, comte de la Marche , eut espousé la fille de Sebran Chabot , sous le règne de Louis VII , laquelle lui porta cette seigneurie en dot; et Geoffroy n'ayant qu'une seule fille nommée Valence , la donna pour femme à Hugues l'Archevesque, sire de Partenay , qui par ce mariage devint seigneur de Vouvant et Mairevant, et les transmit à ses enfans, et à sa postérité masculine , jusques à ce que Jean l'Archevesque, vendit ces deux grandes seigneuries avec Chasteljallon et Secondigné , au roy Charles VII , qui en disposa en faveur de messire Arthus, comte de Richemont, connestable de France, sauf de Secondigné quoy .qu'ancien fief de Parthenay. Mais cestui-cy estant devenu duc de Bretagne, il les rendit au roy qui les bailla sous la loy de re version à messire Jean comte de Dunois, source de l'illustre maison de Longueville qui les possède encores de présent,

il se trouve que ce Sebran Chabot, Tan i25i , eut contenu tion pour raison de l'avouerie ou droit de garde de l'abbaye de Maillezais contre l'abbé Gaudin, et il maintenoif qu'il en estait avoyer à fby et hommage lige- du comte de Poictou , à tiltre héréditaire de ses prédécesseurs , et en conséquence avoit rendu plusieurs jugemens de duels et d'examen par le fer chaud et l'eau froide encore en usage de ce temps-là. Toutesfois il le perdit par sentence qui fut donnée par le roy Louis VII dit le Jeune ,. le 4 des non. de février l'an ii5i , assistans au jugé Gerfroy II, archevesque de Bordeaux, Gilbert II, évesque de Poictiers, Bernard, évesque de Saintes, Guillaume IV, évesque d'Angoulesme, Pierre, abbé de Sainct-Maixant , Aymery, abbé de Bourgueil, Foucher, abbé de Taunay , Geofroy de Rançon t Hngues de Lesignen, le vicomte de Chasteleraud , Hugues, chancelier de France , Guy Bouteiller de France, Guy de Chevreuse, Guy de Garlande, Thierry Gallerand* Adam Broillard, conseillers du roy, ce qui fat confirmé par le sus-^ dit archevesque le 21 du mesme mois. Or pour retourner à nostre histoire, Arnaut Manzer I, comte d'Augoulesme , trespassa en habit de religieux, le de juillet de l'an 992 , et gist près de son père à Sainct-Cybar. Guillaume Taillefer son fils lui succéda en son comté, et sera cy-après l'un des plus fidelles vassaux de nostre due, comme aussi Aldegaire , frère de la duchesse Aldemodie , lequel avoit esté esleu après Ebles en l'évesché de Limoges , s'en alla mourir à Sainct-Denis en France , où il frit enterré moyennant un legs qu'il fit des plus riches et précieux ornemens de Sainct-Martial* qu'il avoit emporté quant et lui à son partement. Le duc pourveut de l'évesché Alduin , autre frère d' Aldemodie v et le fit consacrer jL%£i££* par les mains de Fronton, Boson et Hugues , évesqnes de Péri- rimM gueux , Saintes et Angoulesme. Là-dessus* courut une maladie es- rum , trange et inouïe, au païs de Limosin, laquelle on appelloit en lan- ^^Tm"'*gage vulgaire , lou mau de las boiaîas , en François te feu volant, mWf Varim à Paris les ardens, C'estoit un feu invisible qui embrâsant les en- ,t brailles, et le dedans du corps» emporta plus de quarante mille per- ™^ sonnes en moins de rien. L'évesque Alduin par le commandement t f iU ,h " du duc , ordonna un jeusne de trois jours: cependant tous les éves- Jaf . M

qties de Guyenne mandez vindrent trouver le doc à Limoges i avec processions solemnelles. A leur arrivée le corps de sainct Martial fut levé de son 'cercueil , et remis le de décembre , faisant prières et oraisons à Dieu : on fut tout esmeryeillé que ce furieux mal cessa. Lors le duc , les princes et seigneurs, jurèrent paix entre-* eux, et de garder justice entre leurs sujets, se iians d'une mutuelle confédération l'an 994 , indiction 6 ; la nouvelle en ayant couru parmi la France elle servit d'exemple à plusieurs de faire le semblable. Néantmoins Guy, vicomte de Limoges, frère de la duchesse, n'en eut point le cœur si fort touché qu'il ne voulust forcer Grimouard , évesque d'Aqgoulesme , à lui bailler l'abhaye de Braatosmè, et pource qiu'il l'en refusa , le vicomte le resérra dans la tour de Limoges, d'où relasché l'évesquele fit citer.. en cour de Rome , la cause plaidée le propre jour de Pasques Guy présent fut condamné à mort par le pape Sylvestre II, et qu'à cette fin dans le troisiesme jour suivant il seroit lié au col de deux chevaux neufs et non encorcs faits et domtez, pour demeurer a leur merci tant qu'il plairoit à Dieu, et son corps brisé et moulu , estre jettéâ la voirie pour servir de pasture aux chiens et aux corbaux. La séntence prononcée, on livra par une forme estrange, le vicomte en la garde et puissance, de Tevesque , attendant le jour de l'exécution; cependant ils se pacifièrent et avant le jour le dérobans secrè* tement s'en retournèrent chez eux , et do resn avant demeurèrent bons amis, cela doit estre advenu l'an 1002 ou ioo3, auquel mourut Sylvestre II , auparavant nommé Gerbert, il estoit natif de Guyenne et religieux du monastère d'Aurillac eu Auvergne. Le duc cette année estant à Poictiers , Abbon, abbé de Fleuri, qui est Sainct-Benoist sur Loire * duquel nous avons parlé, le vint visiter le 25 d'octobre, se fit fafre raison sur les molestes et vexations des Avoiers de son abbaye de Satilx en la Limagne d'Auvergne» diocèse de Bourdeaux, qui est du moins un acte du sieur dominant, comme on dit au palais. Ce bon père Abbon prit congé le lendemain de la Toussainct pour parachever un voyage qu'il avoil entrepris au monastère de SainCt-Pierre de la Réole anciennement appellé Squirs, en Gascongne au diocèse de Bazas. Aymoin de no-

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