‹ Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne; contenant ce qui s'est passé de plus memorable en France, depuis l'an 811 jusques au roi Louis le Ieune ed. by J. Besly the youngerChapitre 19 sur 38 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

SOMMAIRE

Drutas en Thiois,ce qu'il signifie. — Comte de hv Marche. — Démolition du temple de Hiérusalem. — Voyages de la Palestine.— Emme, femme du comte Goy, enlevée par des corsaires. — te clergé de Bourges ne reiit recevoir on bastard pour archevea-

}» «fue. — Les dispense» n'estoieat pas commune* en ce temps. — Bastard» promeui â répiacopat. — Entrée* et prises de possessions des évesques de ce siècle. — Origine des charges et dignité* ieudales , qui ont droit de porter les évesqoes 1 leurs entrées , barons qui portent féresque dePoiotiersà son entrée et' leurs drorcta.

L'histoire vous a fait voir qu'Aldebert I, comte de Périgord et <!e la Marche, estant décédé, son frère Boson H se saisit de ses estats et seigneuries, la femme de cestui-cy l'empoisonna, de sorte qu'il mourut àPérigueux, et y fat mis en terre. Le duc incontinent entra dans la ville, prit le bail et la protection de Hélie et de ses frères , enfans du deflunct , ensemble de Bernard fils d'Àldebert et de la duchesse Almodier et faisant partage de la succession du comte Boson le Vieux, leurayeul, il accorda que Hélie demeurerait comte de Périgord , et Bernard comte de la Marche. Mais pour c» que Bernard, à' cause de son oas aâge , n'estoit capable d'administrer sa terre , le duc y establit pour gouverneurs deux frères valeureux et expérimentez capitaines, l'un nommé Pierre, abbé ou doyen des chanoines de l'autre Imbert , sur-

nommé Dru tus, qui vaut autant en langage Thiois , que fidelle arny et loyal, comme on void aux capitulaires deCrécy, de l'an 8 1 8. Les anciens Romains en rime usent souvent de ce terme en bonne part: mais il décheut de son honneur vers le règne de saihet

Louys : car Guillaume de Lorris et Jean de Meun, et ceux qui les ont suivis, l'appliquèrent aux amours vulgaires et peu h on ne s tes. Or Drutus s'acquita droictement de sa charge, ce qu'il fit connoistre au roy Robert qui avoit assiégé Belac l'ayant contraint de se

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retirer sans rien faire. Pierre excelloit en valeur et courage: Dratus en prudence de conseil. Tellement que par sa conduite la Marche florit en honneur tant qu'il fut en vie. Lui mort le fais du gouvernement venant à tomber sur les bras de son frère , il s'aida d'un s;- t. cw brave gesntik-homme appelle Aynard, oncle d'Adémar l'historien , ^ parla sagesse duquel il dissipa les entreprises de tous ses ennemis, 'w* Aynard pareillement sorti de ce monde , et le gouverneur de la A***. Marche , estant destitué de personne de conseil qui sceut tempérer son courage tempestatif et bouillant , dont il n'estoit pas le maistre , les affaires allèrent un si mauvais train , qu'il fit juger par ses actions qu'il affectoit la tyrannie du palis. Le duc, à çette occasion de l'advis des seigneurs de la province , le chassa enfin de son gouvernement. Cela se passa devant l'an 1010, lors qu'Ebles, vicomte de Comborn en Limosin , surprit dans- son propre chasteau Gausbert prince , c'est-a-dire , sire de Malmort , et l'envoya prisonnier à Melle , qui fut sur l'heure investie et forcée par les sujets de Gausbert: lui, délivré de captivité, entreprit le voyage de Hiérusalem où il mourut. Cette année , ou la précédente, selon Glaber , est remarquable de ce que les Sarasins, le 28 de septembre, dé- Mttr1 ^ 1Tr molirent le temple ue Hiécusalem, et bruslèrent le sainct Sépul- e Fn < chre ; et la Vienne tarit et sécha environ deux lieues. Les voya- au**** u ges de la Palestine commencèrent d'estre fréquens. Raoul, évesque J** 5 de Périgueux , qui avoit passé la nier, au retour sortit de ce monde, pour faire place à Arnaut son successeur. Seguin qui de simple religieux estoit devenu archevesque de Bourdeatix, le consacra en l'église de Saint-Benoist de Nanteuil en Périgord. Quelque temps après Aldouin, évesque de Limoges, bastit la forteresse de Beau jeu, près le monastère de Sainct-Junieo , afin de harceler Jourdain, sire de Chabanais fils d' Aynard ; et de la sœur de Touques I, comte d'Angoùlesme et pour authoriser son entreprise se servit de la présence du duc de Guyenne qui l'assista en personne. Jourdain cependant advertit ses amis, mesmement Guy son frère', lesquels chargèrent vivement les trouppes d'Aldouin, qui estoit demeuré , pour faire parachever le fort , dure meslée entreeux en plein hy ver , qui cette année-là se monstra plus importun

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que dé tottShune. Le massacre ne fat pas petit , enfin bien débata^ la victoire inclina du costéde sire deChabanais, qui demeura maistre du camp , faisant retraicte, et à son opinion cheminant eh âssenrahce de ses ennemis et d'embosches , itn Soldat inconnu le tua par derrière en trahison* Ses gens à demi-désespérèz, et comme furieux pour l'assassinat de leur capitaine , passèrent au fil de l'espée tous les prisonniers qu'ils avoient en bon nombre , principalement dés plus signalez du parti de Févesque. Cette nouvelle infortune plus cruelle et dommageable que la première» redoubla le deuil et les larmes du vaincu. Jourdain Mânxer, frère naturel du defFunct , trouva moyen de prendre Aymeri frère d'Aldouin , et le tint longuement en prison 4 dont il ne le vouhit relascher pour aucune prière i ne rançon, La ruine de Beaujeu eh fut la seule composition: le mal-heur en vouloit, ce semble, à la maisôn des vicomtes d& Limoges. Car une autre occasion de deuil se présenta, d'autant qu'une flotte de pirates, Danois ou Normans, prirent terre à Saïnct-Mkhel-en-fHerm , ou davanture Ëmme , femme du vicomte Guy t estoit allée faire ses oraisons. Lès barbares l'emmenèrent ouire^tner , ou ils la retindreat bois ans, quelque diligence qu'on pétist?' faire de la raehepter , on composa pour sa rançon à nne grosse somme, pour laquelle parfaire , bn employa l'image de Sainct-lMiehel qui: estoit de fin or, et quantité d*6r et d'argent, et plusieurs autres précieuses richesses , qu'on tira du trésor: dè Satnct-tà artial de Limoges. Mais les Normans furent commé Normans et se : dédirent, retenans la rançon et la prisonnière 5 elle estoit en danger de passer misérablement le reste de ses jours en captivité , sans le duc -de Guyenne proche parent de Richard II « cOmte de Rouen s qui sur Sa prière envoya des ambassadeurs jusqueS en leurs païs, lesquels firent en sorte par moyens et artifices, qu'elle fut ramenée en France et rendue à son mari. L'an idi i , le duc passa les monts devant le temps du caresme pour faire sa dévotion à l'autel de la confession de sainct Pierre i l'évesque de Limoges Alduin , lui fit compagnie , s'estans premièrement saisis des thrésers de l'abbaye de Sabiet-Martial que lè vicomte son frère lui avbii vendue, De retour en France , l'évesque passa de ce monde *

qui fat cause que le duc conféra l'évesché à Geraut , nepveu du deffunct et de la duchesse Almodie. Il fut consacré en l'église de Sainct-Hilaire par Seguin, archevesque de Bordeaux, encores qu'il ne fust son métropolitain, dont voicy le sujet. Daimbert, archevesque de Bourges, décédé environ Tan 1008 , le roy Robert donna l'archevesché à Goslin, un sien fils naturel , lors abbé de Fleuri, le clergé de Bourges lui refusa les portes de la ville , dbant qu'il n'estoit séant ni juste , qu'un fils d'une femme publique montast a une telle dignité , et dura cette folie ou sagesse l'éspace de cinq ans. Les dispenses n'estoient pas lors si faciles d'obtenir qu'elles sont à présent, ou le clergé de France et l'église gallicane, retenant plus son ancienne vigueur et liberté, y avoit moins d'égard qu'elle n'a pas aujourd'huy. Si est-ce qu'Arnulfe, bastard du roy Lothaire , estoit peu devant archevesque de Reims: et Dreux, fils naturel de Charle-Magne , l'estoit pareillement durant le règne du Débonnaire. Or Goslin qui lors gouvernoit 1 abbaye de Fleury , où il avoit succédé au sainct homme Àbbo pour colorer de son authorité l'ordination de Géraut , envoya des religieux à Poictiers , qui furent présens à l'acte avec Gilbert I, évesque du lieu, Arnaut de Périgueux, Islon de Saintes et Grimouard d'Angoulesme : mais il sera bon de mettre icy les cérémonies 4e la prise de possession de Géraut pour le contentement des curieux de l'antiquité. La consécration accomplie, les évesques de Périgueux et d'Angoulesme, accompagnèrent le nouvel évesque dans la ville de Limoges , où estans arrivés prirent le chemin du temple de Sainct-Sauveur , où les religieux les recueillirent , et de là s'en allèrent ensemble en l'église de en ce lieu Géraut fut mis dans la chaire , et porté sur les espaules du peuple , puis l'évesque d'Angoulesme lui présenta l'évangile qu'il prit afin de le lire, et ainsi cheminant et bénissant continuellement de la main dextre , il fut conduit honorablement jusques à l'église de Sainct- Estienne, qui est la cathédrale, l'évesque d'Angoulesme lui offrit les portes du temple, celui de Périgueux les portes des Sins(i) c'est-à-

<1) Baldrieus Noviom. et Caméras. Efisc. Ep. 1. I, c. XC, p. 154 t — Nam cum digni* tatis tanto munero svscepto redirtt adeo quippe astu. torrent*, fatigalus est [fl uibodus

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dire des cloches, cela fait, l'évesque de Périguetix f eslevant sa vol*, chanta le Te Deum, puis il le baisèrent tout séant comme tt estait m son siège , et de ce pas célébrèrent la messe du Martyr de Sainct- Thierry dont la feste escheut ce jour-là. Durani sept {ours le trouve' évesque porta l'estole béniste avec les ornemens et la châppe à la romaine sans chasuble , et officia par chacun jour ; l'entrée et [irise de possession des évesques de ce jourd'huy retient quelque chose dé l'ancienne qui dépend de plus haut Car on trouve qu'Estieriné 11, esleu pape Fan 752 Ou 53 , se fié porter sur les espâules du' peuple jusques au temple de Constantin , y ayant apparence que cette cérémonie a esté dérivée de là. Mais depuis on a converti en charges et en dignitez féodales , le droit de porteries évesques lesquels ont baillé à cette fin des fiefs de l'église a quatre seigneurs , de La pluspart de chacun diocèse. En Poictou on les appelle vulgairement les quatre barons, ce qu'il ne faut entendre de ïa£rôvifl«$ cfe sont les sires de Lezignen 4 de Parthenay , de Chasteleraud * du Fief-l'Evesque. Ces deux derniers portent par lie devant, ét le» antres «deux par le dénier e. Le sire de Lezignen doit avoir poor conoubie ou son droit le cheval blanc , sur lequel lé nouvel évesque ést entré grand ««jct. ^ j a ^ ^ porte qu'on dit par corruption 4 Joubert, au li«n Bouuuicr. d'Angilbert Le sire de Parthenay a pour dwrit la croupe d'argents dont il sert comme eschariçoh pour le premier traict l< il a aussi les h.mbric. nappes de la grande table ^ et du dressoir. Celui iiu vicomte de Chastekraud consulte en deux bassins d'argent v "dont tfà baillé 1 laver à révesqne. Le sire du FîeH'Evesque doit servir le» prewicrs mets dans deux plats d'argent, dont il fait Fespreuvé , £oi* 00 ^ rend les plats qu'il retient pour sà livrée.

Episcopus Camerac.] Ut cum ad Ecclesiam tuque pervertisse t vix Campanarn c«jr«tf nnbulum Episcopi digniLatem sibi findicandam indicare deberet , vix inqudn * w Uâ œgrituàirtis movero potuerit. . ; < " '

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