CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
SOMMAIRE
l'oie de $4)90^. Jean Y tfçuve'e à Sainct- Jean d'Angeric. — - Faux discours dansSaincl- Çypriaj» sur le chef de siinct Jean. — Observations sur ce fait. — Combat entre le duc et les Normans. — Election d'un évesque de Limoges qui fut investy par le duc. — Le« évcsclicz se vchdoient en ce siècle.
AMw, selon .** ^sturae, {tassa les Alpes pour faire ses oraisons S Rome ('an iç&.M pJM* près. Durant son absence Alduin, abbé de Sai net- Jean d'Angeric, trouva une teste humaine dans une closture 4e pierre taillée en forme de pyramide. C'est oit le chef de sainct Jean Baptiste à son opinion : mais d'où , quand, et comment il eus! csi4 pprté là , et $i véritablement c'estoit cejuj du sainct préoirseurde Pieti, on n'en est pas bien certain, ce dit Aymar, qui a^ftcrit .spn|}i«l*)iïe aumesmeaage: car, dit41, il n'en est rien porté ès^esjes de Pépia, jaçoit qu'Us contiennent jusqu'aux plus mennes^pertienjarUe* de sa vie , et lesquels n'eussent pas oublié un £a& $1 n^émorable. Davantage le discours qui se void de cette matière «en suite des oeuvres de sainct Cypriau , est réprouvé des doctes à cause de sa inteté. Pour dire vray la narration esit ancienne , eUPiicta beaucoup /des parlicularitez conformes à la description aes,lijeux, et fes cbemins depuis Angouiin d'Aulnis >usques à la ville d'A.Bgeric de ;Sa*ntonge , qui fait juger que celui qui en est l'autheur estent natif de ceoaïs-là, ou il y a voit grande habitude. M^is Pépin a vescu longtemps après l'évesque Théophile dont il est là parlé, iei|de son temps les vandales n'ont fait la guerre à la Guyenne, c£ Atexandrip ne posséda jamais le chef de sainct Jean ; Mit. trrlftiuft. , Tiro Prosper monstre que l'an de Kostre Seigneur 3 9 i, Valent- £ nian pour h i<tnafriesme (pis , # Neobrius estans consuls , le grand ^ e aic-a,.*, TVodose, l'an 12; 4c son empire, avoit fait amener de Coslay un L^vlJrZ hourg à sept mjl de Çonstantinople, le chef de sainct Jean, pour le *Z£'„. „„„
lOO
ci. faire colloquer en on magnifique temple, qu'il avoit fait édifier en
tl JZ ^Jl 500 honneur; de quand a-t-il esté tiré de Constantinople ? «ne au— — tre invention du chef de sainct Jean est dans le comte Marcelin ,
\ iromalns et Opilion , estans consuls Tan de salut 453, indict, 6 , tellement que 1 abbé Alduin n'est pas du tout hors de soupçon , et le siècle d'alors simple et grossier plus que celui d'à présent , s'est souvent licentié en cette façon de faire. « Quelques-uns , disoit « Lctaldus, escrivant à Avesgaut, en ce temps-là évesque du Mans, et essayans de relever et magnifier les gestes des saincts, offensent « contre la lumière de vérité , comme si sur le mensonge on pou- « voit bastir la gloire des saincts, lesqueb s'ils eussent esté secta- « teurs du mensonge , ne fussent jamais parvenus ni montez à ce « haut degré de saincteté. » Tant y a que le duc estant de retour d'Italie , apprenant ces nouvelles après la feste de Pasques , il s'en réjouit à bon escient Le roy Robert et la reine Constance , Guillaume Sanche roy de Navarre , Sanche duc de Gascongne , Eudes II, comte de Champagne , bref les princes, comtes, prélats, et gens de toute sorte de conditions y abordèrent à la foule, et y firent de grandes offrandes : entre-autres le roy qui offrit une conque d'or très pur du poids de trente livres, et des ornemens précieux. Le duc de Guyenne recueillit et festoya magnifiquement le roy et les seigneurs. Puis esmeu de dévotion il envoya quérir Odilon surnommé l'Archange abbé de Cluny , renommé d'une singulière preud'hommie , afin de réformer les religieux de Saint-Jean. Là-dessus 1 abbé Aldouin venant à mourir , Odilon ordonna Rainai , ou Renaut en son lieu , et cestui-cy estant incontinent décédé , il lui subrogea Aymeri. L'année suivante devant le caresme , les gens du duc entrèrent si avant en querelle avec ceux des religieux , que ceux-cy mirent le feu dans l'hostel du duc et tuèrent son prévost Fouques Nerre, comte d'Anjou, qui estoit lors au service du duc en la ville de Poictiers , et plusieurs autres barons le voulurent persuader de ruiner le monastère pour punition du crime ; chasser les religieux et en leur place establir des chanoines. Combien que le sérénissime prince (Aymar parle ainsi) se sentist grièvement irrité par une telle offense , néantmoins il vainquit son
ET DUCS DE GUYENNE. lOU
courage , et termina le différend par la vbye de douceur. La mesrae KS - ■*
l l r«€ut. d* Tramée
année on la précédente , une grosse flotte de Normans, o» payens ut. s.M.nui^ de Pannemarc, descendit en Guyenne, pensans destruire le pais à l'exemple de leurs prédécesseurs ; le duc sur l'avis qu'il en eut despescha promptement cà et là ès terres de son obéissance , pour faire assembler les évesques, le clergé et le peuple, afin de vâcquer à jeusnes et oraisons. Lui cependant mit la main à l'oeuvre , et avec une gaillarde armée im soir du mois d'aoust entre chien et loup , s'en alla loger près du camp des infidèles non loing du rivage de la mer: eux épouventez d'une si brave résolution jugèrent avoir plus besoin d'artifices que de forces pour se desgager d'un pis si dangereux. Tellement que toute la nuit à leur mode accoustumée ils creusèrent des fosses et trenchées qu'ils couvrirent dextrément avec des brossailles et gazons par dessus. De sorte qu'il estohY malaisé de s'en appercevoir. Le duc monté à cheval de bon matin, comme lui et les siens, à la teste desquels ilmarchoit, eussent donné des espérons droit vers les ennemis , ils ne faillirent de tbm- ; ber dans les embusches: les premiers reuversez par terre furent faits prisonniers.* les derniers s'appercevans de la ruse abandonnèrent les destriers, mais un peu bien tard. Le duc mesrae rencon-^ trant un fossé tomba dedans tout ainsi pesamment armé comme il estoit , et sans une grâce spéciale de Dieu qui le terioit ordinairement en sa garde, et alors lui donna l'entendement et la force de remonter vigoureusement en haut , et se rallier à sa troupe , sans doute il tomboit en la puissance des barbares , qui tendoient désjà les mains sur sa personne. L'on trouva bon de cesser la meslée pour ce jour, de crainte que les prisonniers qui estoient des principaux de la noblesse, ne fussent impiteusemént massacrez à la chaude, entre la peur et le désespoir des ennemis. La nuit venue: avec le reflux de la marée incontinent que les vaisseaux se trouvèrent à flot, les payens levèrent l'ancre, et gagnant le haut se 'garantirent pour cette fois, et désormais donnèrent patience à la Guyenne, où depuis ils n'osèrent plus retourner. Le duc employa libéralement ses trésors pour rachepter les captifs, et les mèttre en liberté; et pesant la condition et mérite d'un chacun, il tira de
ses coffres les deniers de leur rançon, estimant déraisonnable qu'eux-mesmes ou leur pauvre peuple en rçceussent la cOurvée , et une seconde incommodité. L'an 1019 , Géraut évesque de limogea trésorier de Sainct-Hilaire , désirant se trouver le premier jour de novembre à Poictiers pour y célébrer la feste de Tousaainets, s*arresta en la ville de Chamrox , et y mourut en peu de Jours le dumesme mois, le 8 de son épiscopat Les seigneurs du païs coururent à l'envie pour se faire pourvoir de l'évesché , lé marchandons à deniers comptans: car ils connoissoient l'humeur de l'archeyesque de Bourges qui en faisoit trafic. Il y eut quelque tumulte pour celaà Limdge*, l'afiaire mise en déhbération 4 le duc convoqua une assemblée au mois de janvier au monastère de &ainct-f unien , afin de procéder àl'éiection d un nouvel évesque> Guillaume H, comte d^Ajngonlesmë * seigneur pruden* > Guy vicomte de! Limogés , et les barbus et seigneurs du pals, se -trouvèrmt !au jour assigné. £urfe fin du -mois ses voix et le fort tombèrent sur Jourdain de iLarous , gentil-nommé de bon lieu,, en réputation d'bc^nme 4e bien. Dès le kndemain matin » Le duc assisté de Grimbuard tévesque d\\ngoidesme et dlslon dé Saintes frères , et de nombre 4e ; seigneurs menèrent l'état éréseme à Limogéi\«t forent poser au temple de Samrt^uweflE. Le jour suivant le duc le voulut copouice en l'eV gliséde Saihcft~£stienne, et là en présence de toute la compagnie » il l'investit it l'évesché par la tradition du baston pastoral , sans qu'il lui constast un seul denier > ce dit l'historien* qui par/ là semble taxer le vice du iemps ., il restoit de pourvoir à la thuésarorie: 4 e Sainct-Hilaire Le duc jettant les yeu* sur Fulbert évasque de Chartres , dont 'ks escriteanis en lumière sont Aesnmins 4* sa suffisance et incité V & la lui conféra. Le caresme s approchant il passa en Italie : cependant il donna chargé au wmteGujlJanraé* son fils aisné, de mettre -ordre qu'à son retour ilitcouvast: Jourdain con-^ sacré; Le jeune comte » pour obéir au vouloir de son pêne, mena Jourdain à Sajnct-Jean d'Àngeric , où le jour de la my-earesme qui esçheutle *amedy v l'arche vesCjue de JSourde aux
assisté des évéiques , Bosoo de Saintes , Arnaut de Pérignenx, et Issembert I de Foktâers, qui naguères avait succédé à son oncle
Gislebert I , lui donna les ordres de diacre et de prestrise. Gela {ait le comte et l'évesque de Périgueux furent l'introniser en la chaire de sainct Martial. Goslin , archevesque de Bourges, 1 se formalisa de cette entreprise comme préjudiciable aux droicts de sa métropole, etfist en sorte que Je rov Robert le prouva mauvais. Ce fut l'occasion de l'assemblée d*un synode de sept arche vesques , où le roy présent, on trouva bon d'excommunier Jourdain. Fulbert de Chartres s'entremit d'accorder le différend : Goslin l'eust volontiers consentît et Je désiroit en son coeur,, lorsqu'il se présenta sujet.de dissimuler sa bonne' Volonté : car davantare le duc envoya dès lettres à l*évë$quë Àncëlirt ou Anseâùme de Laon, où: il partait en mesprisde Sa Majesté, les lettres rapportées au roy il en conceut une telle offense , que Goslin n'osa passer outre , de peur de lut déplairè* et d'encourir son indignation. Au fonds de Fa£faire, Jourdain n'estoit pas du tout destitué d'excuses , d'autant; qu'il vouloit éviter Simonie, l'àrc&evescjue vouloit vendre son ordination l'évesque finalement , ayma mieux fléchir sous son métropolitain^ que contester davantage, et lui faire teste avec plus de scandale que -^édification. Doncques recourant aux armes d'humilité, ha et le clergé de son diocèse s'en allèrent nus-pieds à Bourges , oè 1 archevesque leur tendans les bras leva son excommunication. !
■> . 'jli si'.*. :". v. ' * .! >; . m.:i.. c
'.• . . r ( ... i : r * 0 '" ; !.;:;« •; vm iciti iîifxi.# ;>
» T /• ... . . J «.'.il'»! j'î' .: „ ,.!.v:i .. on
■ r r.. -. . . . •.». J ... j . . ; t ;<.j : • i«. i . t -.:'.. : . w :ii r ..-î »... i. » ti' !•;"! • 1 ' > *.".î »\ .:.«*%! . -, • V- ! •> " C
!. "'. . »"', '" , »%, *' • 'î "î i:-- 'i ' i : ' *i iN-.*
' * ; s. i ;:'i:(/> 'rj». ..îï. ' .» i Ju#// ». Vi; >.
' r ' •>!?!<> » ,'ri:./k) lit; : •"i ■.'»: 'j:, .i'-i :..*»•■:.: ;» *,»,:•!> ; .u !
io4
I Al '* t '» i f . ■ I II* »■