‹ Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne; contenant ce qui s'est passé de plus memorable en France, depuis l'an 811 jusques au roi Louis le Ieune ed. by J. Besly the youngerChapitre 21 sur 38 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

SOMMAIRE

Chasteau de Rancongne, de RulTec et de Marciïlac, et de ceux qui ont possédé cé dernier. — Cono et Conrad est le tnestne. — Les Italiens prièrentle roy Robert de leur accorder Hugues son fils aisné pour estre leur roy. — OAra du ineime royaume d'Italie au duc de Guyenne ou à son fils , longue négotiation ensuite de ces offres avec les Lombards où leur naturel est bien descrit — Le cardinal Baroniua noté sur ce lait.

Il a esté monstré cy~déssus qu'Emmenon, comte d'Angoulesme, mourut en son chasteau de Rancongne près la Rochefoucaud. Les comtes ses successeurs infeudèrent ce chasteaux à une race de seigneurs , qui a produit de grands et excellens capitaines , un de ceuxlà nommé Aymeri prenant occasion de l'absence de Guillaume II, son, seigneur suzerain passé en Italie environ l'an 1022 bastit un fort sur la frontière de Saintonge , nonobstant qu'avant son départ il eust donné serment de ne rien entreprendre au préjudice de son service. Gerfroy I , fils puisné du comte , le tua à la première rencontre , et le père à son retour de Rome assiégea la place , et Tayant prise de vive force il la ruina, puis la rédifia derechef et la bailla en garde à Gerfroy. Aymeri laissa un fils de son nom, lequel par une chartre de sainct Jean fait mention de cet homicide, se disant fils d'un père mal tué ou assassiné a tort , qui fut suivy d'une autre cruauté plus détestable beaucoup. Le dernier vicomte de Marcillac avoit laissé trois enfans, Guillaume, Oudry, et Alduin. Cestui-cy qui estoit le plus jeune jouissoit du chasteau de Ruffec , pour raison de quoy les deux autres eurent long-temps à démesler contre lui. Mais enfin le comte d' Augoulesme terminant leur dispute les avoit obligé de garder les conditions de l'accord par leurs sermens faits sur les reliques de Saincfc-Cybar. Toutesfois Guillaume et Oudry, complotans une insigne meschanceté, invir

tèrent Alduin en leur chasteau la première sepmaine de Pasques, sous feinte d'entre-vue et d'amitié fraternelle , le soir se passa en bonne chère et en coniplimens jusques à ce qu'il falust aller prehdre le repos: mais les deux aisnes esveiller de bon matin surprenans Alduin endormi au lit, lui coupèrent la langue , et lui crevèrent les yeux de sorte que par cette impie inhumanité ils se rendirent maistres de RnfFec. Le comte arrivé d'Italie résolut de faire punition du crime, appella le duc afin de lui près ter main forte, de compagnie assiégèrent Marcillac , le prindrent et réduirent en cendres, la vie et les membres furent réservés sauves aux malheureux traistre&j seulement on confisqua leurs fiefs et honneurs: Ruffec demeurant accordé à l'aveugle Alduin pour la consolation de sa calamité, joint que c'estoit son droit de La succession paternelle; quelque temps après, Alduin H, fils aisné de Taillefer rebastit Marcillac par commandement de son père , et le retint à domaine : néantmoins ses successeurs s'en dessaisirent et finalement après divers chanjgemens et mutations de mains > les comtes de la Rochefoucaut en ont esté faits seigneurs et le possèdent encores aujourd'huy en tiltre de principauté , cette terre relève de l'évesque d'Angoulesme quoy que sujéte à la coustume de Poictou. L'an mil vingt et quatréle i3 ou i4 juillet, Henri le Boiteux, deuxième du nom, empereur , décéda sans enfans. Conrard , duc de Vuormes etCono PiM *• Rcor '« qui signifie aussi Conrad , son cousin germain de père, aspirèrent à çZ'c^i l'empire * pour raison de ^uoy s'esmeurent de grandes contentions ^'^"l; ea Aliemaguè; finalement le duc de Vuormes fut préféré par les «"«» •«<•"''menées des évesques de Mayencè et de Bambèrg. Les Italiens ne prestèrent point de consentement à sa promotion et prenansoccasion de ces troubles , firent une Vigile et confédération ensemble , non pas pour se deffendre et maintenir leur liberté contre les estrangers, comme les historiens d'Italie veulent faire Croire, mais pour changer de maistre seulement. Car ils envoyèrent des ambassadeurs en France pardevers le roy Robert issu d'Adélaïde , princesse italienne, afin de le prier d'accepter le royaume, et s'il ne le vouloit pour lui, du moins il accordast pour le roy Hugues son fils aisné, Hugues alors pouvoit estre en sa vingt-sixiesme année : car

*t)6 HISTOIRE DES COMTES DE POICTOU

son père Tavoit fait couronner* Compiègne le jour de la Pente- < oste de Pan 101 7 , en l'aage de 10 ans pour cela les Italiens l'ap^ pelloient roy , et l'affectionnoient beaucoup a cause de ses rares qualitez qui lui avoient acquis le tiltre de Grand , que souloit aussi porter pour - mesmes causes son bisaycul le duc Hugues , comte <de - Paris et marquis de France. Ce désir des potentats d'Italie est non seulement tesmoigné par Glaber le Houx, aittheur dû temps : • co P . 9 . ut. iiî ruais aussi par Girard d'Orléans vivant au mesme aage, lequel a dressé en vers élégiaques le tombeau de Hugues dont nous avons la copie retirée d'un manuscrit de feu monsieur Petau, de sorte qu'il n'en faut point douter. Or le roy Robert remercia les Italiens, v de leurs offres. Eux suivans leurs mémoires et instructions , vindrënt à Poictiers trouver le duc de Guyenne auquel ils exposèrent leur créance , le suppliant vouloir aussi accepter l'empire d'Italie pour sa personne propre ou pour le jeune -comte Guillaume son fils aisné , descendu du sang de Charles- Magne , dont la mémoire leurestoit saine te et sacrée, qu'ils sçavoient l'affection que le peuple romain lui port oit, et comme toutes les fois qu'il entroit dans la ville de Rome , ce qu'il faisoit presque tous les ans, chacun le réclamoit à haute voix père du sénat , père de la Patrie , qu'il se hâtast d'empoingner l'occasion, tandis que les Allemans dont la sujection estrangère leurestoit insupportable, consommoient- le 'temps à quereller ayans la main sur la garde de l'espée, prests de s'entre^ gorger. Que l'exécution de cette entreprise lui seroit facile , estant le prince de la chrestienneté le plus puissant et le plus riche en biens et alliance , joint que les princes et potentats d'Italie y contribueront de leur reste, et ne lui » manqueront jamais de foy et de loyauté ; qu'il en vint donc hardiment à I'espreuve sans rebuter sa bonne fortune qui d'elle-mesme venait frapper à sa porte et le rechercher jusques dans son palais. Le duc qui de longue main avoit pratiqué l'Italie, se doutant de la légèreté et du peu dé loyauté de cette nation , fit réponse, que leurs instructions lui semblaient un peu deffectueuses , qu'il estoit besoing de plus grande seureté avant de s'embarquer en si haut- dessein ; tandis qu'il feroit un

voyage de là les monts, afin de prendre langue sur le lieu , et sça-

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voir s'il y aurôit moyen de faire réussir l'entreprise- à son contentement et à sa gloire. Cela fait il licencia les ambassadeurs , et despescha lettres vers Mainfroy, marquis d'Ivrée et Alric évesque «>e. d'Ast son frère,, et autres Ses alliez et amis; d'un autre costé Q pensa d'asseurer ses* estais et seigneuries , et de se rendre le roy Robert «ion seulement neutre en cet affaire, mais aussi son amy et partie san. Fouques Nerre, comte d'Anjou, avoit en ce temps-là toute faveur et authorité en cour , à cause que la, reine Gonslance sa cousine germaine qui se fioit grandement en lui , possédoit impérieusement la volonté du rOy. Fouques d'ailleurs estoit vassal du duc de Guyenne, qui naguères l'avoit oblige destroictes courtoisies } lui ayant conféré- en pur don la ville de Saintes et d'abondant ect •eu à la % et hommage de Mirebeaiv ensemble) de la. ville de LOudtin avec son ressort et jurisdiction. Fouques doneques, en fa> veur du duc escrivit au roy. et: lui manda., « que les ambassadeurs «t d'Italie au partir de la cour , hors d'espérance et rebutiez de l'a*? « voir pour, roy , estoient allés faire semblable. requeste au comte « Guillaume de Poiciiers son seigneur , lequel leur avoit déclaré a par importiuûté et. contrainte qu'il. se condescendant volontiers « à leur désir et affection , pourveu qtie tous les marquis d'Italie , « les éveiques, et principaux seigneurs du païs voulussent y prestes « consentement. Surquoy. les. ambassadeurs lui en avoient obligé « leur foy et. leur conscience et d'y employé/ tout le moyen et cré-» « dit à eux possible ; que par l'entremise -de lui, comte d'Anjou, le « comte de- Poictiers imploroit humblement la faveur de sa ma-* « jesté en cette occasion , afin qu'il empeschast Ferry duc de Lor- « raine,. Mosellanique II du nom, les seigneurs de la contrée et au» « ires ses, alliez», de pacifier avec Cono éleu roy de Germanie: fit « effort de les rendre confédérez et aydans à son dessein , et que «besogne faisant il s'.obligeoit lui fournir mil livres de deniers , (ce « sont mil cinq cens marcs : car lors la livre n'estoit que romaine) « cens pailles , c'est à dire , draps ou pièces de soyc , et cinq cens « livres d'argent à la reine, laquelle il supplie sa majesté saluer» de « sa part, ensemble le. roy Hugues son fils, comme pareillement « lui Fouques d'Anjou prie de lui faire entendre de bouche

« par personne de créance, on bien par escrit quelle sera sa réso- « l'utîon, sur ce sujet , afin d'en ad ver tir le comté de Poictiers i le*- « quel lui faisoit semblable requeste. *> Le roy avok le germain sur le duc Fédéric : car Béatrix, duchesse de Lorraine, ayeule de Ferry, estôit soeur de Hugues Capet et tente du roy. Peu de temps après le duc receut quelques advertisscmens de ses confédéré* d'Italie qui refroidirent aucunement son entreprise, toutesfois il tint cet advis secret et ne le déclara pas au prince son fils aisné , de peur que l'ardeur de la jeunesse et la générosité de son courage, ne vinssent à lui faire entreprendre moins prudemment qrfil né seroît à propos. Cela le meut de sonder Mainfroy marquis d'Ivree, (Giaber l'appelle très-sage entre les marquis ) et la marquise Béatrix son espouse, de qui Herman cy-après duc d'Allemagne, fillastre 'de Conrad et issu d'une scour du roy Lothaire , avoit espousé la fille et leur succéda en leur marquisat II lui «scrivit doneques , « que « lè dessein commencé pour le jeune prince^ son fils^ jnf'avoit appâta rence de réussir, n'estoit utile ni bonneste : car la nation Lom- « barde estant sujettes fausser sa foy et ne point garder de loyauté,

« plusieurs embusches et dangereuses trahisons poun oient se ma- « chiner contre lui , lesquelles s'il ne pouvoit éviter owles vaincre , « le royaume d'Italie ne lui tourneroità aucun profit ni avantage ; « et d'ailleurs sa réputation courroit fortune et seroit offensée ; « comme aussi en divers endroits de la France plusieurs bransloient « desjà vers les nouveautez, et les troubles encouragez à ce faire ; « le voyant aujourd'huy attentif aux affaires d'Italie , et préjugeant « -que peu à peu la fusée venant à se mesler et rendre difficile , il « lui naistra matière de plus forte et continuelle occupation * à lace, quelle si d'avanturc il ne pouvoit mettre ordre et en venir au des- « ras, eux-mesmes la jugeroient non seulement vaine et inutile, «.mais aussi pleine dé vergbngne et de honte , doneques il les con- «< jurott par leur ancienne amitié , et la foy qu'ils s'estoient entrece donnée qu'ils eussent à trouver manière de rompre , mais avec « une telle conduite que leur honneur et le sien n'y fussent enga- « gez ; qu'ils tinssent cependant la chose secrette , afin que son fils « n'y autres n'en sceust des nouvelles, jusques* ce qu'ils eussent

ET DUCS Dfi GUYENNE.: I©9

« opportunité de s'aboucner, et de s'entre-coinmuni«nier confi- « demment ce qu'ils auroient en l'âme, que si Dieu a destiné que « l'entreprise s'exécute , ils ayent soing d'y iaire consentir l'arche-* « vesque de Milan, l'évesque de Versel et les autres seigneurs qui « y ont intérest. Cet évesque de Versel s'appelloit Léon , le duc « l'advertit Ai traicté d'entre loi et le prince «on fils , et les ambas- « sadeurs d'Italie , lm disant cro'ii estoit temps de faite paroistré si « ces protestations dWitié, et ces belles paroUes qu'H lm avok « tant de ibis réitérées de s'employer pour ses affaires si jamais il « en estoit besoin , avoient eu quelque scintille de vérité , et peofe « cédé du fond du cœur plutost que de la langue , s'il exécutait isâ

* promesse qu'il se souvint combien le jour sera heureux et fortuné « pour lui , quand pn verra le duc de Guyenne eslevé à l'honneur « de l'empire : oar sans doute tout ce qui se pourra dire estre ppo» « pre et particulier au duc, l'évesque de Versel pourra justement « s'en dire le seigneur et le maisfee. Quil estpit besoin , doncques* « qu'il lui fist sçavoir Vil y avoit moyen de s'asseurer eh lui et en

* son assistance*; p Cependant le ' due donna ordre en Guyenne et à L'estat de sa maison , •& qnoy Islon de Saintes et Roho d'Ang ou-»lesme, forent employée et jugé à propos dè laisser son filsde deçà , tarit pour gouverner ses païs durant son absence et obvier aux sou- Ièvemëns, que pour' empescher (le menant aven Iny «delà |les monts 1 ) que les Italiens] ne vinssent à rengager contre son gré î puis ses préparatifs faits , il passa les Alpes accompagné de Guillaume H , comte d'Ahgoulesme et de quelques antres siens fidèles vastaux : arrivé die delà après plusieurs dictes et parlemens : tenus • en divers endroits avec les princes et prélats d'Italie , il les trouva si fort injustes qu'il ne refusa pas seulement leurs offres , mais aussi Uasma leur procédure et mauvaise intention et /en retournaen Guyenne. Mais il ni fut pas plutost arrivé qu'il» récent des lettres de Lombardie, mesmement de l'évesque de Verset, lesquelles ne ressentoient nullement cet air subtil et délié, dont '• ce païs-là se vante par-dessus les autres nations de l'Europe. Il exhorte le duc en amy de ne point se soucier de ce que « les Lombards lui ont « faussé leur foy et leur promesse , qu'il lui .garde un fort bon con-

HISTOIRE DBS' COWTB» UE POICTOU

« *eil'pourr«u qu'il ïc veuille croire, seulement qiifil ncpevoe point « : courage pour ce qui **est passé et songe à pourveoir jiour Vacrve- « «ir v qu'a cet effet le duc lui dépesehe quelque personne de « créance et de fidélité èspreuvée , et il lui ibaillera mi' souverain advis , puis il pairie dé choses futiles* et peu dignes de cette affaire a priant le duc de se ressouvenir d'une reqùestè qu'illui avoit faite « six ans auparavant touchahtunc mule adimrâble , uri'fireindé prix «cet untâpis merveilleux; afin de lés lni envoyer delà lés monts. » Voilà qui estoit bien à propos parmi les traictez ' et la négjotiation d'un émpire. Le duc s'accommodant à la capacité de cet évesovte, lui fait une response assaisonnée de sel et de prudence et feignant de se je lier de prime abord , enfin il le taste d'une façon graver et sérieuse!, i comme il appartenoit à un grand prince - comme lui» « Qu'il ne s'attriste en façon du monde pour l'infidélité et trahison k =des Lombards , car ils rie l'ont point trompé : n'ayant oncques « adjousté foy'à leurs paroîles et dissimulations : ne se souscie nul* « lemerrt de leurs lasohetca du passé ; et de tant que touche I'adve- « venir , Dieu l'en préservera s'il lui plaist , et en son particulier il « y mettra bonne peine, mais au reste il ne s'estonne pas peu dé « Févesque de Versel , dé l'excellente mémoire qu'il a du passé et « de n'avoir pas moins de prévoyance des choses, ratures, selon « que le bruit en court , ce qu'il a fait paroistre itla bonne heure ; « s'estant allié de Conrad, qui ne lui donna Jamais rien en AUema- « gne et n'a moyen de le faire , à ce qu'on dit , ne plus ne moins « qu'il ne peut rien lui oster és Marches d'Italie. Or jaçoit qu'en « cet endroit il semble ne s'estre pas bien conseillé lui-mesme , et « aye failly d'assistance et de suffrage au duc* esprouvant ses amis « au besoin; toutefois il demeurera sur l'expectative de cet excel- «c lent advis qu'il promet de bailler s'il le veut croire ; qu'il lui près- « crfvë par escrit comme quoy il désire qu'on lui adjousté- foy , et « quel advaritage de la libéralité de Conrad reviendrait par son « conseil au duc de Guyenne s'il se désiste de son entreprise de la « conqueste d'Italie , dont on lni a baille parolle , et de laquelle face cilement il viendroit à son honneur grâces à Dieu , s'il daignoit « beaucoup s'en soucier. » Puis après il lui fait une gentille repartie

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touchaoblesi /présens qu'il demande , laquelle les ciirieux pourrorit lirè pârani les épistres de Eattieirt de Chartres , «enfin il commence à lui parier sérieusement : *< Qu'il >n: accuse nullement les seigneurs « Lombards de tromperie étd infidélité : car iL n'a pas» tenu à , eux « qu'il n'aye esté proclamé roy d'Italie, à la charge d'une condi- « tion déraisonnable qu'il a condamnée , à sçavoir de destituer et « promouvoir à leur apétit les évesques et prélats du pais : mais à « Dieu ne plaise que jamais il s'oublie tant que de déshonorer les « pasteurs de L'église , mesmes en ce fait où ils sont innocens et non « prévenus d'aucun crime , ausquels ses prédécesseurs et ancestres, « et lui-mesme aussi , ont de tout temps porté honneur et respect , « et les ont avancez et exaltez de toute leur puissance. C'est la con- « dition sous laquelle aucuns potentats d'Italie ont abandonné le « royaume pour lui ou pour son fils, condition honteuse et vilaine, « que n'ont pas approuvé Mainfroy le sage marquis d'Ivrée , et u Aleric le bon évesque d'Ast son frère , seigneurs qui surpassent « à son advis tous ceux d'Italie en excellence et bonté d'entende- « ment , en loyauté et prud'hommie, du conseil desquels fort sain « ctjudicieux.il ne s'est oncques repenti lors qu'il en a usé, ce « qu il a fait souventesfois. Au parfus s'il y a chose en son pouvoir « qui plaise à l'évesque de Versel et que le duc puisse et doive lui « envoyer , son espérance n'en sera pas frustrée. Cependant qu'il ceié^ue a. « se comporte en amy de son costé , et ne se monstre inférieur en J™ 1 ,^ ^J* « bons offices ; qu'au prochain jour de Nostre-Dame il lui fasse «np™», «mx « sçavoir de ses nouvelles, et lui déclare confidemment ce qu'il a de *

« secret sur le cœur touchant le dessein d'Italie , et là-dessus il le ■«••*•.■»■*■•»

d'Italie, donna

« commande à Dieu. » En cet endroit les mémoires nous manquent »« comte* a* pour nous instruire de la suite et progrez de cette entreprise , la- s^nu-Agai., «" quelle les historiens Lombards ont passé sous silence en haine de iMtucc *— ar ^ la nation françoise , dont ils taschent à leur possible de déprimer eic. P u de u ju. la générosité et courage. Le cardinal Baronius qui depuis peu d'an- ^di"^^,' nées en a fait mention en ses Annales ecclésiastiques devoit racon- S^j^*^ ter la vérité au net, sans paliation ni déguisement , et non pas s»** ».iw nous attribuer que nous estions allés briguer en Italie le sceptre rlZ&^u's !u

qu'on nous estoit venu offrir jusques en notre maison. Deux bonnes *' B "°°' tow *

123 HISTOIRE DBS COMTES BE FOICTOU

chroniques latines escrites au mesme temps , Time que fêta monsieur Petau ma communiquée , et l'astre qui est dans la riche librairie de monsieur le président de Thou, tesmoignent cela, mesme par un discours

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ET DUCS DE GUYENNE. Il3

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