CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME
SOMMAIRE
Mort de Hugues, roy, file ai&né du roy Robert. — Henry lotir afendduSU roy' Robert.
— Faute de Bodin. sur cela* — r Naturel' estrange «t Tiolaqi dp la rjeiS* CousVfWr Elle youloit que son puisné Bobert fiist préfifre' à son aimé Henry pour estre roy*
— Les pratiques qu'elle fit pour cela , et les résistances du roy Robert qui fit sacrer Henry à Reims. — Prodige irrité en Goyenne expliqué. — En ce temps les seigneuries s'appelloient honneurs. — Belles qualitez du duc Guillaume IV-v ètasa movt. t r >
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Le roy Hugues, fils de Robert, décéda en l'aage de aflans, l'an anum™»* toa6, le 17 septembre, au grand regret de toute la France , et des Ï^J£*™2 princes estrangers.il fat enterré à Gompiègne , où il avoines**, ^"J^ couronné; sa mort prématurée envelopa la maison royale 4e trour ta-*****. bleset de dissensions non légères ; car le roy Wn&+&vVW^Z*ïrZ caduc et prochain de ses derniers jours, pourçe qu'il esto^ aagé^de ^L^£Zi 54 ans, désira de son vivant faire sacrer son fils Henry duc; de Raruv» «*.s, gongne, né immédiatement après Hugues , ce qui est besoin 4*2^*1! remarquer pour la succession royale , parce que Bodin et antre$ b f rtpour s> D "
■ nu f oâ est fait
en ont escrit autrement quil ne faloit. Du Tillet allègue !un tiltre mention da Hnde Lagnyde 1018, où Hugues roy , Henry et Robert frères , sont souscrits par ordre , la conjecture est bonne ; mais Fulbert et Gtsn ber qui vivoient lors , et dont le premier avoit esté chancelier, de !» ."7-! France, et semond d'assister an sacre de Henry, disent nommément ^J^^Z
que Henry estoit aisné de Robert, retranchent par ce moyen tout tolll "B e<,u Roi sujet de subtiliser au contraire» Toutesfois la reine Constance , .un
hautaine et impérieuse , qui se repentoit d'ordinaire le len*- J 1 ' d
demain de ce qu'elle avoit fait te jw de devant , opinjastroit pour ^ * ^ faire préférer Robert à la royauté au préjudice de Henry contre.**»-, ««'y* la ioydn royaume qui défère ta cotarooue et U sceptre au droit o> Eol> * rt * nature, et à Tordre de naissance commun à toutes nations ; Henry,
disoit-elle., est un dissimulé , négligeât et paresseux , d'un courage lasche,, mol et efféminé , qui pour sa tardi^eté et foiblesse d'entendement est incapable de sôustenir le faix de la royauté ; mais Robert qui par un bon augure porte le nom de son père , *st plein de franchise et de vivacité d'esprit , et digne pour sa suffisance de manier et administrer l'éstat. C'ëstoit le prétexte de là' passion déréglée d'une femme qui vouloit emporter de hautc-lucte cet advantage sur le roy, comme elle 1 avoit aucunement forcé, quand il fut question du couronnement jde Hugues : car k roy en avoit esté diverty par des prince* et prélats de son royaume, qui lui conseilloièrit de retarder jusques à ce qu'ayant atteint ^n aagé plus masle et viril, il se serott rendu ,plus idoine au .maniement des affaires, veu -'qu'il n'avoit passé sa dixiesme année , et qu'il lui en esfcoit autant arrivé : car on lui avoit commis le faix de l'estat en aage infirme, n'ayant encores quinze ans aceomphS: ce nonobstant 'la reine s'en estoh fait k croire J dont mal en advint: <^ Comme le jêlotié ruy cbmmebça de se Counoistre, il voulut tenir un rang et estât difrné de éà grandeur. Ce fnt lori que la 1 reine avare outré mesure', et appréhendant la «fespense en vint aux injures et aux indignité» si estranges a l'endroit de son' fils , qu'il ' fut contraint'dei à&vtft de là' cour et alîer $à et là , 1 quasi comme un 'pauvre fugitif et 'battuy , . menant uné vie mécanique, honteuse et pleine dë'e^ttrisération f jusques-la que Guillaume, comte du BeMesme; pâ& dë Perche-, issu du sang de Ganelon , fut si haîrdy que de mettre la main sur sa personne sacrée , et retenir prisonnier pour quelque aetiotëmoifts vertueuse , où la nécessité et l'indigence l'avoit violenté , sans doute un pire accident s'en fut ensuivy si la reine tfust parvenue à son intention de faire couronner Robert, an préjudice de Henry son aisné, Ouvrant la porte à l'eslection qui à esté condamnée dès le premier estabtissement de ce royaume ; néantmoins «Ile remua ciel et terre pour cela. Eudes II, comte de Champagne, son nepveu de par sa femme Armengarde, fille d'Armeùgarde, femme du comte d'Auvergne èt soeur de la reine , seigneur rebelle et né de seigneur» toujours rebelles aux roys, ced'ft Glaber, tenait ; son party avec plusieurs autres grands barons et prélats, et entre lesquels estoit
Bernard te S^o». EUe en ayoit gagné les nos par pro-
messes et récompenses , et attiré lesautres par menasses et intimidations v qui estaient grandement à craindre: car en tel cas elle ne manquojt jamais ^ f e3çécuter ce qu'elle ayoit promis. Un bon nom* bre de prélats afin de se mettre à couvert de sa haine , pour essayer de destourner cette querelle; se résolurent de ne consentir à la promotion d'un nouveau roy, tandis que le père seroit vivant. Ils vouloient gagner, le temps pour voir si l'esprit malade de la reine viendroit à convalescence et se rendrait à la raison. Le roy qui jugea qu'en; temporisant davantage ce seroit fomenter le mal, se, rendit maistre à; cette fois , et continuant la pratique de l'ancienne loy de la succession royale, fit sacrer et couronner Henry en la ville de Reims , en présence des princes de France. Vignier exact et curieux annaliste dit que ce fut à Sens, il doit le tenir de bon lieu ; mais parce qu'il ne nomme son antheur, il sera meilleur de suivre Glaber le Roux /, qui parle de choses de son temps. Le duc de Guyenne faisoit difficulté d'assister à la cérémonie ; et Fulbert éves. que de Chartres s.excusoit sur son indisposition, quoy qu'en effet la crainte d'encourir l'indignation de la reine en fqist la vraye cause, le duc l'invita de s'en venir à Poic tiers aux octaves de Pentecoste, ou à la feste de sainct Jean-Baptiste: que ce seroit un houneste prétexte de n'aller en cour comme lui-mesme s'en abstenpit, estimant que par son absence il encouroit moins d'envie et d'inimité , que non pas s'il se trou voit près de la personne du roy et de la reine : il ne vouloit consentir à l'ordination d'un nouveau, roy au deseça du comte Eudes son frère, à l'ad vis duquel il sousçriroit toujours. (Il appelle le comte de Champagne son frère, pour l'égalité de la condition des princes, ou pour leur estroite amitié ; car ils estoient seulement cousins germains issus du frère et de la sœur.) Prie l'éyesque de lui mander si Eudes estoit bien avec le roy, en quelle part il estoit Jors, et si l'on passeroit outre au couronnement du, nouveau roy, ou si l'on le difÇéreroit, et lequel des deux de Henry et de Robert., gagneroit la partie. Ce tesmoignage de nostr* duc conjoint avec plusieurs Chartres , monstre que le roy Hugues mourut dès l'an 1026,, et que Henry rut couronné roy dès l'année
HISTOrRE DE3 COîfTES DE PO1CT0U
suivante , à fjtKA" la chronicjtïc de S. Bemgne de Dijon s'accorde , pro fpefle é&t que ce fbt six ans devant fa mort de son père. Il 7 a tiltre â samet Jean, du mois d*aoust de l'an 1027, do qnarantiesme do régne de Robert et premier de Henryî de juillet io3q, da treîriesme de Henry: de juin, le qnarante^uniesme de Robert et pre— mîei; de Henry : de mars 10^7, le dîxiesme de Henry; de février , le qnarantiesme de Robert et le premier de Henry. La mesme année 3 advînt on merveifleirx prodige en Guyenne , pour raison dequoy le due despescha en diligence par devers sa majesté qui en escxivil a Gauslm archevesqne de Bourges; a qu'il l'avoit voulu advertir de « restonnemént , et da trouble qui le traversoit, comme il advient a d' a van to r e que l'esprit humain en est saisi quand inopinément et « contre son espérance , on lui rapporte quelque cas merveilleux a et estrange, qui n'a pas accoustumé d'arriver: Que samedy deru nier jour'fermé, ainsi qu'il estoit encore à table, lettres loi estoient « venues de la part du comte Guillaume, touchant un prodige fort « emerveillâble , à sçavoir qu'en un endroit de son royaume ès «e marches de Guyenne près la mer, durant trois jours devant la » teste" de saînet Jeàn-Baptiste , il avoit plu du sang d'une telle nain ture et propriété, que tombé de fortune sur la chair nue de a l'homme, sur ses vëstèmens, bu sur des pierres , on avoit beau « laver ÏA marque , là souiBeure y demeuroh touj ours empreinte, « s'il Estoit dieu sur du bois il se laissoit nettoyer. Le comte lavoit « requis dé sçàvoîr des sages de son royaume que signifioit ce pro- « digeV Le roy doneques lui commande et le prie de rechercher « soigneusernent parmy les histoires s'il se pourra point rencontrer « des 1 exemples semblables, les événemens et effets qui en sont en- « suivis ^ et de" l'en faire certain par le porteur, ensemble des noms « dés authèurs et historiens ; le conjure de faire response sans dé- « lay i. car jusque* â ce qu'il ait sceu de ses nouvelles il retiendra « prest de lui le messager du comte. » L'ârchevesque ne faillit pas d'obéir aux Comrnandemens du roy , et lui fit respènse. Qu'il s'estoit nettement esclàirci jpar les histoires: que le sang signifioit tousjours le glaive bu la guerre civilé , ou qu'une nation s'éleveroit et prendroît les arnica contre une autre, ce qu'il confirme par exemples
tirées de l'histoire romaine, lombarde et françoise , lesquels il fait suivre d'une allégorie chrestienne sur la chair humaine , le bois et la pierre, appuyant son dire sur plusieurs authoritez puisées de l'escriture saincte , avec une exhortation aux œuvres de piété, afin de fléchir la juste indignation de Dieu à pitié et à miséricorde , fermant son discours par une prière à Dieu à ce qu'il lui plaise estendre et amplifier les bornes du royaume de sa Majesté , le conserver sous la protection de sa dextre , pour la paix de son Eglise : et veuille prolonger ses jours , et finalement favoriser et bénir ses actions et entreprises. Le roy envoya pareillement à Chartres à l'évésque Fulbert, thrésorier de Sainct-Hilaire de Poictiers. Cestuicy lui manda* « Qu'il avoit rencontré semblables relations dans « Tite-Live , Valère , Orose et plusieurs autres escrivains. Mais « que polir l'heure le tesmoignage de Grégoire, archevesque de « Tours, lui suffiroit à cause de sa religieuse et saincte vie» et là « dessus rapporte une histoire advenue sous le règne du roy Chil- * debert , d'où il tire une conséquence que la pluye de sang, préa sage quelque esclandre public desjà prochain et sur le point d'es- « clorre. Puis il se jelte sur l'allégorie comme avoit fait Goslin de « Bourges, appliquant le tout au fait de l'Eglise et de la conscience, « et à un amendement de vie pour éviter l'ire de Dieu. » C'est ce que ces deux personnages réputez grandement sçavans en leur siècle philosophèrent sur cette pluye. Nous ne doutons point que le roy n'en prit l'advis de plusieurs autres prélats , dont les escrits ne se sont" conservez. Or cecy arriva l'an 1027, le 22 de juin si nostre calcul est bon : car il est certain que Fulbert mourut au mois d'avril de Tannée suivante 1028, non seulement au tesmoignage de son épitaphe prise d'un manuscript : mais aussi de trois chroniques non imprimées, l'une de Sainct-Aubin d'Angiers, l'autre de Vandosme , et la troisiesme de Sainct-Pierre de Maillezais. Tant y a que le duc ne la fit pas longue après cela. Elie Vinet dit , qu'il trespassa l'an 1 o3o l'ayant apris d'anciens mémoires du temps. Nous avons preuve par une chartre de sainct Jean, qu'il vivoit l'an 1028 , elle est sans datte , mais sousignée d'Alduin II, comte d'Angoulesme, dont le père Guillaume II, dit Taillefer, ne décéda sinon
le d'avril de la mesme année. La chronique de Maillezais ayant exposé que Tan 1 028 Guillaume et Geofroy vicomte de Thouars , firent plusieurs bien-faits à l'abbaye de Sainct-Maixenl , elle adjouste que l'année suivante le duc Guillaume se fit religieux en l'abbaye de Maillezais où il finit ses jours eii paix en extrême vieillesse, le 3 i de janvier. Davantage Aymar donne à entendre que le duc a vescu assez long-temps après Taillefer , attendu qu'il rapporte qu'iceluy mort , et Seguin archevésque de Bourdeaux venant aussi à décéder , et encore Acius son successeur , ce qui ne peut estre arrivé sinon environ Tan 1029 ou ^° * considérer la suite de l'histoire, Nostre duc et Sance duc de GasCongne, son beau-frère , s'assemblèrent en la ville de Blaye sur Gironde , où Us esleurent Gerfroy en àrchevesque de Bourdeaux qui fut sur le champ consacré par les évesques ses sûffragans. Tant y a que le trespas de nos-r tre duc advint le dernier jour de janvier de l'an io3o ayant vescu septante et un an , tellement qu'il estait né l'an 957. Ce fut un grand prince aimé et chéri de tout le monde , mesmes des roys et princes estràngers. Aymar tesmoigne de lui qu'il excelloit en conseil., prudence, piété et religion , si servente que tous les ans il devoit un voyage i\ l'Autel de la confession de sain et Pierre : et si d'aVantUre il ne pouvoit y satisfaire il le recompensoit par une autre qu'il faisoit à saint Jacques en Galice , quelque part qu'il allast, ou fist assembler sa cour, elle paraissoit toute royale , tant elle avoit de splendeur et magnificence. Non seulement il assujettit toute la Guyenne en sorte qu'une seule âme n'eust osé bransler , mais aussi il se renditRobert, roy de France, bien fort son affectionné. Comme / aussi il gaigna tellement le cœur d'Alfonse roy d'Espa-
gne et de Sanche roy de Navarre , et de Canut roy de
Dannemarch et d'Angleterre , qu'ils lui ehvoyoient des ambassadeurs tous les ans avec de riches présens , en quoy il ne se laissoit pas vaincre de son costé , leur rendant le semblable. Canut, roy de Dannnemarch , lui onvoya d'Angleterre un nouveau testament d'un prix inestimable , tant pour son antiquité , que pource qu'il estait tontescrit en lettres d'or avec forces enlumineures. Henry le Boiteux empereur et lui combatoient d'amitié , et à qui / se surmonte-
roit d'honneur et de courtoisie , et entr'autres singularitez de pinsieurs sortes que le duc lui fit tenir , estoit un grand et magnifique coutelas de pur or massif engravé d'une telle inscription Hèxby empereur, César Auguste: les papes honoroient son entrée à Rome comme si c'eust esté la propre personne de l'empereur. Et le Sénat en corps le réclamoit publiquement son père , il estoit très large et libéral , donnant villes et chasteaux , fiefs et opulentes seigneuries. Vous en avez veu l'exemple envers Fouques-Nerre comte d'Anjou , Guillaume II comte d'Angoulcsmej fournira lé second, car il les gratifia des vicomtcz de Meile, d'Aulnay et de Rochechouard, et des seigneuries (en ce temps-là on les appellent donneurs) de Chabanais aujourd'huy principauté : de Confolant , de Ruffeo et plusieurs autres grands fiefs : ce qu'il faut entendre des profits et esmolumens de fiefs , d'autant que dèslors ce» terres estoient infeudées à des seigneurs particuliers qui les tenoient à fiefs et hommages, comme il en a esté remarqué quelques-uns ,' et sera dit cy-après. Si on lui donnoit advis de quelque personnage signalé en sagesse et littérature , qu a cette heure-là on nommait clergie, il ne cessoit jusqnes à ce qu'il l'enst attiré en sa cour, ou il recevoit honneur et gratification , de cette sorte il pourveut Refiaut, surnommé Platon, de l'abbaye de Sainct-M aixent, et Fnlbert, évesqne de Chartres, de la thrésorerie de Sainct-Hilaire-le-Grand. Odilon dit l'archange, abbé de Cluny, le plus renommé de son siècle , fut par ce moyen attiré dans son palais , puis U 'lui commit la réformation des monastères de Guyenne , lui-mesme estoit docte et sçavant selon le temps: et pour ce sujet ayant dressé une curieuse bibliothèque en son palais de Poitiers. Ce qui lui restoit de temps des affaires publiques il l'employ oit volontiers à la lecture , surtout pour tromper les longues nuits d'hyver, et faloit que le sommeil lui arrachast le livre de la main, ce qu'il pratiquoit a l'exemple d'Auguste, du grand Théodose, de Charles-Magne , et de Louis le Débonnaire son fils. Or pour cela n'était-il pas moins guerrier et vaillant, car il dompta tous les seigneurs de Guyenne qui osèrent se rebeller contre lui , ausquels néantmoins il pardonna facilement, ce qui parut en Boson II, comte de Périgueux,
et de la Marche. Le doc ayant assiégé Roche-Meaux près Char-, roux , le comte de la Marche accompagné d'une bonne armée y vint pour faire lever le camp : mais il perdit la bataille , et fut envoyé prisonnier à Poictiers , et le duc y remettant le siège emporta la place de vive force; néantmoios estant de retour à Poictiers, il ne voulut point faire mourir le comte pour sa félonie , au contraire se monstra si bénin et gracieux qu'il mit son ennemi en liberté, et se contenta de sa simple parole et serment de fidélité; aussi usa-t-il tousjours de cette débonnaireté , que jamais il ne permit que ceux qui estaient tombez vifs entre ses mains , fussent massacrez ou mutilez , leur accordoit la vie et les membres sauves avec la liberté. Les aumosnes et charitez qu'il exerça envers les églises ne se peuvent nombrer. Il donna la Cluse, en Italie, aux abbayes de Cluny et de Sainct-Michel, et Sainct-Pierre d'Aunix à Sai net-Martial de Limoges , rédifia non seulement l'église cathédrale de Sainct-Pierre <Je Poictiers , mais aussi restaura toutes les autres églises à cause que par un accident de feu la ville s'estoit embrâsée l'an io\ti comme la chronique de Vezelay a remarqué. Sur cette occasion 11 rebaslit son palais beaucoup plus beau et plus magnifique qu'il n'estoit du temps de ses prédécesseurs. Bref ce qu'il a exploité durant sa principauté a esté 1 occasion que la postérité lai a donné le surnom de Grand. La duchesse Agnès sa femme lui survesquit, de laquelle il laissa deux fils et une fille encores en enfance. Le fils aisné portoit le nom de son père , et sera comte de Poictiers et et duc de Guyenne. Le puisné s'appelloit Guy en jeunesse , qui fut pareillement comte et duc après son frère. Agnès estoit le nom de la fille qui fut lemme de roy Henry II ou III, dit le Noir, et mère du roy Henry III ou IV empereur. Le sieur Philebert de Pingon, référendaire du duc de Savoye à Turin, lui donne une quatriesme fille du nom d'Agnès, qui espousa Pierre marquis de Suze, fils aisné de Humbert aux blanches mains , comtç de Morienne et de Savoye , d'où sortit une fille appellée Agnès , et rapporte que le marquis mourut l'an io43 , qui fait soupçonner que c'est la roesme qui devint impératrice , mais de tout cela il en sera parlé cy-après par ordre en son lieu. Le duc gist à Maillezais qu'il avoit fondé.
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