‹ Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne; contenant ce qui s'est passé de plus memorable en France, depuis l'an 811 jusques au roi Louis le Ieune ed. by J. Besly the youngerChapitre 24 sur 38 · CHAPITRE VINGT-TRQIS^W · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TRQIS^W

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Mon treuil Bellay. — Origine de la famille du Bel la j. — Elie Vinet noté. — Fouqfues,- Nerte, dit le Palmier. — Pourquoy. — Enfansdes comte* a , appeDoH?nt^oWtei:'-i- > Capitales eu plusieurs rilles. — Trahison de Fouques-Nerre , seigneur! de .S^ùhteBj pour envahir le comte* du Maine. : ! no . n -

Après le déceds de Guillaume IV , Guillaume V dit le Gtfpfljou, le Gras son fils , et cfAdeJmodie de Provence j vint au comté*. dé; Poictiers et duché de Guyenne Tan 1029. Espousa utoe>dame mée Eustache , de laquelle on ne sçait pas au yray lés maispa eti famille. Quelques-uns veulent dire qu'elle estoLt, fille -, de. Owci^ et Berlay , sire de Montreuil, qu'on croît être la tfeeide Ia,£amiNe> de du Bellay, qui florira à jamais en honneur et renommée!, .fia*! les trois frères Guillaume , Jean et Martin , qui' ont merveiUeuserrr ment décoré le siècle de nos pères , tant par leurs gestes ,én. guerre, et en paix, que par la gentillesse de leur plume. JoaqhimdifcBfelff lay , que Ronsard appelle son frère , à cause de l'excellence de se*

loG HISTOIRE DES COMTES DE POICTOU

vers , estait leur neveu naturel. Elie Vinet, en ses antiquitez de Saintes reprenant Bouchet qui donne pour femme au duc la princesse Agnès de Bourgogne , se trompe lui-mesme , le prenant pour Guillaume Teste-d'Estoupe , d'autant que le mari d'Agnès estoit seulement fils de Teste-d'Estoupe et père de nostre duc cinquiesme du nom, à qui sa belle-mère par son mariage avec Geofroy II , dit Martel f, comte d'Anjou. , prépara trop de peines et de malheurs. Ce Geofroy Martel, comte d'Anjou , estoit fils de Fouques-Nerre autrement de Hiérusalem , ou le Palmier , ainsi nommé à cause de ses voyages fréquens en la Palestine , et des Palmes qu'il avoit cueilly en Jérico , parce que c'estoit l'un des symboles , et les marques du voeu et pèlerinage accomply. La mère de Martel se nommoit Hildegarde ; ce comte prenant Agnès à femme contracta par ce moyen un mariage incestueux, comme disent les petites chroniques de sainct Aubin, et sainct Serge d'Angiers: ce que l'un expliquant plus à clair, atteste que Martel et le feu duc Guillaume IV estaient consobrins , cela estant dit a demi mot , ils nous laissent en doute si Adelmodie mère du duc , et Hildegarde mère de Martel estaient sœurs, ou si cette diction se doit entendre d'un plus loingtain degré , comme qu'flildegarde fust sœur d'Emme de Cbampagpe ayeule du due, Çar Argentré tient que Fouques esppusa une fille de Thibaud le Vieux veufve de duc de Breta-

gne, ou bien s'il faut entendre qu'AdeHe femme de Geofroy I, dit Grisegonnelie, ayeule de IVlartel fust de la maison de Vermandois, et soaur de Lud garde mère d'Emme. Pour le regard de Ludgarde, Glaber monstre qu'elle estoit issue de la maison de Vermandois , et l'on tient vulgairement qu'Adelle en estoit aussi; somme que si nous ne touchons à la vérité nous n'en sommes pas trop esloîgne*. Tant y a qu'après le mariage de Martel et d'Agnès se meut division entre eux et le auc Thomas de Loches , et ceux qui ont rédigé en latin les gestes des comtes d'Anjou, ne sçachant où prendre un prétexte pour fonder leur querelle , et la guerre qui s'en ensuivit , se sont advisez de feindre que Guillaume IV avoit un frère appellé Raimond comte de Saintonge , dont la fille et héritière universelle fat femme de Maurice comte d'Anjou , fils de Grisegonnelie et

père de Fouques-Nerre ; et que les héritiers de Maurice estant décédez sans liguée , Martel prétendent que le comté de Saintonge de voit retourner aux héritiers de la sœur de son ayeul: Mais que le duc Guillaume V au contraire soustenoit que le comté de Saintonge lui appartenoit , et de fait en jouissoit à tiltre d'héritier de ses cousins issus de germains* enfans de sa cousine germaine» femme de Maurice par représentation de Baimond son oncle paternel. En laquelle narration se rencontrent tout plein d'erreurs et de contrariétez : car si Maurice estoit père de Fouques-Nerre et ayeul de Martel, comment Martel pouvoit-il estre sorti d'une soeur de Maurice , et a ce tiltre prétendre la succession des enfans du deffunct décédé sans lignée : d'ailleurs il n'y eut jamais enfant de la maison de Poictiers qui ait porté deçà la mer le nom de Raimond , sauf le prince d'Antioche , premier du nom , estant ce nom entré en Ja, famille par le mariage de sa mère héritière de Tholose « duquel Raimond, Pacius avoitsceu des nouvelles., et ce peut faire qu'en jeunesse il s'estoit qualifié comte de Saintonge : mais non pas d'Aunis, qui ne fut oneques un comté séparé. Certainement il y a du mescompte en tout cela. Car en effet Martel estoit nepveu de Maurice et non petit fils , et faut nécessairement que le mesme Maurice fut frère puisné de Fouques , et non pas père ou frère aisné : autrement Martel n'eust tenu le comté d'Anjou après son père , sinon par force et usurpation , ce qiû n'est pas croyable , et un seul ne se trouve qui le die. Car Maurice laissa un fils appelé Geoffroy du nom de son ayeul', lequel vesquit longtemps après la mort de Maurice son père, durant que Martel administroit le comté. Il fut tué au chasteau de Langey par Gautier, chevallier, fils d'Anceiin , et pour le meurtre, Martel paix faisant eut des héritages qu'il aumosna depuis à l'église de la Trinité de Vandosme, au rapport d'une ancienne relation dressée au mesme temps. Comme aussi se void un tiltre à Maire-Moustier , auquel Otgerius frère du comte Maurice a sous-signé. Mais parce que l'histoire d'Anjou et Pacius n'en font mémoire , ce peut faire qu'il fust bastard , et ne se faut pas estonner si Maurice a pris le tiltre de comte d'Anjou, quoy que puisné de Fouques , d'autant que comme nous avons adve/ti.

les enfans'des comtes se disoient comtes mesmement , lors <|uë les comtez eurent estez rendnes héréditaires et patrimoniales. Ce qui ne se pent pas excuser pour y avoir en plusieurs comtes en nnë maison. Car Grisegoonelle n'a possédé autre comté que celui d'Anjou, et Guillaume Taillefer II, comte d'AngouIesmc , n'ayant transmis à Ses enfans que ce seul comté, auquel Aldotrin II ayant succédé , et à lui Geoffroy ! , son frère, et à Geoffroy Fouques I, son fils : néantmoins Guillaume , fils d'Aldouin, se disoit comte de Marestais le Vieux près Mastas , qui n'estoit qu'une simple seigneurie sans tiltre de dignité escheue en son partage , comme pareillement Guillaume VI et Guy dit Guillaume VII , l'un après l'autre comtes 4e Poietiers , ont soussigné plusieurs Chartres où ils sont dits tous deux comtes de Poietiers en un mesme temps , chose qui a ; esté pratiquée en beaucoup d'illustres familles, ce qui fait qu'à présent la peine n'est pas petite à démesler une si embrouillée confusion. Bref ce mariage de Maurice a esté imaginé, et ce Raimond, aussi comte d'Aunis et de Saintonge, qui ne transféra jamais le comté en la maison d'Anjou. Bien est vray que Guillaume IV donna Saintes à Fouques-Nerre pour la tenir de lui à foy et hommage , et'Jors dû mariage d'Agnès avec Martel, Fouques et Martel en jouis soient paisiblement, ce qui est confirmé par une histoire qu'Aymar et un fragmant de l'histoire de France ont touché en passant et est telle . Fouques seigneur ambitieux convoitoit le comté du Maine , mais il n'osoit pas l'entreprendre à main armée contre Herbert, surnommé Esveillechien, fils de Hugues, et père de Hugues comte du pays. Il s ad visa d'y coudre de la peau de renard, et proposa de sousinfender Saintes à Herber , et à cet efFect lui assigna jour en la ville de Saintes , où le Manceau et sa femme, allérent à la bonne foy: mais Herbert n'eut pas plustost mis le pied dans le Capitole (le chasteau de Saintes s'appeloit ainsi, comme aussi plusieurs autres villes que Saintes avoient des capitoles) l'Angevin se saisit de lui en trahison , le premier dimanche de caresme de l'an io32. Hildegarde, femme de Fouques, non moins lasche et déloyale que luy , pensoit surprendre la comtesse du Maine , avant qu'elle sçeust des nouvelles de la prison de son mary, mais l'emr

busche esventée elle se sauva. Fouques rcfiroidy pour cette évasion de crainte des seigneurs du païs et de la comtesse, n'osa pas exécuter sa résolution de faire mourir Herbert. Toutefois il le retint J'espace de deux ans dans une rigoureuse prison ; l'histoire ne dit pas si ce fut à Saintes» qui a grande apparence, puis qu'aussi l'on trouve point qu'il l'aye fait traduire en antre lieu ; par ainsi Fouques jouissoit lors de Saintes. Tputesfois il n'était comte de Saintonge , et n'y a livre ny tillre qui le die ; comment donc pouvoit-il transférer en la personne de Martel un droit qu'il ne prétendit jamais- H faut denrqiits sans doute que la cause et le motif de l'ioimitié de nostre due *t de Martel eust sa source d'ailleurs que du comté de Saintonge. $i l'histoire se laissoit manier et traicter par conjectures , et apparences vray semblables , on pourroit soupçonner que la duches&e Agnès marâtre de Guillaume V » et p'Othos I ou Eudes comte de Gascongoe , se voyant mal voulue d'eux , et de sa part estant jeune et chargée de trois enfans , ne fut pas marrie de prouver à sa porte , lappuy de Martel comte d'Anjou son voisin, c*™,. jssa d'iliusfcre race, lequel alors estoit en réputation de vaillant ^ ^ c ;;; homme , et en la fleur de sa jeunesse : car il estoit né le i5 , jour «»«~»«* d'octobre 1007 , par ainsi U n'avoit que 26 ans; elle, afin de se '"JuT.™?.™. maintenir en ses droicts , et donner une sauve-garde à ses enfans T* " a<w Z*

iië Idut aprttu,

Tespousa volontiers : ce que cent ans après ou environ pratiqua pa- Ca/- s ' s ' rgU ' reillement Ahénor duchesse de Guyenne de la mesme race, quand h^mu. Butera après son divorce d'avec le roi Louis Vif, elle espousa Henry I Tn'^o^E^'l comte d'Anjou de la mesme famille de Martel , lequel de son costé «»"<>wiM««poussé d'une vertueuse ambition rechercha d'entrer en l'alliance , ^T. JT '*

et de tirer lignée d'une si grande duchesse extraicte de sang d'em- **'J^ 2 pereurs et de roys : et possible sous espoir de faire profit de la tu- «a™*— «>• telle des jeunes princes Guillaume et Guy , à l'exemple de Fou- Wlal4!W Jj^] ques son père qui s'estoit bien trouvé de celle des enfans de fa *"" am

sa soeur et de Gonan comte de Bretaigne. Se peut faire

Glabcr lit, », dkr.

aussi que la beauté de la duchesse conféra beaucoup à faire cou- ^^T.^l dure les conditions et le marché. Le duc de Guyenne se sentit Co,,4m ' ToU . doublement offensé du mariage , tant pource qu Agnes sembloit Cadre injure au feu duc et à ses enfans , parce qu'elle rabaissoit son

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rang se mariant avec son vassal , avec lequel elle maculoit son honneur d'un inceste , que d'autant aussi que Martel sembloit par la se vouloir rendre arbitre des différends , qui pourroient naistre entre le duc et Agnès , et les enfans de son premier lict. Si l'affaire ne se passa de cette manière , il faut attendre d'autres mémoires anciens pour nous esclaircir plus à plein de la vérité. Or la guerre d'entre le duc et Martel, dura quatre ans selon Pacius qui est contredit par les petites chroniques de sainct Aubin et de sainct Serge, et le fragment de l'Histoire de France , qui disent un an : comme en tout le reste de son discours en cet endroit est un pur Romant Toutesfois pource qu'il peut servir pour monstrer les manières et façons de son siècle , et que le livre n'a encores esté mis en lumière , il ni aura pas grand mal de représenter icy ce qu'il raconte. Cependant sera bon de remarquer que Martel esponsa la duchesse Agnès le i de Janvier io33, selon que nous comptons anjourd'huy: ce fut contre le gré de Fouques-Nerre son père , et comme nous croyons à son desceu , et en son absence. Car il estoit en France au service du roy Henry qui pour lors a voit guerre contre le comte Eudes JI de Champagne qui s'estoit emparé de la ville de Sens, au contraire la comtesse Hildegarde mère de Martel favori soit ce mariage et en eut discorde avec son mari, lequel en entra en guerre contre son fus.

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