‹ Histoire des comtes de Poictou et ducs de Guyenne; contenant ce qui s'est passé de plus memorable en France, depuis l'an 811 jusques au roi Louis le Ieune ed. by J. Besly the youngerChapitre 9 sur 38 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

SOMMAIRE

Bourges , capitale de Guyenne. *— Bernard , comte d'Auvergne , se saisit de Bourges.

— Différend entre lui ctFrotaire, archevesque de Bourges.— Bernard exconimunir.

— Mort du roi Louis le Bègue. — Louis et Curloman Ses enfans couronnez roys. — Leur mort. — Eudes, comte de Paris, duc de Guyenne. — Charles, <fris de Louis le Bcgue, trop jeuue. Charles le Gros, empereur , son cousin , est choisi pour gouverner le royaume.

Environ ce temps, Bernard, comte d'Auvergne, se saisit de la ville de Bourges , capitale de la Guyenne , qui est un tesmoignage de la prétention de ceux de la maison de Poictiers , pour raison de duché, et vous verrez que par le deceds de luy mesme, Guillaume I, comte d'Auvergne , et duc de Guyenne , son fils , demeura seigneur de Bourges. L'acte estoit coloré du service du roy , ordinaire raison des ambitieux qui ne manquent jamais de prétextes : car Bernard adverti que Frottier , qui semble avoir tenu en un mesme temps les deux archeveschez de Bourdeaux et de Bourges , n'estoitpas bon serviteur du roy et avoit comploté de livrer Bourges en la puissance des ennemis de sa majesté. A ceste occasion il se rendit maistre de la ville contre l'archevesque, lequel pensant y rentrer, le vicomte Gérard, Humbert et autres gens du comte lui refusèrent les portes , et empirant le mal s accommodèrent par bienséance des héritages de l'église. Frotier s'en plaignit au roy, et puis au pape Jean VIII, offrant de comparoistre en justice, et se purger des crimes qu'on lui imputoit Le pape, de prime abord, traita doucement le comte Bernard, et lui envoia un rescrit assez modéré qui portoit en teste les qualitez de fils bien-aymé, et de très-noble mar-

quis , dont aussi il est honoré par une charte de Nevers (i). Il Fadmonestoit doneques par un soing paternel, et affection spéciale de faire faire raison et réparer l'injure à Frotier, attendu que Dieu n'a point attribué aux laïcs la cognoissance des actions des évesques, ny d'estre juges en leurs causes. D'un autre costé , il escrivit à Farchcvesque , l'exhortant de supporter patiemment son adversité , l'advertit de se trouver avec ses susfragans au sinode , assigné à Troyes, en Champagne, au mois de septembre prochain 877. Frotaire avoit une autre espine dans.- le pied qui ne l'importunoit pas moins que la première , d'autant qu'on luy suscita une accusation sur ce que contre les canons du concile de Sardiqne et d'Afrique , «,.,. • . m et les décrets du pape Léon, il avoit quitté Bourdeaux , sa première espouse, pour l'église de Poictiers, et lassé d'elle l'a voit abandonnée pour celle de Bourges. Toutesfois il est certain par une lettre du mesme pape qu'il le confirma en archevesque de Bourges depuis l'indiction 10, après le 28 de septembre de l'an 877. Tant y a que Bernard d'Auvergne ne se trouva point au concile de Troyes, et après trois monitions ausquelles il refusa d'dbéyr, nonobstant que le roy mesme lui eust escrit une fois, le pape le déclara excommunié , comme sacrilège et usurpateur des biens ecclésiastiques, comme aussi Emenon ouEraon, son frère , qui s'estoit alié de Hugues, fils naturel du roy Lothaire , et avec lui molestoit le pais, encourut les mesmes censures : et quant à Frotaire , sa cause y fut discutée, mais les actes ne disent rien de la définition. Les annales vulgaires tiennent qu'il fut renvoié à Bourdeaux ceste année la, et luy donnent Adacius pour successeur au siège de Bourges; si est-ce que la datte d'une lettre de ce pape, du 5 des calendes de septembre , indiction 1 S, àddressée à Hugues l'abbé , duc de France etde Bourgongne, monstre, que Frotaire tenoit encore cette église là, le 28 aoustde l'an 88z, mais aussi elle enseigne qu'il avoit esté excommunié avec Jean , archevesque de Rouen, et Adclard de Tours,

(I) Elle c»t de l'empereur Charles le Grog, laquelle ie trouve au cbartulairc de

IVglisede S. Cyre.

sans çn descouvrir l'occasion. Pcut-estrc que Frofcairc refusa de retourner à Bourdeaux, et que pour sa désobéissance il fut ainsi chastié. L'excommunication du comte d'Auvergne , Bernard , n'eu t pas grande suite» puisque le roy, peu de temps après, luy donna partie des estais de Bernard II , comte de Tholose et marquis de Gotfiie. Là dessus, le roy Louis le Bègue , tombant malade à Cornpiègne, mourut le jour du Vendredi-Saint de Tan 879 , le dixième jour d'avril; avant de mourir ilmandasonfilsLouyset le commiten la garde et protection particulière de nostre comte d'Auvergne , auquel cependant il commanda d aller à Autun avec Guillaume, son {ils, depuis duc de Guyenne, premier du nom, afin d'assister Hugues l'abbé, duç de France, et Boson, roy de Provence, à mettre Thierry « grand chambellan, en possession de ce comté, dont il I avoit pourveu* Le Bègue décédé , Louis et Carloman , enfans de son premier lit (il laissa sa deuxiesme femme enceinte de Charles le Simple) furent couronnez roys en l'abbaye de S. Pierre de Bethléem, ou de Ferrières,en Gastinois; le jour ny le mois ne sont remarquez. Carloman eut en partage la Bourgongne et Guyenne. D'autre-part, la mesroe année Boson, duc de Guyenne , poussé d'un naturel ambitieux, et par l'orgueil de son espouse Hermangarde % fille de Louis II , empereur , frère du Chauve , méprisant la jeunesse des deux roys, ses petits neveux, se fit luy mesme couronner rpy de Bonrgong»e et de Provence , en la ville de Lion , selon Othonde Frisiogen, où à Mantale, aujourd'huy Mante, comme porte la charte de Paradin, le i5 de juin ou d'octobre, qui semble plus véritable, veu que répitaphe qui est sur son tombeau, à Vienne , porte qu'il décéda le de janvier, de son règne , le

8, et que Louis l'Aveugle , son fils , fut couronné peu après son trépas, l'an ££9. La chronjque de. Berry et l'histoire de Nivernois et dii Hat)lan, adjoutent que Boson prit aussi le tiltre de roy de Guyenpe , ce que nous ne trouvons pas ès livres anciens, ce qui néantmoins se peut entendre de Provence en l'archevesché d'Aix. Tant y a que son sacre troubla merveilleusement la France , et nonobstant que Carloman fut son gendre, si est-ce que luy et son frère, conjurant sa ruine , luy menèrent guerre mortelle toute leur vie, et

tirèrent serment de leur noblesse , de ne se réconcilier jamais avec Eod... «..m. luy. Nous de doutons point que durant ces troubles Eudes , depuis

cuJTne', wl d ° rov » ne P tlt * a ^ uauté d e duc de Guyenne, sous Tapuy et la faveur de son oncle Hugues, par excellence surnommé l'abbé duc de France, lequel entre tous les seigneurs français avoit principale— ment tenu la main au couronnement de Louis et Carloman , c'est pourquoy l'un d*eux l'appelle du tihre de père. Toutesfois nous n'avons peu remarquer des exemples qui vérifient la possession et jouissance qu'il en a eue ; mais puisqu'on tient par une voix

r.-i« s. c<*uit, commune qu*il en a esté duc, et que quelques anciennes histoires l'attestent, nous ne voyons pas un temps auquel on puisse mieux à propos rapporter son institution qu*à cestui-ey , après les aer-? 1 vices signalez de ceux de sa maison récemment faits à la couronne, et après la disgrâce de Boson. Or Carloman et Louis régnèrent peu de temps, car Louis mourut à S. Denis le 4'j° l,r d'aoust 882, par un pltoiable accident ; estant à Tours il poursuivoil, par manière de passe-temps, la fille d'un nommé Germond, elle s'enfuit dans la maison de son père, le roi qui estoit à cheval s'eslança de roideur dans la porte , dont le seuil du dessus lui froissa les espaules, et par un contre-coup le pommeau de la selle lui gasta la poitrine. Quant à Carloman , estant allé à la chasse dans la forcsl Iveline , en petite compagnie de jeunes seigneurs de son aage , comme il voulut enferrer un sanglier, Berol , un de sa snite, porté de bonne volonté pour l'assister, faillit son coup qui, par une mal-heureuse infortune porta dans la jambe du roy , et le blessa tel-* icment que la mort s'en ensuivit lo 6 de décembre 884, se P l jours après la hlesseure, Tan 18 de son aage. André de Marchienne , autheur qui n'a encores veu le jour, raconte ainsi la mort de ces deux roys , desquels un mesdisant historien français , sans raison , discourt en mauvaise part et confond les accidens de l*un et de l'autre. Uaiiian. Charles, posthume de Louis le Bègue, estoit trop jeune pour manier Testât agité de tous costez de troubles et de divisions, et comme un théâtre où les Normands jouoient la plus cruelle tragédie du monde. Les François doneques en attendant que ce jeune prince croistroit en aage et en capacité d'entendement, appelèrent Char-

les le Gros, empereur, qui tenait le germain sur luy, et luy commirent le timon de la monarchie. Cependant la guerre, contre Boson, continu oit , en laquelle finalement Bernard, comte d'Auvergne , perdit la vie , comme le mesme empereur tesmoigne par une charte du 17 octobre 886. Sa femme avoit nom Ermangarde, au rapport d'Eudes, de Cluny ; il n'est pas dit de quelle maison elle estoit, ils laissèrent deux fils et une fille de leur mariage. Le fils aisné fut Guillaume I , comte d'Auvergne et de Bourges , duc de Guyenne ; le puisné Gerfroy, comte de Nevers : Aucuns leur donnent un autre fils, Ebbon ou Ebles , aussi comte de Nevers, sire de Déols et du Bas-Berry : la fille n'est pas nommée ; nous parlerons d'eux en leur lieu et reprendrons l'histoire de leurs cousins germains -, Rvkulfe II , Ebles I , dit Vabbé , et Gosbcrt frères , enfans du duc Ranulfe I, qui sont demeure? sous le silence depuis l'an 867, que leur père mourut , jusques en 886 , tout ainsi que Eudes et Robert, enfans de Robert le Fort, qui fut tué avec Ranulfe, ne paroissent point dans les annales, sinon en ce mesme temps, qui fut au siège de Paris contre les Normans : tant il y a de correspond dance et de rencontre entre ces deux maisons.

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COMTE DE POICTIERS, DOC DE GUYENNE

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CHAWTRÈ NEUVIÈME.

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tycjbat. ppur \at (utellc <iq roj Charles le -Simple. p .Eudes sacré et couronné roy |>*r . de ax fois. — Uugues comte Je Bourges. — Charles IV couronné ù 12 ans. — Mort d«

La nation franco ise se lassa <bieh-test d'obéyi 4 à Charles le Gros qui se montroit trop ÀUemant , joint que le sens venant à lu/ faillir par accident de maladie , il fat mis en la tutelle d'Arnoul, roy de Germanie, son neveu, fils naturel de Carloman; finalement il mourut le 2 ou 12 de Janvier 888. Un vieux mémoire, dans André de Marchienne , dit que ses gens l'cstranglèrent. Charles le Simple estoit en l'aage de 8 à g ans seulement , très-mauvais remède pour guérir les maux de la France. La noblesse se trouva divisée en volontez et affections sur le fait de sa tutelle. Fouques , archevesque de Reims, et ceux de son parti favorisoient Guy, fils et frère de feu Lambert, duc de Spolete, et qui du chef de sa mère tenoit le germain sur le Simple. Cestui-cy, par une paction d'entre lui etBérangier, duc de Frioul, pareillement fils de Berthe,sœur du roi Charles le Chauve, ne vouloientrecongnoistre Àrnoul, parce qu'il estoit bastard et non légitime, pour succéder au Gros, son oncle : Mais au contraire , Thierry , comte d'Autun , père de Richard , surnommé le Justicier , duc de Bourgongne, et plusieurs de sa bande remuoient

Et OtJCS Î>Ë OUTEîtNE» 47

pour cslever Eudes à la dignité de la ttitete de France , lequel pa-J reillement estoit issu dti sang royal. Ceux-cy, sans perdre de temps, s'assemblèrent en la ville de Compiègne, et au mesme mois de janvier ojue le Gros estoit décédé , Eudes y fat sacré par les mains de Gautier , archevesque de Sens. Quelques-uns f en petit nombre, du pais dè Bourgongne , firent couronner Guy en la ville de Langres, par Gcilon, évesquedn Heu: mais adverti du couronnement d'Eudes, il se retira promptement en Italie, ou il trouva bien dequûy desmeslér avec Bérangicr: ce que voyant Fouques, archevesque de Reims, et Baudouin*' comte de Flandres, ils invi** tèrènt Arnoul/roy de Germanie , de venir eh France. Là dessus le roy Eudes, le i!\ juin , jour de S. 3ean , gaigna une mémorable vkUnre coutre les Normans, près la rivière d'Aine, cëqui n'augmenta pas pensa gloire et sa réputation; ce petit estre là défaite de dfx- neuf mille des infidèles ; advenue à Monfaqcort de laquelle Abbo fait récit au mesmè temps. On dit qu'ayant depuis parlementé avec Arnoul, en Une diette assignée à Vnormes, d'où ils estaient partis bons amis, quelques temps après il receut de luy, en présent, une couronne qu'il luy envoyât par ambassadeurs e** près en la ville de Reims , laquelle Eudes se fit mettre sur le chèf en l'église Nostre-Dame , le jour S. Brice , toute l'assemblée criant vite le roy. L'arche vesque Fouques s'estbit pacifié avec luy 1 , tes^ moignanl luy mésme par une lettre qu'il avort Consenti le courons nement d'Eudes, ce qui se dort entendre de ce &uxiesme, car lors du premier ils étaient ennemis. Au mesme temps du premier sacre d'Eudes, RanulféII, comté de Poictiers, sefitjprocjamerrdy delà Guyenne comme récite (ferman te Court , de la maison d'Uvèsingen qui a escrit , y a près de six cens ans* Tellement que Vignier n'a deu s'esmerveiller de quelle part Avantin, historien de Bavière, avoit apris eeste nouvelle: > Eudes cependant départit les charges et éslatsà ses favoris , et donna le comté de Pdiotoii >à son frère Robert , contre l'espérance d'Aymar , leur cousin germain , fils d'Emenon , comte d'Angoulesme , qui sattendoit d*en estre pourveu ; s'en voîant frustre , il quita le service d'Eudes, et s'accomodant avec le roy ou duc Ranulfc , Ebles l'abbé , et Gosbert frères , prit les armes , et à

leur faveur se jetta dans le PoictOu, où il se fortifia contre le roi Eudes qui s'achemina dans la Guyenne avec une bonne armée , rainant tout le pais où il passoit» Tan 891. Aymar ne dormoit pas de son oosté, et prenant l'occasion à propos, surprit une nuit Eudes et ses troupes, dont il fit une grande boucherie, ce dit Abbon qui vivôit lors. Eudes , laissant le Poictou ( il n'est point dit s'il se rendit maistre de Poictiers à ce voiage , et ne se trouve point que son frère Robert en aye jamais jouy), passa dans le Limosin et en l'Auvergne où Guillaume le Piteux, comte du païs, et cousin germain de Ranulfe avoit levé une grosse et puissante armée ; une rivière qui estok entre les deux camps les empescha de Venir aux mains. Eudes ne pouvant pis faire , s'advisa de destituer le comte Guillaume de ses charges et estats, et les donner à un seigneur nommé Hugues, qui par ce moien se mit en possession du comté de Bourges. Ce présent lui cousta bien cher ; car pour ceste occasion les deux comtes entrèrent en guerre et se livrèrent une bataille, en laquelle moururent quinze cens hommes du costé du comte d'Auvergne, et cent seulement des gens du Berruyer, qui néantmoins demeura vaincu et prisonnier ; l'amena devant le comte de Qerraont, et luy demandant la vie avec beaucoup d'humilité et de submission > l'autre bouillant de collère pour le carnage des siens; il est trop tard , luy dit-il, et à l'instant luy passa la lance à travers le corps. Hugues pleura sa mort (dit Abbon) et Guillaume sa victoire., donnant â entendre que cette journée là ne fut moins cuisante au comte d'Auvergne victorieux, qu'au comte de Bourges vaincu et tué. Tandis qu'Eudes s'opiniastroit contre Ranulfe et les Giiyennois, Charles IV» posthume du Bègue, rapelé d'Angleterre où il s'estoft retiré, fut couronné à Reims par Fouques archevesque du lieu l'an 892, le 28 de janvier ♦ comme luy mesme tesmoigne par une charte de S. Maur sur Loyre (1). M n'avoit que douze ans , ce qui est remarquable pour l'an de la majorité de nos roys, et pour

(1) Jour de S. Agnes. Par une autre de S. Martin du 26 de juin, de son régne en France le 27.

ET WJCS DE GUYENNE. 4g

a rencontre des roys du nom de Charles qui l'ont mis en pratique. • Eudes, à ces nouvelles, retourne en France, où à peine il eut loisir d'y mettre ordre , qu'il fut contraint, au récit de Réginon , de repasser Loyre , pour obvier aux entreprises du duc Ranulfe , avec lequel il fit paix à son arrivée. Car deux bonnes chroniques escrites en parchemin de lettres fort antiques enseignent que Ranulfe suivit la cour du roy Eudes qui l'estimoit beaucoup pour sa valeur et ses mérites , et que finalement il y fut empoisonné , dont il mourut la mesme année , ou bien au plus tard la suivante, car depuis il n'en est plus parlé ; toutesfois la chronique de Maillezais dit qu'il décéda l'an 890, il laissa pour tous enfans un seul fils nommé Ebles, lequel avec le temps sera comte de Poictiers, et duc de Guyenne •econd du nom. La chronique de S. Cibar d'Àogoulesme tient que Ranulfe prit à femme Adelle, fille de Rollo dit Robert, premier duc de Normandie , avec lequel il avoit estroite amitié , et qu'il n'en eut enfans. Aymar de Chabanois qui vivoit avant l'an mil, environ cent ans après, ne nomme la femme de Ranulfe; seulement il tesmoigne qu' Adelle F. de Rollo , fut femme d'Ebles et non pas mère, ce qui a plus d'apparence , puis que Rollo fut seulement fait Chrestien et baptisé l'an 911, 20 ans depuis le déceds de Ranulfe, lequel au reste n'eust pas voulu épouser une payenne , voila une grande confusion. A la vérité l'Adelle dont ils parlent, estoit fille de Rollo, al. q 0 »oh, sœur de Guillaume I dit Longe-Espée, tante de Richard I et non mère, ni femme d'Ebles, mais femme de Guillaume II, dit Teste- «•» d'Estoupe son fils , comme il se veoid dans l'histoire de Dudon , qui est en la bibliothèque du roy , et sera monstré cy-*près en la suite de ceste histoire,

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EBLES I,

COMTE DE POICTIERS, DUC DE GUYENNE

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