BERNARD
rivière de la Boulogne à leur nouvelle résidence (i). Le choix de celle-ci, située seulement à six lieues de la mer, porte en lui la preuve qu'à cette époque on ne considérait pas les Normands comme un ennemi redoutable pour les territoires en terre ferme ; on UQ voyait en eux que des pirates qui s'abattaient sur les côtes, et, semblables à l'oiseau de proie, s'enfuyaient aussitôt qu'ils s'étaient emparés del'objetde leur convoitise. On ne s'explique pas toutefois comment le comte Bernard, dûment averti par les appréhensions des moines de l'tle d'Her, n'ait pris aucune mesure efficace pour protéger le littoral du Poitou, qui dans cette région est d'un abord si facile, contre le retour de ces redoutables visiteurs.
En effet, en 820, deux fils du vieux Gudrod, expulsés de la Scandinavie par leurs frères, s'étant dirigés vers l'Ouest avec treize barques, contournèrent les côtes de France sans pouvoir prendre terre, et enfin arrivèrent dans la baie de Bourgneuf, qu'ils trouvèrent sans défense ; ils y abordèrent, envahirent l'île de Bouin, pillèrent le bourg et le détruisirent de fond en comble (2). Bernard était assurément occupé par ailleurs, néanmoins le souverain dut tirer de ces faits cet enseignement, que le territoire confié au comte de Poitiers était trop vaste pour qu'il en pût surveiller efficacement toutes les parties. Du vivant de Bernard, la situation ne fut sans doute pas modifiée, mais à sa mort, croyons-nous, la cité fut démembrée et on en détacha toute la portion occidentale, qui d'ancienneté était désignée sous le nom de pays d'Herbauge et forma un comté particulier (3) à la tête duquel fut mis un personnage du nom deRainaud(4).Cette première atteinte
(i) Lex, Documents originaux antérieurs à ran mil, p. i ; Recueil des hist, de France, VI, p. 5 16.
(2) Peitz, Mon. Germ., 55'., I, p, 207, Einhardi annales; Mabille, Les invasions normandes dans lu Loire, p. 20.
(3) Au temps de Grégoire de Tours, le littoral de POcéao, de rembouchure de la Loire à celle du Lay, était connu sous le nom d^Arbatilicam, le pays d'Herbauge (LoDgnon, Géor/raphie de la Gaule au V/e siècle^ p. 56/j). Il est possible que, dès réreclion du comté d'Herbauge, on ait compris sous cette dénouiination le pays de ce nom et ceux de Tiffauge et de Mauge qui ont eu pendant deux siècles au moins une existence commune. (Voy. ma notice intitulée : Les Taifales, la Theifalie et le pays de Tiffauge, parue accompagnée d'une carte dans \t Bulletin delà Soc. des Antiq. de l'Ouest, [^^ Xvimt^iva de 1896).
(4) Les chroniques donnent à ce comte le nom de liainaldus; il est toutefois à noter qu'il est appelé Rainoldus dans celle d'Adcmar de Chabannes, Reginaldus
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perlée à l'œuvre de Charlemagno, bien quVIIe soil le fait de Charles le Chauve, nous parait avoir été conçue par Louis le Débonnaire s'immisçant en sa qualité d'empereur el au nom de Tintérêt général dans les afTaires de l'Aquitaine (I i.