‹ Histoire des comtes de Poitou, 778-1204 (volume 4)Chapitre 14 sur 18 · XII. — EUDES · texte numérisé non relu

XII. — EUDES

( io38- 1089 )

Les Poitevins se trouvèrent en grand désarroi après la mort inopinée de Guillaume le Gros. Le comte ne laissait pas d'enfants et, selon les règles du droit féodal, sa succession devait revenir à son frère cadet^ Eudes C2), le tils de Guillaume le Grand et de Brisque de Gascogne; mais chacun sen'.ait que la transmission régulière du pouvoir ne se ferait pas sans difficulté. Il semblait à tous bien difficile qu'Agnès eût renoncé pour toujours à la satisfaction de ses désirs et qu'elle ne profitât pas de la chance qui s'offrait pour faire adjuger à ses enfants à tout le moins une portion du comté de Poitou. Toutefois, le sentiment du devoir l'emporta sur l'hésitation des intérêts et Eudes fut appelé par ses principaux vassaux à venir prendre possession du comté.

avec l'hislorien des comtes du Poitou pour fixer à io38 la date de la mort de Guillaume le (Jros (/fist., page 89) ; nous avons de plus, pour délcrmincr le jour précis du décès, une indicalion fournie par l'obituaire de l'abbaye de la Trinité de Poitiers(Bibl. de Poitiers, man. n° 430,1° 1G7) où il est marqué que le xviir des calendes de janvier : « Obiit Guillermus cornes ». Comme on est renseigné sur le jour du décès de tous les comtes de Poitou du nom de Guillaume, sauf pour Guillaume le Gros, nous n'hésitons pas à attribuer cette mention de l'obituaire à la personne de ce comte. Ce dernier devait avoir des attaches particulières avec Pabbaye de la Trinité, car le manuscrit en question indique aussi la date de la mort d'Eudes, le frère de Guillaume, et peut-être aussi celle de sa femme Eustachie.

(1) Marcheg-ay, C/iron. ries égl. d\4n/oii, p. 892, Saint-Maixent. Il est possible qu'Eustachie, restée sans appui après la mort de son beau-frère Eudes, se soit retirée à l'abbaye de la Trinité, dont l'abbesse, Ermengarde, venait de recevoir des témoig'nages de la bienveillance du duc. Sur ce calendrier delà Trinité, où, en fait de comtes de Poitou, on ne relève que les noms de Guillaume le Gros et de son frère Eudes, on rencontre cette mention aux ides de septembre (i3 septembre): « Obiit Eustachia monacha. »

(2) Besly appelle ce comte indifféremment Otton ou Eudes. C'est ce dernier nom qui seul lui convient comme étant la traduction fiançaise de la forme latine Odo que l'on rencontre dans les textes (Voy. Chro/t. des égl. d'Anjou, p. 892, Saint-Maixent).

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