‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 13 sur 68 · UN · texte numérisé non relu

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conces (1), contre lesquels aucune plainte n'avait été portée ; mais Rome, tous les jours, trouvait aisément des torts à punir ou des insultes à venger, et, pour mieux assurer ses succès, elle fit passer les Alpes à une armée plus forte que les premières, sous les ordres de Sextius Calvinus.

Aucun ménagement n’était plus nécessaire avec les Gaulois ; aussi ce consul fit-il voir l'intention de la république de se saisir définitivement du pays, en fondant la ville d'Aix, qui fut nommée Aque Sextiæ, à cause de ses sources minérales et en mémoire de son fondateur.

Peu après , les Romains, sous le prétexte de châtier les Allobroges pour avoir donné asile au roi des Saliens, envahirent les contrées habitées par ces peuples, ou, en d'autres termes, les rives du lac Léman, ce qui forme aujourd’hui la Savoie et une partie du département de l'Isère.

Prêts à saisir toutes les occasions d'étendre leur pouvoir, ils soutinrent ensuite les habitants d’Autun contre les Arvernes (2), qui n'avaient pas, dit-on, moins de

(4) Les Voconces occupaient le bas Dauphiné, aux environs de Die.

(2) Les Arvernes appartenaient à la nation gauloise; mais ils faisaient partie des tribus appelées celtiques, du mot ceilt, qui, dans la langue des Galls, signifiait habitants des forêts, et qui occupaient des contrées comprises entre l'Océan et les montagnes centrales des Gaules, et entre les Cévennes et la Garonne. Quelques-unes de ces tribus vivaient aussi sur le territoire des Ligures.

Les Arvernes habitaient les environs de Clermont et de Saint-Flour;

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180,000 hommes en état de combattre, et, cette armée ayant été défaite par le consul Fabius, les Romains, suivant leur habitude, s’établirent chez les Arvernes, sans tenir le moindre compte des réclamations de leurs alliés.

C'est ainsi que, profitant du peu d'accord des gouvernements et en faisant naître des sujets de divisions, même parmi ceux dont les dispositions étaient les plus pacifiques, les Romains dictèrent successivement des lois aux différents chefs qui se partageaient la Gaule, et arrivèrent enfin à commander partout en maitres.

Si nous avions en entier les écrits de Tite-Live {1} ou ceux de Dion Cassius qui avaient trait à cette guerre, ils nous diraient comment les Tectosages furent, à leur tour, obligés de se soumettre à la domination romaine , mais nous ne trouvons rien dans les auteurs latins qui nous éclaire à ce sujet; nous savons seulement que , après la conquête, la province transalpine fut déclarée consulaire, c'est-à-dire devant être régie par un consul

leur ville principale, appelée Gergovia, n’était pas éloignée de l’emplacement où se trouve aujourd’hui Clermont, l’ancienne capitale de l'Auvergne.

(1) L'Histoire romaine de Tite-Live se composait de cent quarante livres, et il ne nous en esl parvenu que trente-cinq. Celle de Dion Cassius, qui en comptait quatre-vingts, est également incomplète, les trentequatre premiers sont perdus, el nous n'avons que des fragments de tous les autres,

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el occupée par les troupes sous ses ordres, et que le territoire des Volques devint la Galha braccata.

On a prétendu que ce nom lui avait été donné à cause d’un vêtement en usage parmi les hommes du pays (1) ; quelques auteurs ont même cru retrouver dans la qualification braccata cette parie du costume appelée en vieux français braye, qui est encore nommée bragues dans diverses localités de la Gascogne. D’autres, s'appuyant sur un passage de Diodore de Sicile , ont avancé que ce mot s’appliquait à un manteau court et poilu (la bracca), et celte opinion semble confirmée par Suétone, qui, en parlant des Gaulois élevés par César à la dignité de sénateurs après les avoir fait figurer à son triomphe, s'exprime ainsi : {n curia Galli braccas deposuerunt, latum clavum sumpserunt ; comme s’il voulait dire : Ils quittèrent leurs manteaux courts pour la longue robe de sénateur.

Avant pris possession d’une partie considérable des Gaules, les Romains durent chercher à ouvrir des communications faciles avec leurs nouvelles provinces. Ils firent donc garder les principaux passages des Alpes, et, pour asseoir leur autorité sur une base solide, aussi bien que pour observer Massalia, qui commençait à

(4) La chose semblait d'autant plus probable, que les Romains avaient appelé Gallia togata les contrées où se portait une longue robe de même forme que la toge, et Gallia comata, ou Gaule chevelue, celles où les peuples laissaient flotter leurs longs cheveux.

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leur donner de lombrage, ils chargèrent Lucinius Crassus d'installer à Nimes une colonie romaine.

Cette ville alors vit s'élever rapidement, dans son sein, de somptueux édifices, des monuments semblables à ceux qu'on admirait à Rome, avant dans les terres, des travaux merveilleux la dotèrent d’un port qui ne tarda pas à enlever aux Massaliotes leur commerce maritime.

, quoique située assez

Un auteur moderne (1) pense que, lors de l’entreprise des Ambro-Teutons contre l'Italie, entreprise qui échoua, comme on le sait, par suite de la victoire mémorable remportée par Marius près de la ville d’Aix (2), les Ligures, les Arékomiques et les Tectosages ayant montré des dispositions peu favorables aux Romains, ils en furent punis par la perte de tous les priviléges dont ils jouissaient, et que Toulouse se trouva alors transformée en colonie militaire.

Des confiscations , des rigueurs inouïes furent exercées à cette époque contre ce que l’on appelait la province; el, pour comble de maux, une disette affreuse dans la Gaule entière ayant obligé une grande partie de la population à se réfugier dans les immenses forêts qui couvraient le territoire, ces malheureux se réunirent en bandes si considérables, que Pompée, avec

{4} A. Thierry, Histoire des Gaulois.

(2) Dans une plaine que le nombre des morts fit appeler eame pu trad, et que l’on nomme encore aujourd’hui Pourrieras.

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toutes ses légions, eut beaucoup de peine à en débarrasser le pays : il dut, pour cela, consentir à les laisser s'établir sur les rives de la Haute-Garonne, où 1ls formèrent un petit peuple à part, que l'on appela Convenæ (1).

C'est à peu près vers ce lemps que le proconsul Fonteius commit des exactions telles, que les Volques, réduits à la plus profonde misère, prirent enfin la détermination d'envoyer une députation à Rome pour demander justice. [ls avaient payé, pour satisfaire aux exigences d’un maître avide et impitoyable, des sommes s'élevant à 30,000,000 de sestérces (2). Non seulement on les accablait d'impôts énormes (3); mais des déprédations de toutes sortes s’exerçaient avec une effronterie sans exemple. Néanmoins, quand Fonteius parut devant ses juges, le nombre de ses partisans et l’éloquence de Cicéron le firent acquitter de ses méfaits; et les Tectosages, loin de voir améliorer leur situation, eurent au contraire à souffrir plus encore des résultats de cette impunité scandaleuse.

La colonie phocéenne, qui avait reconnu une généreuse hospitalité en aidant les Romains dans leurs projets

(4) Hommes venus de tous les côtés.

(2) 6,150,000 francs, d’après M. Letronne.

(3) Toulouse payait 4 deniers pour l'entrée d'une amphore de vin, r’est-à-dire pour environ 24 pintes, ce qui équivalait à un droit de 3fr. 28 c. (Voir A. Thierry, Hisf. des Goul.

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de conquêtes contre ses propres amis devait, à son tour, subir un joug pesant, et payer, par sa servitude, les trahisons dont elle s'était rendue coupable. Dans les guerres civiles de la république, Massalia, ayant embrassé le parti de Pompée, s’atlira la colère de César, qui ne tarda pas à lui imposer ses lois (1). À dater de ce jour, ses richesses lui firent oublier ses revers; le luxe et la dépravation lui finrent lieu de liberté.

César, accusé par ses contemporains d’avoir conquis les Gaules avec le fer des Romains, et Rome avec l'or des Gaulois, trouva cependant chez les Arvernes une résistance à laquelle il était loin de s'attendre. Vercingélorix ou plutôt Vercingetoric, chef de querre, se montra un digne rival de ce proconsul, déjà si célèbre; mais la fortune de Rome l'emporta, et les murs d'Uxellodunum (2) furent témoins des derniers efforts d’une nationalité expirante. Si le cœur bat au souvenir des grandes actions et des triomphes, qui ne le sentirait aussi se soulever d'indignation et d'horreur en voyant immoler sans pitié, après la victoire, des soldats malheureux, dont le seul tort était d’avoir défendu leur indépendance et leur patrie. j

(f}) César, qui allait alors en Espagne, ne s’arrèta pas devant cette ville; il chargea Trébonius, un de ses lieutenants, d’en faire le siége.

(2) Cette forteresse était voisine de la petite ville appelée, aujourd’hui, Capdenac, dans le département du Lot. Suivant Mary-Lafond, on en voit encore les ruines sur un emplacement nommé le puech d’Issolud.

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Nous savons, par les commentaires de César, que les Romains avaient divisé la Gaule en quatre parties principales : la Belgique, comprise entre l'Océan, la Seine, la Marne et le Rhin; la Celtique, ou Gaule proprement dite, entre l'Océan, la Garonne et la Seine; l’Aquitaine, entre l'Océan, la Garonne et les Pyrénées ; et la Narbonnaîse, qui comprenait ce que nous avons appelé le Languedoc.

César, 1l est vrai, ne parle pas de celte dernière partie ; mais cela tient à ce que la Narbonnaïse avait été soumise aux Romains plus de soixante ans auparavant, et qu'elle avait été déjà annexée à l'empire.

Plus tard, l’Aquitaine et la Narbonnaise formèrent sept provinces dont nous allons indiquer la circonscription ; la connaissance des populations principales de chacune d'elles étant nécessaire aux études historiques de la France méridionale.

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