DEUXIÈME ÉPOQUE
Nous avons vu les Massaliotes résister aux atlaques dirigées contre eux, grâce à un secours étranger : depuis cette époque, éclairés sur leur situation, ils firent de grands travaux pour mettre leur ville à couvert et pour rendre leur port aussi sûr que commode. Rassurés alors contre les entreprises de l'extérieur, ils étendirent peu à peu leur territoire, et finirent par occuper non-seulement les positions les plus importantes de la côte, telles qu’Antipolis, Antibes; Nikaia, Nice ; Agathé, Agde, etc.; mais encore les villes de Kaballion, Aouenion, Arelæith, Cavaillon, Avignon et Arles; et ces points, mis en état de défense, devinrent bientôt le centre d'un commerce très-actif.
Ces empiétements successifs soulevèrent de nouveau les Ligures; et les Massaliotes , craignant encore les résultats de cette lutte, se hâtèrent de solliciter la protection des Romains, avec lesquels ils avaient été toujours en très-bons rapports.
Rome, qui cherchait depuis longtemps un prétexte pour s'immiscer dans les affaires de la Gaule, saisit avec empressement l’occasion offerte à ses vues ambitieuses. D’un autre côté, les Arékomiques , si fiers de . leur mdépendance, au lieu d'employer tous les moyens pour s'opposer à une intervention dont le résultat devait
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être nécessairement d'abaisser la barrière, presque infranchissable , posée par la nature entre eux et l'Itahe, furent assez confiants dans leur propre force pour n'opposer aucun obstacle à l'étranger, et assez aveugles pour ne pas voir les suites de leur politique imprudente.
Trois commissaires chargés par le sénat d'aller examiner cette question sur les lieux, ayant été mal accueillis à leur débarquement chez les Ligures , Rome déclara le droit des gens méconnu à son égard, et une armée ne tarda pas à venir venger l’outrage commis si audacieusement envers les envoyés de la république. Le consul Opimius eut peu de peine à vaincre la résistance qu’il rencontra, et, après avoir fait don aux Massaliotes des territoires conquis par eux sur leurs voisins, il retira ses troupes, mais en emmenant en esclavage la population vaincue et après avoir laissé des garnisons dans toutes les villes un peu importantes.
L'heureuse issue de cette querelle inspira aux habitants de Massalia le désir de dépouiller les Saliens (1), dont les possessions touchaïent aux leurs, etles Romains, appelés encore, se gardèrent bien de refuser d'intervenir dans cette nouvelle dispute. Ce fut Flavius Flaccus qui, cette fois, se hâta d'accourir avec quelques légions. Ce consul, quand il eut défait les Saliens, attaqua les Vo-
(4) Les Saliens étaient une des tribus des Ligures. 1, 3