‹ Histoire des comtes de Toulouse (volume 3)Chapitre 16 sur 68 · LEE · texte numérisé non relu

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MÉTROPOLES. DEPARTEMENTS

Les Sanitiens, Senez, Basses-Alpes.

Les Diniens, Digne, Id.

Les Glannatines, Glandèves, Id.

Les Cémelléniens, Cimiez, (près de Nicej, Les Vinciens, Vence, Var,

Toulouse tomba probablement au pouvoir des Romains peu de temps après la célèbre victoire de Fabius sur les Arvernes ; mais, soit qu'elle n’eût pas opposé de résistance, soit qu’on eût intérêt à la ménager, elle fut traitée par les vainqueurs avec une faveur particubière. |

Rome n'appliquait pas la même règle à toutes ses possessions au delà des Alpes : sa politique les classait en deux catégories. Dans l’une étaient comprises la plupart des villes de la province ou du gouvernement, et ces centres de population, sous la dépendance du proconsul ou du préfet, ne connaissaient souvent que l'injustice et la misère. Pour elles, plus de libertés publiques, plus d’anciennes coutumes, plus de magistrats pris dans leur sein. Livrées presque toujours aux volontés d'un homme puissant, qui ne songeait qu à s'enrichir, elles se voyaient impitoyablement dépouillées , sans avoir aucun moyen de réclamer ou de se plaindre. S'il arrivait qu'un déprédateur trop audacieux soulevât contre lui quelques voix généreuses et éloquentes, ceux qui lui succédaient n'en

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Jouissaient pas moins tranquillement du fruit de leurs rapines et de leurs violences.

Dans l’autre catégorie se trouvaient les villes auxquelles des raisons particulières faisaient accorder une proteclon exceptionnelle. Des décemvirs, commissaires envoyés par le sénat, mettaient celles-ci sur le pied des villes municipes, et rien n'était changé à leur administration intérieure et à leurs lois.

Toulouse probablement, malgré les rigueurs auxquelles elle avait été soumise, se trouva rangée ensuite parmi les villes privilégiées, car des avantages remarquables la firent considérer comme une ville libre plutôt que comme une cité conquise. Quelques historiens (1) prétendent même qu'elle à formé une république indépendante; cependant cette assertion ne repose sur aucune preuve posilive. Dion nous apprend que, si elle avait une garnison romaine, c'était à cause de sa position près d'une frontière ayant besoin d'être surveillée constamment par des forces considérables, mais qu’elle était regardée comme l’alliée de Rome. En effet, nous le voyons, d’après les Commentaires de César, Toulouse possédait le droit de conserver des armes et de lever des milices. Le proconsul romain nous dit (2) que Crassus, son lieutenant, ne dompta les

- 4) Voir l’Archéologie pyrénéenne, par du Mège. (2) Multis præterea viris fortibus Tolosæ et Narbonæ, quæ sunt civitaies Galliæ provinciæ, finitimæ ex his provinciis, nominatim evocatis {Comm., lib. 3).

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Sontiates, peuples d'Aquitaine, que l'on croit être les habitants d’Aire ou de Lectoure, qu’à l’aide d’un corps nombreux composé des braves de Toulouse et de Narbonne.

Au surplus, la situation, à cette époque, de l’ancienne métropole des Tectosages, semble parfaitement déterminée par les écrits de Ptolémée. Le savant écrivain de Péluse, en faisant, dans sa géographie, le dénombrement des cités de la Narbonnaise, donne à cette ville le titre de colonie romaine.

Nous ne croyons pas hors de propos de dire ici trèsbrièvement comment ces colonies étaient organisées.

On les format de trois manières : ou avec les vétérans des légions, ou avec des citoyens romains, ou en réunissant des vétérans à des citoyens. Le lieu d'établissement élant toujours un point d’une importance remarquable, soit sous le rapport militaire, soit sous le rapport politique, ce lieu une fois désigné, on distribuait des terres aux colons, suivant leur rang dans l'armée ou leur position dans l’ordre civil. Ces terres furent d’abord payées par le trésor public; mais, lorsque Rome se vit assez puissante pour n'avoir plus de ménagements à garder avec personne, elle crut pouvoir se dispenser d'indemniser les habitants qu’elle dépouillait. Quand il fallut récompenser certains services, les contrées gauloises devenues provinces romaines, et l'Italie elle-même, furent traitées souvent sans aucun respect pour le droit de

propriété. Sylla ne eraignit pas de donner le premier exemple de cette spoliation éhontée. César, qui, a-t-on dit, n'avait pas un défaut, quoiqu'il eût bien des vices, le suivit dans cette voie inique; et Auguste, lui, surnommé le Père de la patrie, ne se fit aucun serupule d'user de ce moyen pour enrichir les soldats qui avaient servi son ambition.

Indépendamment de ces trois sortes de colonies, il y en avait une autre encore, plus rarement constituée et appelée latine, parce qu'elle était formée des habitants du Latium, que l’on envoyait quelquefois au loin pour repeupler les villes conquises.

La colonie installée, les indigènes partcipaient à tous les avantages qui lui étaient dévolus. Ces priviléges, de même que ceux dont jouissaient les villes municipes, c’est-à-dire les villes ayant droit de bourgeoisie romaine, S'étendirent ensuite à un nombre de localités de plus en plus considérable, et lorsque Rome, épuisée par les guerres intestines, commença à perdre de son autorité suprême, les moindres cités des Gaules reprirent peu à peu leur indépendance première.

Jusque vers la fin du 1v° siècle les Romains eurent des proconsuls pour gouverner dans les Gaules ; à dater de cette époque, ces chefs militares furent remplacés

par un président dont la résidence fut fixée à Narbonne.

La Narbonnaise avait, chaque année, une assemblée

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