‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1 sur 1172 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le nombre et la diversité des Églises orientales s'expliquent par une longue évolution séculaire et par l'interférence de différents facteurs, dont les principaux sont : le particularisme et l'exclusivisme ecclésiastiques, les discussions théologiques et les hérésies, les événements politiques.

Les chrétientés du Ier siècle, d'ailleurs peu nombreuses, gardaient un étroit contact entre elles. Ce contact diminue au IIe siècle, à mesure que le christianisme se répand dans les villes du bassin méditerranéen oriental : les formes extérieures du culte, l'organisation et la discipline ecclésiastiques se développent et chaque Église y ajoute quelques particularités. Certains groupements influent cependant sur d'autres; l'exemple, ici comme en bien des choses, vient des grandes villes; celles-ci se chargent souvent de l'évangélisation des pays environnants et exercent alors sur eux une sorte de tutelle ecclésiastique. C'est ainsi qu'au premier concile œcuménique, tenu à Nicée en 325, un tel droit sur l'Egypte, la Lybie et la Pentapole (c'est-à-dire toute l'Afrique orientale romaine) est reconnu à l'évêque d'Alexandrie; le concile dit également que l'évêque d'Antioche a un certain privilège d'ancienneté, alors que celui de Jérusalem n'a que le simple honneur d'être le titulaire de la ville où Notre- Seigneur est mort l.

C'est à Nicée aussi que la première condamnation solennelle d'une hérésie est prononcée : celle d'Arius, qui prétend que la seconde {fersonne de la Sainte Trinité, le Fils, est inférieure à la première, le Père. Les deux dogmes fondamentaux de la foi chrétienne — la Sainte Trinité, l'Incarnation — sont des mystères pour la raison; cependant, surtout depuis le ive siècle, des prêtres savants s'efforcent d'en préciser certains éléments et il est très compréhensible qu'ils se soient heurtés à des difficultés et aient pu faire erreur. Arius ne s'est pas soumis au concile; il a conservé longtemps des partisans, même dans le clergé, mais il n'a cependant pas créé une Église schismatique.

A la fin du nr8 siècle, l'empereur Dioclétien avait procédé à une réorganisation des circonscriptions civiles de son vaste empire. Il

1. Cf. C. Hefele - H. Leclercq, Histoire des Conciles, d'après les documents originaux, t. i, Paris, 1907, p. 552 et 569.

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