VIII PREFACE
avait scindé celui-ci en deux régions : l'Orient et l'Occident, divisées à leur tour en deux préfectures. Chacune de ces préfectures fut partagée en différents diocèses. L'Orient compta les préfectures d'Illyrie et d'Orient proprement dit. Cette dernière comprit quatre diocèses (dénomination civile) : Thrace, Asie, Pont, Orient. Le diocèse d'Orient s'étendait également à l'Afrique orientale, mais celle-ci fut, vers 380, érigée en diocèse séparé, dénommé diocèse Augustal ou d'Egypte. En 395, l'empereur Théodose fait, des deux grandes régions, Occident et Orient, des empires séparés, avec comme capitales respectives Rome et Constantinople.
En 381, alors que Constantinople est déjà la résidence de l'empereur, un concile œcuménique tenu dans cette ville décide deux choses : les évêques des cinq diocèses civils doivent se réunir entre eux et tâcher d'uniformiser les usages de leurs Églises; — dans le diocèse d'Egypte, ce sera l'évêque d'Alexandrie, dans celui d'Orient, ce sera l'évêque d'Antioche qui présideront ces assemblées; l'évêque de Rome a une ancienneté d'honneur sur toutes les Églises et après lui l'évêque de Constantinople, parce que Constantinople est la Nouvelle Rome 1. Or, à ce moment, l'évêque de Constantinople n'est qu'un simple évêque dans le diocèse civil de Thrace, pas même un métropolite; il va tâcher de transformer sa dignité d'honneur en un véritable pouvoir effectif dans l'empire byzantin.
Pendant les trente premières années du ive siècle, nous assistons, dans la préfecture d'Orient, à une triple uniformisation des coutumes, des lois, de la liturgie : dans le diocèse d'Egypte sous la direction d'Alexandrie; dans le diocèse d'Orient sous la direction d'Antioche, qui reprend d'ailleurs un grand nombre d'éléments aux traditions de Jérusalem; dans les diocèses de Thrace, d'Asie et du Pont sous l'impulsion grandissante de Constantinople.
Le christianisme s'est déjà répandu en dehors de l'empire; signalons trois chrétientés florissantes : celle d'Ethiopie, soumise à Alexandrie; celle de Mésopotamie, qui a reçu des traditions d'Antioche, mais qui, depuis qu'elle est bien organisée, se déclare indépendante; celle d'Arménie, qui a relevé de Césarée, mais qui profite de ce que cette ville rentre tout à fait dans l'ombre, en raison de l'influence grandissante de Constantinople, pour se rendre également autocéphale. Les chefs religieux de Mésopotamie et d'Arménie portent le nom de catholicos, montrant par là qu'ils gouvernent souverainement leurs fidèles, en quelque endroit que ceux-ci aillent s'établir.
Une nouvelle querelle théologique éclate alors autour du mystère du Christ, à la fois Dieu et Homme. Vers 429, Nestorius, patriarche