XII. Entrée en vigueur des décrets conciliaires
Les quelques décisions adoptées à ce sujet forment le titre xn et dernier des actes du concile.
998-1000. Les décrets conciliaires seront soumis à l'approbation du Saint-Siège, ensuite édités et publiés, d'abord dans l'église patriarcale, puis dans toutes les cathédrales du patriarcat1; ils deviendront obligatoires deux mois après cette publication. Chaque évêque tiendra aussitôt que possible un synode diocésain pour communiquer les actes conciliaires à ses membres.
1001. Toutes les églises du patriarcat et les séminaires conserveront un exemplaire des actes conciliaires dans leurs archives.
1002. Une partie des décrets sera lue à chaque conférence du cas de conscience. Les décrets seront compris dans les matières des examens pour la juridiction.
1003. Des censures et des peines pourront urger l'observance des canons, même si elles ne sont pas prévues par ceux-ci.
1004. Les décrets n'entendent déroger en aucune façon aux Constitutions apostoliques rendues pour l'Église universelle ou pour le patriarcat arménien en particulier, sauf sur les points qu'ils modifient explicitement, pourvu que le Saint-Siège les approuve.
1005. Les évêques peuvent déléguer à leur vicaire général ou à des tiers les pouvoirs à eux concédés par le présent concile, sauf dans les choses qui relèvent proprement de l'ordre épiscopal, ou lorsque le droit ou l'évêque lui-même excluent explicitement le vicaire général.
1006-1008. Les difficultés quelque peu sérieuses d'interprétation des décrets conciliaires seront résolues par un conseil composé du patriarche et de deux évêques résidentiels, choisis tous les trois ans par leurs collègues; il se réunira tous les ans et prendra les décisions à la majorité des voix; il traitera également des affaires les plus importantes communes à tout le patriarcat 2.
1. Les décrets ne pouvaient obliger en dehors du patriarcat, et notamment dans l'archevêché arménien de Lwow; néanmoins on admit généralement que les normes d'ordre personnel valaient pour tous les fidèles de rite arménien.
2. L'appendice xxvn, dans l'édition des actes conciliaires, fixe des règles pour le fonctionnement de ce conseil ; on y lit notamment que, en l'absence du patriarche, c'est l'archevêque, son vicaire, qui le remplace et que le procès-verbal des réunions est envoyé au Saint-Siège ainsi qu'à chaque évêque diocésain. Le patriarche peut être mis en minorité par les voix conjuguées des deux évêques.
1009. Les délibérations étant ainsi terminées le 8 décembre, le concile se met sous la protection de l'Immaculée Conception.
On remarquera que dans les derniers titres des décrets conciliaires il est fait allusion le moins possible à l'intervention des laïques arméniens dans les questions de statut personnel et les affaires matérielles de la nation; tout au plus est-il parlé d'eux pour limiter leurs droits en ce qui concerne les instituts charitables.
Le 8 décembre 1911, après' une messe pontificale célébrée par l'évêque arménien d'Alexandrie, le chapitre xi du titre ni et les titres vi, x et xn furent adoptés ; il y eut cependant un vote défavorable contre le chapitre Ier et cinq contre le chapitre n du titre vi, ce qui montre bien que la question des réguliers et celle de l'institut de Bzommar demeuraient des sources de discussion. Ensuite le patriarche fit lire le décret de signature des actes conciliaires l. Le texte original des décrets ayant été porté sur l'autel, du côté de l'évangile, le patriarche, les dix-huit évêques présents et les huit officiers du synode y apposèrent leur signature 2. Des décrets fixant la réunion du concile suivant à 1921 et clôturant l'assemblée de 1911 furent promulgués 3.
Des solennités religieuses, marquant la fin du concile, eurent lieu le dimanche 10 décembre : le matin, le patriarche célébra la messe et promulgua l'indulgence plénière accordée par Pie X; des louanges furent chantées et le baiser de paix fut échangé entre les Pères du synode; le soir, l'archevêque arménien de Lwow prononça un discours en italien, puis le cardinal Vives y Tuto célébra un bref salut d'action de grâces. Le 12 décembre, les Pères du concile adressèrent de Rome deux lettres à la nation arménienne, proclamant les droits exclusifs de l'Église et soulignant qu'une certaine intervention des laïques pouvait seulement être tolérée dans les élections épiscopales et dans la gestion des biens ecclésiastiques. Cette dernière précision comblait, dans une certaine mesure, le silence du concile à ce sujet.