RUTHÈNES ET RUSSES : ESPOIRS ET DÉCEPTIONS
L'effort de rajeunissement commencé chez les Ruthènes de Galicie par le concile provincial de 1891 fut poursuivi quelques années plus tard par des synodes diocésains qui ne donnèrent cependant pas tout ce qu'on aurait pu en attendre. Dans la première décade du xxe siècle, les évêques de Lwow et de Stanislawow légiférèrent, cette fois de façon excellente, en un nouveau synode; mais, bien qu'ils aient eu chacun un épiscopat long de 44 ans, seul le premier d'entre eux réunit d'autres assemblées diocésaines vers la fin de sa vie. A cette date, le sort de l'Église ruthène, qui avait triomphé des difficultés de la première guerre mondiale, était déjà sérieusement compromis par la seconde tourmente, dont l'aboutissement final fut, dans toute l'Europe orientale, funeste à cette Union que le métropolite de Lwow avait espéré, par deux fois, étendre jusqu'en Russie même. En Europe occidentale, les émigrés catholiques de rite slave s'organisèrent sur le plan local, dans l'espoir d'obtenir une hiérarchie unie autonome; seuls les Ukrainiens reçurent en 1946 un Ordinaire avec rang de visiteur apostolique.