‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1016 sur 1172 · I. — Synodes diocésains ruthènes de · texte numérisé non relu

I. — Synodes diocésains ruthènes de

De même qu'une assemblée diocésaine eut lieu dans chaque diocèse roumain après l'approbation donnée par le Saint-Siège en 1881 aux actes du concile provincial de Blaj de 1872, un synode semblable eut lieu dans chaque diocèse ruthène après l'approbation, en 1895, des actes du concile de Lwow de 1891 : en 1897 à Lwow et à Stanislawow, en 1898 à Przemysl. Mais alors que les assemblées roumaines se bornèrent à entériner les décrets provinciaux et adoptèrent une législation complémentaire originale, on procéda dans les synodes ruthènes à la lecture intégrale des décisions de 1891, en sorte qu'il ne resta que fort peu de temps pour aborder les questions d'ordre local. C'est ce qui explique sans doute pourquoi le métropolite de Lwow, le cardinal Sylvestre Sembratowicz, lors du synode des 7, 8

et 9 décembre 1897 pour son diocèse, ne fit pas discuter et approuver formellement, mais promulgua néanmoins à cette occasion un règlement des conférences ecclésiastiques décanales, qui servira d'exemple à toute la législation ultérieure ruthène en la matière l. Le synode de Lwow s'occupa toutefois de la coiffure à porter par le clergé : la majorité se rallia à l'usage, en partie à rétablir, du haut chapeau cylindrique. Le synode compta près de cent membres : chanoines, doyens, délégués du clergé de chaque doyenné, professeurs de religion, représentants des basiliens, parmi lesquels André2 Szeptycki, supérieur du couvent de Saint-Onuphre à Lwow depuis 1896.

Le règlement du cardinal Sembratowicz prévoit quatre conférences décanales par an, mais l'une d'elle peut être remplacée par une récollection du clergé et une autre par une mission au peuple. Les réunions ont lieu à tour de rôle dans chaque paroisse. Tous les prêtres ayant charge d'âmes doivent être convoqués, les autres peuvent être admis; les participants se confessent à l'occasion de la conférence. Une liturgie est concélébrée, quelques prêtres disent des messes basses aux autels latéraux et entendent les confessions des fidèles, qui seront invités à cette cérémonie d'ouverture. Les laïques sont toujours exclus de la séance d'étude. Elle a lieu en été à l'église, en hiver au presbytère; elle comporte la lecture d'un rapport écrit et un exposé oral de théologie, la discussion de cas de pastorale, la communication des décisions de l'Ordinaire, des questions libres et les remarques du doyen président. Celui-ci confie l'étude des questions théoriques aux plus jeunes, celle des cas pratiques aux plus expérimentés; il veille à ce qu'aucun exposé ne dure plus d'une demi-heure et dirige les discussions; il fait dresser le procès-verbal de la' séance, mentionnant les présents et les absents, il l'envoie à l'évêché avec son rapport personnel. Des prières en commun et un repas modeste clôturent la réunion 8.

Le cardinal Sembratowicz mourut en 1898. L'évêque de Przemysl, Pelesz, était décédé en 1896; Constantin Czechowicz lui avait succédé

1. Cf. les Vidymosti (Nouvelles) diocésaines, n. 18 de 1897. Le synode, préparé dès l'été, avait été prévu pour l'automne, mais fut ensuite retardé. Il compta cinq sessions; la première comporta la lecture des décrets De reform. du concile de Trente, sess. vi, c. i; sess. xxm, c. i; sess. xxiv, c. xvm et sess. xxv, c. x, qui ne concernaient nullement l'Église orientale.

2. Nom de religion. Szeptycki naquit en 1865, reçut au baptême les noms de Romain- Alexandre, entra chez les basiliens réformés en 1888, fut ordonné prêtre en 1892.

3. La fin du règlement donne quelques précisions sur la transformation d'une des conférences décanales en jour de récollection pour le clergé ou de mission pour le peuple; elle se réfère au concile de Lwow de 1891 : IX, n, 18, et IV, vm, 15.

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en 1897. Deux canonicats étaient vacants au chapitre de Przemysl; ce n'est qu'après qu'il y eut été pourvu que la réunion préparatoire du synode fut fixée au 22 septembre 1898 et l'assemblée elle-même aux 1er, 2 et 3 novembre suivants 1. Outre l'évêque, il y eut 106 membres appartenant aux catégories traditionnelles de participants, dont une fois encore André Szeptycki, récemment devenu professeur de théologie au monastère de Krystynopol et remplaçant son supérieur. Cette fois le synode consacra sa cinquième et dernière session, le matin du 3 novembre, à des questions particulières. Il adopta un règlement pour les conférences ecclésiastiques décanales analogue à celui promulgué en 1897 pour le diocèse de Lwow, avec cette différence que seulement trois réunions par an sont exigées. Puis « l'orateur » du clergé proposa au nom de celui-ci les vœux suivants, qui furent adoptés :

1. Les jeunes prêtres doivent, pendant les trois premières années de leur sacerdoce, composer leurs sermons d'après les instructions du doyen.

2. Le règlement de la visite décanale datant de 1830, on le modifiera selon les nécessités nouvelles.

3. L'Ordinaire s'efforcera de faire reconnaître par le gouvernement une place de vicaire dans les paroisses qui ont jusqu'à trois ou quatre églises filiales 2.

4. Les aumôniers militaires ruthènes devraient pouvoir normalement accéder aux rang et traitement de curé militaire 3.

5. Nécessité d'écoles primaires confessionnelles; partout les professeurs de religion doivent être exemptés de l'inspection civile 4.

6. L'État devrait rendre la fréquentation de l'école obligatoire, ou tout au moins celle du catéchisme pour les enfants catholiques.

1. Les actes détaillés du synode forment une brochure de 92 pages publiée sur ordre de l'évêché de Przemysl à Lwow en 1899. Dans son discours d'ouverture au synode, l'évêque fait allusion à une autre assemblée analogue qui aurait eu lieu en 1740 et déclare qu'on continue à faire des recherches sur le caractère synodal de celle-ci et pour savoir si ultérieurement d'autres synodes eurent lieu ; celui de 1818 semblait donc complètement oublié. Cf. Ire part, de ce volume, p. 182 et 188.

2. Le texte adopté déclare qu'il y a dans le diocèse 686 curés, 44 vicaires, 35 coadjuteurs; il fait la comparaison avec les paroisses latines où les places de vicaire sont bien plus nombreuses.

3. La loi sur l'aumônerie militaire de 1892 prévoyait 12 prêtres catholiques de rite oriental ; 5 roumains et 7 ruthènes, qui ne pouvaient pas accéder à un grade supérieur à celui de chapelain de lre classe; grâce aux efforts des évêques, le plus ancien des 12 aumôniers reçut en 1896, mais à titre personnel seulement, le rang et le traitement de curé militaire.

4. Le vœu du clergé se réfère à la lettre pastorale collective des évêques d'Autriche-Hongrie de févr. 1897.

7. Des fidèles et même des prêtres ruthènes envoient leurs enfants à des écoles non catholiques1; une telle pratique sera vivement déconseillée, et sévèrement interdite aux prêtres.

8. Les curés conserveront avec soin les objets anciens que posséderaient leurs églises et les signaleront au doyen, qui dressera un catalogue pour son doyenné 2.

9. On commencera dans chaque paroisse la rédaction d'une chronique paroissiale, que le doyen examinera et paraphera lors de sa visite.

10. Chaque paroisse s'efforcera d'une part d'avoir un chantresacristain diplômé ou ayant témoigné de sa capacité devant une commission spéciale, d'autre part d'améliorer la situation matérielle de ce serviteur en lui assurant, si possible, une maison avec une pièce de terre 3.

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