ASSEMBLÉE DE LWOW EN
diverses conventions qui devaient être entérinées par le nouvel élu. La question des rapports entre Ruthènes uniates et dissidents figura naturellement à l'ordre du jour de la diète qui s'ouvrit le 27 septembre 1632 \
Après de vaines discussions, ce fut le candidat au trône lui-même, Ladislas, fils de Sigismond III, qui, peu de jours avant son élection (laquelle eut lieu le 8 novembre), arrêta les termes d'un compromis, connu sous le nom d' « Articles de pacification ». Ceux-ci répartissaient entre les deux hiérarchies les différentes villes épiscopales : les dissidents recevaient la métropole de Kiev, avec comme suffragants les sièges de Lutsk, de Przemysl, de Lwow, ainsi que le nouvel évêché de Mstislaw et Mohilev, par démembrement de celui de Polotsk. Le métropolite uniate pourrait également porter le titre de Kiev, mais abandonnait tous les biens ecclésiastiques de cette ville 2 et, à la mort de Rutski, également tous ceux des environs. Seuls les diocèses de Chelm, de Pinsk, de Smolensk et de Vladimir, demeuraient en entier aux uniates.
Malgré les protestations du Saint-Siège, les Articles de pacification furent appliqués par le nouveau roi Ladislas IV; cependant les évêques unis de Lutsk et de Przemysl n'abandonnèrent leur siège qu'après plusieurs années de résistance.
Les Ruthènes, qui habitaient la région connue actuellement sous le nom de Russie subcarpathique, avaient été étrangers à l'Union de Brest-Litovsk, puisque leur évêque, dont le siège était à Mukatchevo, n'appartenait pas à la province ecclésiastique de Kiev, mais relevait directement du patriarche de Constantinople. Au point de vue politique, cette région avait longtemps dépendu de la couronne de Hongrie, mais elle avait été envahie par les Turcs et ce n'est qu'au cours du xvne siècle que les Habsbourgs parvinrent à y établir progressivement leurs droits. Dès lors, la cause de l'Union avec Rome commença à prendre racine, surtout dans le bas clergé.
L'évêque Jean Gregorovitch (1627-1633) fit une visite au métropolite Rutski; toutefois les choses en restèrent là. Son successeur Basile Tarasovitch adhéra en 1642 à la foi catholique, mais le prince calviniste du pays le fit emprisonner; libéré sur l'ordre de l'empereur Ferdinand II, il ne put cependant reprendre possession de son siège, puis, fatigué et las, il passa de nouveau au schisme. Il resta toujours des adeptes de Rome : ce seront les meilleurs auxiliaires du triomphe définitif de l'Union à la fin du siècle.
1 . Cf. Zacharias ah Haarlem, Unio Ruthetwrum a morte Sigismundi III usque ad coronationem Ladislai IV, Tartu, 1936.