VI. — L'assemblée de Lwow de
Afin de régler l'opposition entre la double hiérarchie ruthène catholique et orthodoxe, Sigismond III caressa plus d'une fois le projet d'une assemblée commune à laquelle les dissidents pourraient présenter leurs objections contre l'Union. Le 29 mars 1629, il adressa au métropolite Rutski une lettre l'autorisant à réunir un tel concile. Interrogée par le nonce, la S. Congr. de la Propagande, en juin 1629 \ interdit de la façon la plus formelle la participation officielle des orthodoxes, admettant tout au plus qu'à l'occasion d'un concile des évêques ruthènes catholiques des conversations privées aient lieu avec ceux qui étaient opposés à l'Union. Rutski convoqua dès lors un concile provincial à Lwow pour le 28 octobre. Il y vit à ses côtés Grégoire Michalowicz, évêque de Pinsk; Athanase Kroupetski, de Przemysl; Léon Kreusa Rzewuski, de Smolensk; Joachim Morochowski, de Vladimir; Jérémie Poczapowski, de Lutsk; Antoine Sielawa, de Polotsk; Raphaël Korsak, auxiliaire de Rutski; de nombreux supérieurs de couvents et membres du clergé séculier. Le roi de Pologne envoya un représentant; Mélèce Smotrycki, converti à l'Union après avoir fait pénitence, vint également.
L'ouverture du concile 2 eut lieu à la cathédrale latine : le jésuite Matthieu Bambo prononça un sermon et le métropolite célébra la messe entouré de ses suffragants. Aucun évêque schismatique n'était venu à Lwow, mais quelques laïques ayant à leur tête les ducs Pouzyna et Drevinski, quelques délégués des confréries stauropégiales de Vilna et de Lwow eurent des entrevues privées avec l'épiscopat et le Père Bambo. Pour bien montrer qu'ils n'étaient nullement latinisants ou opposés au rite ruthène, le métropolite et les évêques se rendirent à la cathédrale de S. -Georges, appartenant aux orthodoxes, et y chantèrent des hymnes devant la statue de la Vierge. Cependant aucun résultat pratique ne fut atteint et après quelques jours les évêques retournèrent chez eux.
Malgré ses faiblesses, le roi Sigismond III avait toujours été un défenseur de l'Union. Sa mort, le 10 avril 1632, fut fatale à cette grande cause.
En effet, la diète réunie pour élire un nouveau roi s'occupait généralement au préalable de discussions de tout genre et élaborait
1. Codificazione canonica orientalse, Fonti, t. u, Cité du Vatican, 1931, p. 151, 157-159, et t. xi, Cité du Vatican, 1933, p. 959-961.
2. Un compte rendu des événements se trouve dans Historici diarii ëomuè professée Societatis Jesu Cracoviensis, t. iv, 1620-1629, éd. J. Wielewickiego, dans Script, rer. Polon., t. xvn, Cracovie, 1899, p. 334-336.