‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1058 sur 1172 · A 20 km. de Spezzano Albanese · texte numérisé non relu

A 20 km. de Spezzano Albanese

3. Cette juridiction s'étendait jusque sur le village fort éloigné de Villa Badessa, dans les Abruzzes. — L'Église byzantine et les quelques personnes du rite à Lecce dépendent également de l'évêque de Lungro.

habitant K Le 26 octobre 1937, la Constitution Apostolica Sedes de Pie XI érigea l'évêché byzantin de Piana dei Greci, près de Palerme, et attribua à l'évêque l'autorité territoriale sur toute cette commune, et même sur les paroisses latines 2, ainsi qu'un pouvoir personnel sur toutes les paroisses et institutions de rite byzantin en Sicile. Cependant, le même jour, un décret de la Congrégation Orientale nommait l'archevêque latin de Palerme administrateur apostolique du nouveau diocèse byzantin et lui donnait un auxiliaire italo-grec. La curie diocésaine de Piana dei Greci fut organisée à la date du 30 janvier 1938. Enfin, le 26 septembre 1937, la bulle Pervetustum Cryptseferratœ cœnobium avait élevé au rang de monastère exarchique, c'est-à-dire d'abbaye nullius, le monastère byzantin de Grottaferrata, près de Rome, auquel était annexé depuis 1918 un petit séminaire pour ce rite. Le prieur Isidore Croce reçut la bénédiction d'archimandrite le 1er janvier 1938.

Pie XI exprima le vœu que, pour ces trois territoires de rite oriental en Italie, un synode fût tenu à Grottaferrata. Mais le projet ne fut réalisé qu'en 1940. Le 4 janvier de cette année, une commission réunit au palais archiépiscopal de Palerme, à côté du cardinal Louis Lavitrano, très dévoué aux choses de l'Orient 3, et de son auxiliaire italo-grec Mgr Joseph Perniciaro, quatre prêtres du diocèse de Piana dei Greci et le supérieur basilien du monastère de Mezzojuso, situé dans le diocèse : ces derniers n'étaient malheureusement pas des canonistes et la rédaction des textes qu'ils préparèrent s'en ressent. Ils s'inspirèrent des usages en vigueur dans les trois circonscriptions ecclésiastiques italo-albanaises et des synodes diocésains modernes de l'Italie latine. Les schémas furent envoyés aux deux autres Ordinaires, l'évêque Mêle et l'archimandrite Croce, qui les soumirent à certains membres de leur clergé. Les trois Ordinaires adressèrent, le 10 juillet, à Pie XII une supplique demandant l'auto-

1. Seuls les villages de San Cosmo et de Vaccarizzo, qui comptaient pour moitié des fidèles latins, avaient également des paroiwei «I»- ce rite, qui restèrent bientôt sans titulaire. — Il y a actuellement dans l'évêché de Lungro 23 paroisses de rite byzantin et environ 37 000 fidèles.

2. Cette commune appartenait jusqu'alors à l'archidiocèse latin de Rfonroftle; l'archevêque conserve le droit de présenter trois candidats lors «le la vacance <l«chacune des paroisses latines du lieu. Outre celles ci, le DOUVekl) rfiocèM OOmpU 11 autres paroisses et 18 000 fidèles de rite byzantin.

3. Il était président de l'Association catholique italienne pottf 1 "» >rfen1 eh*

risation de tenir le concile prévu *; la permission fut notifiée officiellement au cardinal Lavitrano par lettre de la Congrégation Orientale du 6 août 1940 2. Les trois prélats signèrent dès lors l'acte de convocation du concile pour le 13 octobre suivant 3. Aux premiers jours de septembre, ils se réunirent à Grottaferrata et nommèrent trois commissions préparatoires, composées chacune d'un membre de chaque circonscription et chargées de mettre au point, en tenant compte des observations présentées, les schémas des décrets synodaux.

Outre les chefs de circonscriptions ecclésiastiques et l'auxiliaire de Piana dei Greci, vinrent à Grottaferrata pour le concile : le P. Odilon Golenvaux, recteur du Collège grec à Rome; une vingtaine de prêtres de l'Italie méridionale et de Sicile; le curé de rite byzantin de Malte.

A la fin de la matinée du dimanche 13 octobre eut lieu, en l'église du monastère, l'ouverture du concile, en présence de nombreux invités, dont une délégation de l'Église orthodoxe d'Albanie présidée par l'évêque de Bérat. Le substitut et un minutante de la Congrégation Orientale représentaient celle-ci aux côtés du président du concile, le cardinal Lavitrano, qui prononça en italien le discours d'usage 4 et fit promulguer les décrets de règle. Les membres du concile firent ensuite la profession de foi et des chants liturgiques clôturèrent la cérémonie. L'après-midi, une congrégation générale, tenue dans la bibliothèque du monastère, approuva une première série de décrets.

Le lundi 14 octobre Mgr Mêle présida une solennelle concélébration en l'honneur du Saint-Esprit et prononça une homélie puis, le public ayant été renvoyé, les décrets approuvés la veille furent solennellement promulgués. L'après-midi, une congrégation générale revit une dernière fois les décrets qui devaient être promulgués le mardi, après une concélébration de suffrage pour le repos de l'âme des papes Léon XIII, Benoît XV et Pie XI. L'archimandrite Croce présida celle-ci et prononça l'allocution. L'après-midi, nouvelle congrégation générale; le mercredi 16, concélébration solennelle présidée par Mgr Perniciaro, qui prononça une harangue en albanais ; ensuite,

1. Les actes du concile ont été publiés sous le titre : Costituzioni del sinodo intereparchiale délie eparchie di Lungro e Piana degli Albanesi e del monastero esarchico di S. M. di Grottaferrata (13-16 ottobre 1940), Grottaferrata, 1943. — La supplique y figure aux p. 7-9.

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