‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 107 sur 1172 · COLLOQUE DE LUBLIN EN · texte numérisé non relu

COLLOQUE DE LUBLIN EN

nombre de protoprêtres et de quelques laïques, sont présents à Lublin. Du côté dissident ne sont arrivés que l'évêque Szumlanski, le grand vicaire de Mstislaw-Mohilev, avec des membres de leur clergé séculier et régulier — dont Varlaam Szeptycki, archimandrite du grand monastère d'Univ — et des délégués laïques des confréries.

Une lettre du roi avait fait part à Szumlanski des délégations qu'il avait reçues de Lutsk et d'ailleurs, en protestation contre le concile, arguant, comme en 1596, que rien ne pouvait se faire sans prise de contact préalable avec le patriarche de Constantinople. Szumlanski donna lecture de cette lettre en une réunion privée des orthodoxes, le 24 janvier; voyant bien que la cause de l'Union n'avait momentanément aucune chance de réussir, il feignit d'en être un grand adversaire, afin de ne pas se trouver comme un pasteur sans ouailles. Nous allons nous saluer cette fois, écrit-il le 25 au roi, la fois suivante on discutera, et à la prochaine occasion on se mettra d'accord. Cette prophétie sera, somme toute, réalisée pour ce qui concerne son diocèse.

A Lublin, en effet, on se borna à se saluer, mais très aimablement. Le 26 janvier,'eut lieu à l'église des jésuites une messe célébrée par le métropolite Zochowski avec sermon par le basilien Siméon Cyprianovvicz, puis un grand dîner fut offert au palais du prince Koribut- Wisnowiecki, connétable de la couronne. Les orthodoxes assistèrent à la double cérémonie. Il entrait dans le dessein de l'épiscopat uniate qu'une discussion eût lieu au sujet de la primauté du pape et de la procession du Saint-Esprit, mais sur ces entrefaites une lettre du nonce de Pologne, François Martellio, rappela que le Saint-Siège n'autorisait pas de telles disputes.

Le 29 janvier, arriva à Lublin Innocent Winnicki, évêque nommé de Przemysl, et le 31, Gédéon Czetwertynski, évêque de Lutsk. Il n'y eut plus cependant de réunion plénière, mais simplement quelques conversations privées ou conciliabules particuliers. Les évêques orthodoxes firent comprendre qu'ils étaient favorables au système de l'Église catholique selon lequel seul l'épiscopat doit délibérer en de telles circonstances, mais qu'ils devaient tenir compte de l'opinion du clergé inférieur et des confréries. Le 3 février, les dissidents décidèrent de rentrer chez eux et, avant de se séparer, ils envoyèrent une adresse au roi demandant qu'il soit mis fin à d'inutiles pourparlers entre les deux Églises, que celles-ci puissent conserver des droits et privilèges égaux, et que les conflits éventuels soient, réglés par le parlement.

Le métropolite Zochowski fit paraître l'année même à Lwow un ouvrage sur Le colloque de Lublin, nom qui est resté à l'assemblée. Le roi convoqua Szumlanski à sa résidence de Jaworow; ensemble ils

discutèrent de l'Union et trouvèrent que le livre ne contribuait pas à la concorde. Szumlanski ordonna Winnicki évêque au début de décembre 1680. En mars 1681, tandis que l'évêque de Lutsk demeurait réticent, les deux prélats et l'archimandrite Varlaam Szeptycki firent secrètement leur profession de foi catholique à Varsovie. La grande difficulté pour les deux évêques demeurait de faire accepter l'Union par leurs diocésains.

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