Can. 3 sur l'eucharistie
3. Suivant notre rite syrien, nous employons le pain fermenté. Mais nous ne nions pas que l'azyme constitue aussi une matière valide. Cependant tout prêtre doit respecter les lois de son rite.
4. Nous avons prescrit que dans toutes nos églises syriennes on emploie des hosties de forme romaine, mais qu'elles soient faites de pain fermenté, selon nos antiques usages. Et l'on ne doit pas abandonner la coutume d'ajouter au vin une petite quantité d'eau.
5. La forme de ce sacrement est, pour le pain : « Ceci est mon corps, etc. », et pour le vin : « Ceci est mon sang, etc. » Les seules paroles absolument essentielles sont celles mentionnées, c'est-à-dire : « Ceci est mon corps..., ceci est mon sang. » Cette forme se trouve dans nos anciennes anaphores syriennes imprimées récemment à Rome 1. Nous prescrivons aux prêtres de prononcer ces paroles de la consécration très distinctement et lentement, et d'avoir une intention actuelle ou du moins virtuelle [de consacrer].
6. Pouvant consacrer, les prêtres ont a fortiori le pouvoir de distribuer la sainte communion. Quant au diacre, qui n'a pas ce pouvoir de façon ordinaire, il peut la distribuer s'il y est autorisé par l'évêque en cas de nécessité; et même alors il ne peut donner la communion qu'à ceux qui lui sont inférieurs. S'il faut communier un prêtre malade, le diacre lui portera la sainte hostie, et le prêtre se communiera lui-même.
7. Tout chrétien ayant atteint l'âge de raison est tenu par la loi divine de communier, suivant la parole du Christ : « Si vous ne mangez pas le corps du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous 2. » De par la loi ecclésiastique, le chrétien est tenu également de communier au moins une fois l'an à Pâques. Celui qui n'accomplit pas ce devoir est excommunié, conformément au concile de Latran 3 : l'entrée de l'église lui sera défendue et, s'il persiste dans son état et meurt ainsi, il sera privé de la sépulture ecclésiastique.
8. Vu les fruits très nombreux provenant de la communion fréquente, nous exhortons tous les fidèles dans le Seigneur à se bien préparer pour communier avec pureté. Cette préparation doit se faire par une bonne confession. Et, après la communion, une action de grâces est nécessaire pour remercier Dieu de sa bonté. Nous adressons ces mêmes conseils à nos fils les prêtres et les incitons à donner aux fidèles l'exemple de cette préparation à la sainte messe, et de l'action de grâce consécutive. Ils instruiront les fidèles des conditions requises pour profiter spirituellement et temporellement de ce sacrement.
Le saint sacrifice de la messe.
1. L'offrande peut être définie : la présentation d'une chose déterminée, faite au nom du pouvoir absolu de Dieu sur toutes les créatures. Cette définition s'applique parfaitement au sacrifice de la messe, ainsi que cela se déduit clairement de l'essence même de ce sacrifice.