‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 1122 sur 1172 · Chapitre I. — Le patriarche · texte numérisé non relu

Chapitre I. — Le patriarche

Le patriarche est le chef de la nation et a la préséance sur tous les évêques du patriarcat.

1° Les droits du patriarche. — 1. Il doit veiller à l'observation des saintes prescriptions et à l'enseignement de la foi dans tous les diocèses; d'où il ressort qu'il a le droit de visiter ces diocèses par lui-même ou par un représentant.

2. Dans tous les diocèses où il passe, il peut absoudre des péchés réservés, au for sacramentel. Il peut présider les cérémonies liturgiques et administrer tous les sacrements, l'ordre excepté.

3. Il appartient au patriarche de sacrer des évêques pour les sièges vacants, mais il ne peut sacrer de [nouveaux] évêques, pour les lieux qui n'avaient pas autrefois de siège épiscopal, qu'avec l'autorisation du Souverain pontife, à moins qu'un grand nombre de Syriens jacobites ne reviennent à la foi catholique, car alors il peut sacrer des évêques pour ces derniers après consultation de ses évêques.

4. Il peut accepter la démission d'un évêque, après consultation et acquiescement des autres évêques.

5. Il peut convoquer les évêques à un synode quand il le juge nécessaire et utile. Il imposera une sanction à l'évêque qui, sans raison suffisante, s'abstient de venir.

6. Il peut entendre les appels faits contre les sentences des évêques.

7. Après appel adressé au patriarche, ce dernier peut annuler les sanctions imposées par les évêques; même sans appel, il peut délier des sanctions, mais après avoir examiné minutieusement l'affaire, interrogé l'évêque lui-même et l'avoir avisé de son intention de lever la peine.

8 Assisté de deux évoques, il peut interdire aux évêques coupables [de faire] les cérémonies liturgiques. Si la faute mérite une peine plus grande ou la destitution, par ex. pour cause d'hérésie (à Dieu ne plaise') ou pour d autres crimes odieux, la question sera portée devant le Souverain pontife. Entre temps, le patriarche peut éloigner de son diocèse l'éveque inculpé, jusqu'à la sentence de la S. Congrégation.

9. Il peut dispenser des empêchements matrimoniaux, exception faite pour le second degré de parenté de sang.

10 II peut dispenser des irrégularités, afin que les ordinands soient capables d être ordonnés.

11. Il peut ordonner prêtres pour le siège patriarcal des sujets choisis dans tous les diocèses, afin de les envoyer aux évêques qui les lui demandent quand ils en ont besoin.

12. Il peut envoyer des prêtres missionnaires dans tous les diocèses, pour enseigner le catéchisme, prêcher et confesser, tout ceci sous la surveillance et d'après les directives de l'éveque du diocèse.

13. Tous lui doivent respect et obéissance en tant que chef suprême pour tout le rite syrien catholique.

2° Les obligations du patriarche. — 1. Le patriarche doit avoir deux évêques auxiliaires, l'un pour les questions spirituelles et l'autre pour les affaires temporelles. Ils ne peuvent appartenir à sa parenté. L'auxiliaire spirituel traitera des affaires spirituelles, et l'auxiliaire temporel tiendra les comptes et enregistrera tous les biens du siège patriarcal, mobiliers et immobiliers. L'auxiliaire temporel, à la mort du patriarche, aura à présenter ses comptes au nouveau patriarche, devant le conseil des évêques. Il doit donc, ainsi que l'auxiliaire spirituel, veiller avec beaucoup de soin à s'acquitter de ses obligations.

2. Pour les biens mobiliers du patriarche, c'est-à-dire l'argent, les habits et les autres effets lui appartenant personnellement (en dehors des effets et objets d'église, par ex. ornements, vases en or ou en argent, livres et autres objets, qui sans aucun doute doivent être laissés au siège patriarcal), le patriarche a le droit de disposer du tiers de ses biens pour des œuvres pies et comme il l'entend. Les deux autres tiers doivent être assignés au siège patriarcal, et personne d'autre que le siège patriarcal ne peut en réclamer la propriété. Quand le patriarche meurt, chaque évêque est tenu de faire dans sa cathédrale un service funèbre solennel et d'offrir trois messes pour le repos de son âme. Dans les églises paroissiales également, un service solennel sera célébré et le prêtre dira trois messes pour le patriarche défunt.

A la mort du pape, on doit faire dans chaque cathédrale un service funèbre solennel avec une messe également.

3° L'élection du patriarche. — I. Dès la mort du patriarche, ses deux auxiliaires doivent en faire part aux autres évêques et les aviser du jour fixé pour l'élection du nouveau [patriarche). A cause de la grande distant »• entre les diocèses, et pour d'autres motifs encore, un évêque peut être empêché de venir à l'élection; l'éveque place1 daril cette situation peut

envoyer un délégué pour le représenter, ou encore envoyai son vote par

écrit. Quant à ceux qui prennent part à l'élection, ce sont les évêques du rite seuls. Toutefois le patriarche a le droit de choisir deux membres du clergé patriarcal et de leur accorder, dans son testament, le privilège de prendre part à l'élection comme les évêques, avec voix passive et active. Mais ces deux prêtres doivent avoir atteint trente ans.

2. Quand les évêques se réunissent pour l'élection, ils doivent implorer pendant trois jours consécutifs le secours divin par de ferventes prières suivies de la bénédiction du Saint Sacrement.

3. Le jour de l'élection, le doyen des évêques doit célébrer une messe solennelle, à la fin de laquelle tous les évêques se réunissent dans l'église, dont l'un des prêtres ferme les portes et garde les clés sur lui. Chaque évêque écrit en secret le nom de celui qu'il choisit pour patriarche, signe son bulletin, le plie, le cachette et le jette dans l'urne préparée à cet effet; chacun fait ainsi jusqu'au dernier. Après cela, deux prêtres désignés auparavant par les évêques viennent ouvrir et examiner les bulletins de vote, inscrire les noms des élus et le nombre de voix que chacun a obtenu. Deux votes peuvent avoir lieu le même jour. Chaque fois on doit brûler immédiatement les bulletins de vote pour garder secret le nom de l'électeur.

4. Pour que le vote soit acquis, l'élu doit avoir une voix de plus que la moitié. Si l'élection n'est pas achevée dans l'intervalle de cinq jours, le synode est dissous; des suppliques signées par tous les évêques sont adressées au Souverain pontife pour qu'il nomme lui-même un patriarche selon que le Saint-Esprit l'inspire. Mais si l'élection est faite par les évêques, ceux-ci, par ordre, s'approchent de l'élu, lui baisent la main, lui mettent la chape et la mitre, et l'un des prêtres ouvre la porte de l'église pour permettre au clergé et aux fidèles d'entrer et de recevoir la bénédiction du nouveau patriarche. Puis tous l'accompagnent en procession jusqu'à ses appartements; après quoi, ils fixent un jour pour la cérémonie [du sacre] et [de] la tradition de la crosse, conformément aux indications du pontifical.

5. Les évêques doivent dresser le procès-verbal de l'élection, signé de leurs noms et revêtu de leurs sceaux; il sera conservé dans les archives du patriarcat. Ils en feront une copie qu'ils enverront à la S. Congrégation la priant de solliciter l'approbation du Souverain pontife pour qu'il accorde le pallium bénit au nouveau patriarche. Enfin le patriarche lui-même adressera à son tour une supplique au pape, pour lui annoncer son élection et demander son approbation et le pallium bénit.

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