IV. — Les deux synodes de
Le diplôme d'immunité aux personnes et aux biens ecclésiastiques du rite grec uni fut accordé par Léopold Ier le 16 février 1699 l; le 29 mars, le gouvernement provincial de Transylvanie adressa à l'évêque Athanase une instruction concernant son application 2 : l'immunité des impôts et autres charges valait seulement pour un prêtre par village, ou deux pour les centres plus importants, et non pour les autres habitants du presbytère; elle ne concernait que le prêtre qui habitait le fundus ecclesiœ, et non celui qui demeurait sur les terres d'un seigneur; de même, le prêtre qui cultivait d'autres terres que celle du fundus devait payer pour elles les redevances ordinaires. Cette interprétation restrictive avait pour but de faire diminuer le moins possible les revenus du fisc.
C'était l'habitude du pays qu'un acte public, destiné à un corps social, fût remis au cours d'une assemblée de celui-ci par les mandataires désignés à cet effet. L'évêque Athanase assembla donc le synode diocésain. Il s'ouvrit le 20 mai 1699. Le comte Etienne Apor et le P. Baranyi remirent solennellement le diplôme d'immunité à l'assemblée le 24 mai. Le 29, Athanase écrivit à l'empereur et au cardinal Kollonich pour exprimer ses remerciements et ceux de son <lergé 3. Le lendemain, il adressait une seconde lettre à Kollonich 4 pour lui faire savoir que le synode avait décidé qu'il se rendrait personnellement à Vienne avec deux protoprêtres, pour présenter ses hommages au souverain et au cardinal. En réalité, Athanase sentait que les autorités provinciales et les grands propriétaires calvinistes locaux, par jalousie ou par intérêt, étaient hostiles aux nouveaux privilèges de son clergé; il savait que sa personne était également mise en cause et que la confirmation de sa nomination par l'empereur était toujours en suspens.
Mais les oppositions locales s'accentuèrent au point de retarder son départ. L'assemblée des États de Transylvanie, réunie à Alba- Julia en septembre, prit également acte du diplôme d'immunité :
1. Collect. Lac, t. vi, col. 973-976, et Nilles, foc. cit., p. 224-225. Ce diplôme mentionne non seulement les Valaques, mais aussi les Grecs et Ruthènes, aussi bien de Hongrie, Croatie, Slovénie que de Transylvanie. Il exige la croyance à tout ce qu'admet l'Église romaine et en reprend les quatre points principaux.
2. Texte hongrois et traduction latine dans Nilles, loc cit., p. 227-229.
3. Texte latin des deux lettres dans Collect. Lac, t. vi, col. 976, et Nilles, loc cit., p. 231-232. filles sont datées dans le nouveau style, ainsi qu'il ressort de la concordance de la date du 24 avec celle indiquée par les lettres du comte Apor » i du P. Baranyi rendant compte de leur mission (ibid., p. 229-231).
V Texte latin dans Nilles, loc. cit., p. 270-271.
elle fit sienne les restrictions édictées par l'instruction du 29 mars et en ajouta d'autres; elle exigea notamment que l'évêque n'ordonnât que des candidats qui auraient subi un examen non seulement devant des prêtres roumains, mais aussi devant les ministres de la religion à laquelle ils déclaraient s'unir 1. Ces décisions devaient être remises à une assemblée du clergé roumain, par des délégués des quatre cultes reconnus.
Athanase assembla donc un second synode. Le 26 septembre, l'assemblée reçut communication des décisions des États et remit une première protestation contre l'hostilité que celles-ci laissaient deviner; après en avoir délibéré pendant plusieurs jours, elle rédigea, le 30, une seconde protestation, qui déclarait ces décisions contraires au diplôme d'immunité et ne voulait reconnaître que celles de l'empereur et du cardinal Kollonich 2. Celui-ci rendit son avis le 7 février 1700 : il faisait la juste part des choses 3, l'immunité vaudrait pour tous les prêtres qui passeraient à l'Union, mais on n'ordonnerait plus que ceux strictement nécessaires au service du culte; par contre, il admettait que les prêtres latins participassent aux jurys d'examen des ordinands.