Dont quatre des signataires du 2 juillet
5. Lors du premier concile de 1596, le frère et successeur du patriarche Michel, Serge Risi, parla d'un véritable blanc-seing que Michel et les évêques auraient donné à Eliano et dont celui-ci aurait profité pour faire avouer par eux des abus et des erreurs que les Maronites n'auraient jamais professés; il fait sans doute allusion aux Propositions.
6. Anaïssi, Bullarium Maronitarum, n. 36, p. 75. Le pallium avait été postulé au nom du patriarche par Eliano et déjà le pape prévoit qu'il sera remis par lui, mais il sera imposé par un ou deux évêques maronites. Le patriarche ne pourra s'en servir qu'aux jours prévus. Ceux-ci sont énumérés par Innocent III dans sa bulle du 4 janvier 1215. — La remise rituelle du pallium à Eliano eut lieu le 12 avril 1580, le procès-verbal en a été publié par Anaïssi, op. cit., n. 42, p. 89.
le 18 septembre, il le confirmait dans sa dignité patriarcale et le dispensait des visites ad limina, lui demandant simplement d'envoyer un mandataire ou un rapport écrit lorsque cela lui serait possible1; enfin le 6 mai 1580, il annonçait le retour d'Eliano, avec un autre confrère jésuite, Jean-Baptiste Bruno 2.
Le cardinal Caraffa ne manqua pas, en effet, de donner de nouvelles instructions, en dix-neuf articles, datées du 7 mai 3, aux légats de 1580 et y prévit cette fois explicitement la réunion d'un concile :
4. Les légats « mettront aussitôt en ordre les choses qui seront à traiter au synode provincial, qu'on s'occupera de tenir le plus vite possible, en sorte qu'il y ait ensuite le temps de veiller à son exécution... ».
12. Les légats réconcilieront les évêques réfractaires avec le patriarche.
17. Ils verront comment le pallium sera conféré au patriarche et indiqueront à celui-ci l'usage qu'il peut en faire.
Le cardinal précise aussi comment seront distribués les livres, ornements et vases sacrés, et autres aumônes du Saint Père.
Les légats arrivèrent à Qannoubin le 9 juillet; les générosités pontificales créèrent une atmosphère d'euphorie, dont ils profitèrent pour obtenir des évêques la convocation du concile le 15 août, à Qannoubin, et pour leur soumettre le texte des résolutions à adopter. Celui-ci avait été rédigé par Bruno et traduit en arabe par Eliano; le nouveau rédacteur s'était fort écarté des constitutions de 1579.
Le 15 août 1580, le patriarche Michel Risi célébra la messe en présence d'un grand nombre d'ecclésiastiques et de fidèles. Ensuite Eliano récita les prières d'ouverture d'un concile provincial et prononça l'allocution d'usage. Tous les assistants firent alors la profession de foi, selon la formule prescrite par Pie IV dans la bulle du 13 novembre 1564, avec quelques développements concernant les points sur lesquels la croyance des Maronites paraissait moins certaine 4. Puis l'archevêque Serge Risi, frère du patriarche, imposa à celui-ci le pallium au nom du pape, pendant que retentissaient les acclamations de la foule.
Les légats soumirent d'abord au concile un catéchisme composé
1. Jbid., n. 37, p. 77, d'après l'append., n. ix des éditions latines du concile du Mont-Liban de 1736.