‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 155 sur 1172 · Les mêmes qu'en 1751, selon Qarout · texte numérisé non relu

Les mêmes qu'en 1751, selon Qarout

7. Né à Damas en 1733, devenu moine à Saint-Sauveur, sous le nom d'Ignace, âgé à peine de 26 ans (cf. P. Bacel, Une période troublée de l'histoire de l'Église melkite : V élection anticanonique d' Athanase V Jauhar, dans Échos d'Orient, t. xiv, 1911, p. 340-351. La même année paraissait le t. xlvi de Mansi qui apporta des documents nouveaux inconnus de Bacel; cf. également C. Levenq, art. Athanase IV d'Antioche, dans Dict. d'hist. et de géogr. ecclés., t. iv, Paris, 1930, col. 1374- 1376).

8. Elle fut rédigée par Athanase Dahan, évêque de Beyrouth, et portée par un prêtre aux autres évêques (trad. italienne, avec la date du 14 avril, vieux style, dans Mansi, loc. cit., col. 467-468). Cette convention est signée par sept évêques, à savoir ceux que nous avons cités à propos du concile de 1756, sauf Eutime Maalouli, qui résidait à ce moment auprès du patriarche. Par contre,

De son côté, Cyrille VI, afin de se créer un partisan, ordonnait évêque de Panéas le prêtre veuf Marc Sallal, qui prit le nom de Maxime.

Par circulaire du 9 juin, Cyrille convoquait les évêques auprès de lui afin de venir s'occuper de son abdication et de sa succession. Devant les difficultés qui allaient surgir, les évêques hésitèrent à venir et le patriarche dut envoyer, le 21 juillet, une nouvelle convocation * pour le 26 du même mois. Cette fois, tous les évêques vinrent en personne 2 ou envoyèrent un procureur 3. Dès le début des discussions, Athanase Dahan, aidé par son confrère chouérite, l'évêque de Baalbek, Basile Bitar, et par le supérieur général des Chouérites, Ignace Jarbou 4, représentant l'évêque Maxime Hakim, fit valoir que l'abdication du patriarche devait être acceptée par Rome, à quoi Cyrille VI répondit que seule la confirmation d'un patriarche revenait au Saint-Siège, mais que l'abdication comme l'élection relevaient uniquement des évêques melkites. Le lendemain, le prêtre Jean Ajeimi défendit la thèse du patriarche, mais son confrère Joseph Papilla lui donna aussitôt la réplique au nom des opposants. Ceux-ci quittèrent alors l'assemblée, déclarant en appeler au pape; ils furent bientôt suivis par Basile Jelgaf, évêque de Sidon. Le 30 juillet, les évêques et délégués restants acceptèrent l'abdication de Cyrille VI 5 puis, se rendant à la chapelle dédiée à saint Georges de la résidence patriarcale, ils élurent Ignace Jouahar comme patriarche 6. Le 31 juillet, Ignace fut ordonné évêque et patriarche

Macaire Ajeimi signa la convention. Ignace, le vieil évêque d'Homs, élevé à cette dignité par Athanase III Dabbas, mais reconnu par le Saint-Siège, se trouvait à Alep et ne fut pas atteint. Michel Arraj, supérieur général des Salvatoriens. signa également la pièce.

1. Datée du 10 juillet, vieux style (trad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469- 470).

2. Athanase Dahan, Basile Bitar, chouérites; Eutime Maalouli, Clément Tabib, Basile Jelgaf, salvatoriens; Ignace, d'Homs, et Maxime Sallal, de Panéas.

3. Maxima Hakim, chouérite; André Fakhoury et Macaire Ajeimi, tous deux salvatoriens.

4. Cf. sur ce personnage, P. Bacel, Ignace Jarbou, supérieur général des Chouérites (1756-1761), dans Échos d'Orient, t. xn, 1909, p. 286-291.

5. L'acte d'abdication est signé par Cyrille lui-même, les quatre évêques et lus deux délégués restants, deux prêtres se présentant comme procureurs du clergé de Damas, et Joseph Ajeimi. Il est daté du 19 juill. 1759, vieux style (trad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469-470).

6. L'acte d'élection est également daté du 19 juill. 1759, vieux style (trad. italienne dans Mansi, loc. cit., col. 469-472). L'acte est signé par les quatre évêques, Cyrille lui-même, les deux délégués épiscopaux, les deux prêtres de Damas. Cyrille a donc pris part lui-même à l'élection de son petit-neveu. — Le 12 sept., les sept évêques électeurs signèrent en personne une lettre au Saint-Siège demandant la confirmation de l'élection (ibid., col. 471-472) ; le 11 oct., Cyrille envoyait un mémoire détaillé à la Congr. de la Propagande (ibid., col. 471-480).

sous le nom d'Athanase dans l'église du couvent de Saint-Sauveur. Il exerça aussitôt des représailles contre ses adversaires, notamment contre l'évêque de Baalbek, allant jusqu'à lui enlever une paroisse pour la donner à l'évêque d'Homs, un de ses électeurs.

Cyrille VI mourut le 10 janvier 1760. Le 20 juillet, une commission particulière de la Congr. de la Propagande décidait *, après avoir entendu les procureurs des deux parties, que l'élection de Jouahar était nulle et elle proposait au Saint Père de nommer, en vertu du droit de dévolution 2, Maxime Hakim, chouérite, comme patriarche. Le préfet de la Propagande désignerait un délégué qui convoquerait un concile des évoques melkites et ferait adopter un certain nombre de décisions. Le choix tomba sur un religieux dominicain italien, Dominique Lanza ou de Lanceis, résidant alors à Mossoul. Clément XIII, par une série de lettres apostoliques datée du 1er août, promulgua ces différentes mesures 3.

Une instruction de la Propagande signifiait le 9 août, à Lanza, des questions à soumettre au concile des évêques 4 :

1. Restitution à Clément Tabib (qui avait abandonné Jouahar après l'avoir élu) du diocèse de Saint-Jean-d'Acre et à l'évêque de Baalbek de la paroisse à lui enlevée.

2. Interdiction au patriarche de s'approprier quelque chose de l'héritage des évêques défunts. Cette interdiction s'inspirerait du can. 35 in Trullo, sans toutefois mentionner expressément ce concile, puisqu'il n'avait jamais été approuvé par le Saint-Siège.

3. Déterminer d'une façon stable le nombre des évêques et des diocèses melkites 5.

4. Préciser les droits du patriarche en ce qui concerne la convocation des conciles et la punition des évêques 6.

L'instruction laissait à Lanza le soin de voir s'il y aurait lieu de soumettre au concile la question de la résidence patriarcale et aban-

1. Ibid., col. 479-496. Cl'. P. Bacel, L'Église melkite au XVIIIe siècle : l'intrusion de Jauhar, dans Échos d'Orient, t. xv, 1912, p. 49-60. Cet article ne tient encore aucun compte des documents publiés dans le t. xlvi de Mansi, daté de

2. Benoît XIV avait nommé de la sorte un patriarche maronite en 1743.

3. Les diverses lettres sont publiées dans : de Martinis, Jus pontificium, t. iv, p. 49-58; Mansi, loc. cit., col. 485-508.

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