Mansi, loc. cit., col
4. Texte de tous ces documents pontificaux dans de Martinis, Jus pontificium, t. iv, p. 100-106; Mansi, loc. cit., col. 557-562.
pour recommencer ses agitations. Le 16 février 1765, il se fit réélire comme patriarche par ses partisans 1.
Théodose V riposta en assemblant les siens, en présence du délégué apostolique, Mgr Bossu, au couvent chouérite de Saint- Michel, à Zouq, près de Beyrouth, dans les derniers jours de février 2. Basile Jelgaf, Philippe Qusir, Joseph Safar, le procureur d'Ignace Jarbou, le supérieur général des Chouérites, quelques prêtres séculiers 3 et religieux chouérites vinrent à l'assemblée. Le patriarche et Bossu inclinaient vers des négociations, mais finalement on se borna à envoyer à Jouahar et à ses partisans l'intimation de se soumettre à Théodose V dans les cinq jours. Seul Clément Tabib, qui d'ailleurs n'avait pas pris part à la réélection de Jouahar, répondit en adhérant à Théodose. Aussi, le 6 mars, le patriarche et les évêques décidèrent-ils de frapper les rebelles de peines ecclésiastiques sévères; le délégué apostolique n'assista pas à cette nouvelle réunion, car il avait conseillé à Théodose de laisser à Rome le soin de prendre des mesures, afin qu'elles aient plus de poids. Théodose se ravisa et ne publia pas la sentence, il se borna à envoyer une lettre pastorale pour mettre les fidèles en garde contre les faux bergers. La commission particulière de la Propagande 4, réunie en présence de Clément XIII, le 1er septembre 1765, décida que Jouahar et ses partisans encouraient l'excommunication majeure réservée au Souverain pontife. Clément XIII, par bref du 11 septembre, fulmina cette excommunication 5.
Jouahar se soumit en 1768 et ses partisans suivirent son exemple. Ainsi se termina un conflit qui avait duré dix ans. Il avait empêché une organisation stable de l'Église melkite unie, et élargi le fossé entre moines salvatoriens et chouérites, que tout d'abord on avait espéré voir fusionner.
1. Eutime Maalouli, Maxime Sallal, Gérasime Moubayed, André Fakhoury, et les procureurs de Grégoire Haddad et d'Ignace, d'Homs (cf. P. Bacel, L'Église melkite au XVIIIe siècle : nouvelles intrigues de Jauhar, dans Échos d'Orient, t. xv, 1912, p. 226-233).
2. La date exacte n'est pas connue. On n'a sur cette assemblée que les renseignements fournis dans le Bistrelto de la réunion de la commission de la Propagande du 1er sept> 1765 (Mansi, loc. cit., col. 569-570).