‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 306 sur 1172 · Cf. concile de 1736, II, v · texte numérisé non relu

Cf. concile de 1736, II, v

V Le concile renvoie à celui de 1736 (cf. III, iv, 34; II, xm, 13; 111, v, 3).

Y Le premier adressera en décembre 1770 une lettre de plaintes au pape et le second sera à la tête d'une autre initiative du même genre en septembre 1771

1 I les réponses de Clément XIV dans Anaïssi, Bullarium..., n. 170-172, p. 406-

demande qu'ils soient imprimés, en même temps et à la suite de ceux du Mont-Liban, en arabe et en latin.

Un chapitre général des moines libanais et alépins fut tenu du 4 au 8 décembre 1768 au couvent des Franciscains à Harissa en présence du patriarche et du P. Louis de Bastia. Ceux-ci, après avoir entendu les partis en présence, arrêtèrent les termes d'une séparation définitive en deux congrégations, qui fut adoptée par les autorités monastiques 1.

En 1769, la Congr. de la Propagande tint plusieurs réunions au sujet du concile de Ghosta. Elle commença, le 24 juillet, par écarter la demande de lier le sort de ce concile à celui de l'assemblée de 1736. Et, dans la réunion générale du 24 septembre, elle décida qu'une instruction spéciale fixerait son point de vue au sujet du concile de Ghosta.

Cette instruction parut le 11 décembre 1769 2. D'une façon générale, elle loue l'activité du concile, mais elle lui reproche les censures trop sévères qui sanctionnent différents canons. Elle désapprouve en particulier différentes décisions de la troisième session 3 : elle considère la nomination d'examinateurs des ordinands pour tout le patriarcat comme difficilement réalisable et n'admet pas que le nombre de jours de retraite soit réduit de huit à quatre; elle reproche au concile de ne pas exclure les veufs remariés et les maris de veuves dès le diaconat; elle estime que l'interdiction à une Maronite d'épouser un non-Maronite restreint la liberté du mariage et que les peines frappant ceux qui influencent des unions ne peuvent être encourues que dans la mesure où la jeune fille ne consent réellement pas 4.

Le 19 juillet 1770, Clément XIV approuva la séparation des moines libanais.

Les vingt dernières années du patriarcat d'Estéphan furent marquées par un pénible conflit entre le patriarche et le Saint-Siège, ou

1. Texte latin de l'accord du 8 déc. 1768 dans de Martinis, t. iv, p. 164-167; Anaïssi, Bullarium..., n. 168, p. 399-404. — Le monastère de Loaïsah passa à la congrégation alépine.

2. Archives de la Congr. de la Propagande, Lettere délia S. Congregazione, 1769, n. 214, fol. 340-347.

3. Dans l'instruction, les canons sont numérotés de façon continue, ce qui fait que ceux de cette me session portent les numéros 11 à 16.

4. En ce qui concerne la répartition des diocèses maronites, la Propagande semble n'avoir pas voulu sanctionner l'arrangement provisoire et artificiel de 1768 : elle se borna à déclarer qu'elle intervenait pour confirmer l'élection du patriarche et non celle des évêques.

plus spécialement entre Estéphan et l'ablégat apostolique, le franciscain Pierre Craveri, originaire de Moretta en Piémont 1. Les historiens maronites sont plutôt enclins à mettre beaucoup de torts à la charge de celui-ci 2, les autres à accabler le patriarche 3. Sans doute y eut-il des maladresses de part et d'autre, mais la vérité est plus complexe; le conflit se déroule sur un double plan : l'un immédiat et apparent, l'affaire de la visionnaire Hendiyé dont Estéphan est le protecteur déclaré; l'autre plus vaste, qui existait avant Hendiyé et lui survivra, à savoir l'application des décrets du concile du Mont-Liban.

Devant le nombre sans cesse grandissant des disciples d' Hendiyé et les conflits multiples entre Joseph Estéphan et les évoques de son patriarcat, la S. Congr. de la Propagande envoya au Liban le custode de Terre sainte, le franciscain Valérien di Prato, en qualité d'ablégat apostolique. Celui-ci arriva le 20 juillet 1773; il repartit dès septembre et envoya à Rome un rapport défavorable au patriarche 4. Celui-ci sentait la situation critique. A force d'efforts conciliateurs et de promesses, il put réunir un conciliabule de neuf évêques qui, le 10 septembre 1773, signèrent une déclaration en faveur de leur chef hiérarchique destinée à la S. Congr. de la Propagande 5; trois évêques étaient absents : Michel El-Khazen, Michel Fadel, Raphaël Haqlani — c'étaient des adversaires du patriarche et ils ne furent sans doute même pas convoqués. La réunion n'eut d'ailleurs aucun caractère solennel, et c'est abusivement que le patriarche s'efforcera de la présenter plus tard comme un concile.

En 1774, le patriarche décida d'envoyer à Rome même, pour défendre sa cause, l'évêque Arsène Abdoul-Ahad. Malheureusement celui-ci n'y arriva qu'au mois d'août, alors que la Congr. de la

1. Les principaux documents ont été publiés par P. Abboud Gostaoui, Relazioni délia nazlone Maronita colla Santa Sede nel secolo XVIII, ossia documenti inediti risguardanti la storia di Mons. Giuseppe de Stefanis, palriarca Antiocheno dei Maroniti, e quella délia famosa Musa Hendie A gémi, fondatrice delV Istituto del S. Cuore di Gesu nel Monte Libano, 2 vol., Beyrouth, 1909. Le premier volume donne les documents italiens et latins, le second la traduction de certains de ceux-ci en arabe et quelques autres pièces uniquement dans cette langue. Voici ce qu'écrit G. Karalevsky, Hist. des patriarcats melkites, t. n, p. 345 : « Il est regrettable que cette intéressante publication soit d'abord si mal imprimée et d'une disposition typographique assez défectueuse, mais surtout si incorrecte dans l'édition des textes italiens. Il y a tellement de fautes, et de si grossières, que tout serait à refaire. »

2. Notamment P. Dib, dans l'art. Maronite (Église), du Dict. de tlièol. cath., t. x, ire part., col. 94-96.

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