Anaïssi, Collect. docum., n. 102, p
3. Actes du consistoire dans de Martinis, t. iv, p. 418-419; Anaïssi, Bullarium..., n. 180, p. 431-440.
'». Au patriarche et aux évêques maronites (Anaïssi, Bullarium..., n. 181-182, p. 441-443).
5. Anaïssi, Collect. docum., n. 106, p. 160-166; autre instruction plus résumée, adressée conjointement au patriarche et aux évoques, ibid., n. 107, p. 166-169; lettres annonçant la confirmation de l'élection patriarcale au patriarche, aux évoques, aux seigneurs laïques, ibid., n. 103-105, p. 158-160.
n'était plus qu'un souvenir. Mais — ce qui est plus tragique — El-Gémaïel à son tour avait quitté ce monde le 12 avril, ce qu'on ignorait encore à Rome. Joseph El-Tian avait été élu à sa place le 28 avril 1796, et fut confirmé dans sa dignité au consistoire du 24 juillet 1797 1. Agé à peine de 37 ans, il se trouvait devant une tâche immense; il ne devait pas la mener à bonne fin.
Le 4 mars 1808, El-Tian, fatigué et désirant vivre dans un monastère, réunit les évêques maronites autour de lui, à Qannoubin, et proposa le transfert officiel de la résidence patriarcale au couvent de Mar Challita à Qettara; le décret fut adopté et signé par tous. Néanmoins El-Tian démissionna peu après.
Un décret de la Congr. de la Propagande du 19 novembre 1808 accepta l'abdication de Joseph El-Tian et déclara le siège patriarcal vacant; il fut transmis par le P. Gandolfi, délégué apostolique, à l'épiscopat maronite. Jean El-Hélou, qui portait le titre de Saint- Jean d'Acre, fut élu patriarche le 8 juin 1809. Pie VII étant exilé à Savone confirma l'élection par lettre du 24 janvier 1810, mais la concession du pallium en consistoire eut lieu solennellement, après le retour du pape à Rome, le 19 décembre 1814 2. Jean El-Hélou envoya le moine Joseph Assemani, premier définiteur de la congrégation alépine, pour féliciter le pape de son retour dans la capitale de la chrétienté. A la S. Congr. de la Propagande, Assemani fut sans doute interrogé sur la situation de l'Église maronite en général et de ses monastères en particulier, car, le 12 août 1816, cette Congrégation rendit un double décret demandant une intervention pontificale sur les points suivants : d'une part, la séparation des monastères d'hommes et de femmes et la fixation du régime spirituel et matériel des moniales; d'autre part, le choix définitif d'une résidence stable pour le patriarche et chacun des évêques; ces décisions devant être prises dans les trois mois de la réception du bref pontifical par un concile tenu en présence de Gandolfi, qui venait d'être élevé à la dignité épiscopale 3.
1. Actes du consistoire dans de Martinis, t. iv, p. 420-421 ; Anaïssi, Bullarium..., n. 183, p. 443-451. — La situation d'El-Tian comme évêque était demeurée quelque peu confuse. Aucune mention de siège même simplement titulaire n'est faite à son sujet; néanmoins son cas était moins irrégulier que celui de Jean El- Hélou, puisqu'il avait le titre de vicaire patriarcal.
2. Actes du consistoire et lettres adressées le même jour par le pape au patriarche maronite, dans de Martinis, t. iv, p. 516-520; Anaïssi, Bullarium..., n. 135-137, p. 455-469.
3. Bref du 11 août 1815, publié dans de Martinis, t. iv, p. 531-533.
Le pape confirma les deux décrets le 18 août et publia le bref prévu le 1er novembre. Il se plaint dans celui-ci que le Saint-Siège ait dû envoyer de nombreux délégués apostoliques depuis le solennel concile du Mont-Liban pour obtenir l'application de celui-ci h
Ces documents romains ne font pas mention d'une autre difficulté pendante : un conflit qui opposait Jean El-Hélou à Germain Hawa, évêque maronite d'Alep depuis 1804, le premier ayant été jusqu'à priver de sa juridiction le second, qui était venu porter sa cause à Rome. Un décret de la Congr. de la Propagande, du 22 mars 1817, prononça la pacification générale en supprimant toutes les censures prononcées contre les tenants de l'un ou l'autre parti et en rétablissant Hawa dans ses droits. En conséquence, celui-ci adressa de Rome, le 25 avril 1817, une lettre à ses diocésains annonçant son retour 2.
Il est probable qu'Assemani partit peu après, muni de tous les documents que nous avons indiqués 3; à son retour au Liban, des négociations assez laborieuses entre Mgr Gandolfi, le patriarche et les évêques firent passer le délai prévu de trois mois; ce n'est que le 13 avril 1818 qu'eut lieu l'ouverture du concile 4 exigé par Rome, au monastère de Notre-Dame de Loaïsah, où avait déjà eu lieu la solennelle assemblée de 1736. Outre le patriarche et les délégués, y assistèrent trois évêques de la famille El-Khazen : Ignace, de Tripoli; Etienne, de Damas; Antoine, de Baalbek; — Michel Fadel, de Beyrouth; Abdallah Blaibel, de Chypre; Germain Tabet, de Gebail et Batroun; Simon Zuain, de Tyr; Etienne El-Douaïhi, d'Arca; Joseph Estéphan, de Cyr; Jean Maron, d'Apamée. Le siège d'Alep n'était pas représenté; la persécution contre les catholiques battait d'ailleurs son plein dans cette ville.
Les prélats s'assemblèrent dans l'église du monastère; après une prière au Saint-Esprit, les canons suivants furent adoptés.
1. Profession de foi et adhésion aux décrets d'août 1816 et au bref pontifical du 1er novembre suivant.
2. Sept couvents sont nommément indiqués pour les moniales, six pour les moines. Cinq maisons de retraite sont assignées aux
I. Texte des deux décrets et du bref dans de Martiuis, I. iv, p. 548-550; Anaïssi, Bullarium..., n. 188, p. 470-474.
:'.. Texte du décret du 22 mars 1817 et de la lettre du 25 avril dans de Martinis, t. iv, p. 580-581; Anaïssi, Bullarium ..., n. 191, p. 477-480, et Collcct. donim., n. 111, i». 171-173.
8. Il était en tout cas encore à Rome le 15 février, date des lettres adressées par l'ic VII à l'émir Bachir II Chihab et à un autre notable maronite et publiées par Anaïssi, Bullarium..., n. 189-190, p. 475-476.
4. Trad. italienne des actes aux archives de la S. Congr. de la Propagande, Soin. orig. rif. nelle Congr. gen., vol. cmxx, fol. 93-98; publ. infra, Appendice.
dévotes qui mènent la vie commune sans être affiliées à une congrégation monastique masculine. Les monastères de Saint-Georges à Roumijah et de Saint- Jean à Zacrit sont destinés à devenir des établissements d'enseignement.
3. Les moines doivent observer les décrets du concile du Mont- Liban, les moniales suivre la règle qui a été rédigée par Abdallah Carali, évêque de Beyrouth (fl742) x, à l'exception du lever de nuit pour l'office. Un règlement pour les dévotes sera élaboré ultérieurement.
4. Il n'y aura pas de supérieur masculin pour les couvents de moniales; celles-ci dépendront de l'Ordinaire du lieu qui déléguera un procureur pour l'administration des biens temporels conjointement avec la supérieure et l'économe 2.
5. Ces dernières géreront les biens; le procureur aura un pouvoir de contrôle, spécialement sur les comptes annuels.
6. L'élection de la supérieure et des autres dignitaires aura lieu tous les trois ans 3.
7. Le confesseur des religieuses sera distinct du procureur temporel.
8. Un confesseur et un procureur seront désignés pour le monastère de Saint-Jean-Baptiste de Harache 4.
9. Aucun homme ne pourra prendre l'habit monastique dans un couvent de femmes, ni y habiter (sauf le procureur et le confesseur) 5, ni y pénétrer (sauf dans des cas d'urgence).
10. Comme les moniales ne connaissent pas suffisamment le syriaque, elles sont dispensées du grand office de jour et de nuit; elles ne peuvent y suppléer en le faisant réciter par des prêtres ou des moines en leur église, mais elles diront le petit office de la Vierge ou le chapelet.
11. On n'exigera pas de contribution en argent ou en nature pour l'entrée en religion de celles qui sont pauvres.
12. Seuls les moines vivant avec les évêques ou dans les collèges peuvent manger de la viande.
13. Les propriétaires de monastères qui auront un recours à faire
1. Originairement pour le monastère de S. -Jean-Baptiste de Harache.
2. Les can. 4 et 5 se réfèrent au concile de 1736, IV, m, 3-4.