‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 326 sur 1172 · Ibid., III, iv · texte numérisé non relu

Ibid., III, iv

lui l. Si un moine, refusé par un évêque, change d'une façon stable de monastère, après six mois de nouvelle résidence il pourra se présenter à son nouvel évêque 2.

5. Les moines ne peuvent entendre la confession des séculiers, même dans leurs églises, sans avoir reçu les pouvoirs de l'Ordinaire. En cas de refus, ils peuvent en appeler au patriarche; si celui-ci juge que l'évêque maintient sans raison son attitude, il accordera les pouvoirs.

6. Aucune érection de monastère commun à des moines et moniales ne sera plus permise.

7. Les vicaires patriarcaux ne seront privés de leur charge qu'avec le consentement de la majorité des évêques et seulement pour des manquements graves; un nouveau patriarche devra garder les vicaires de son prédécesseur, à moins de leur donner une pension suffisante ou de les faire nommer régulièrement à un siège vacant.

Le concile s'occupa à nouveau de la résidence patriarcale. Il fut décidé qu'elle serait fixée à Békorki, à la double condition suivante : le patriarche y demeurera de façon stable, ou, s'il s'éloigne pour quelque temps, il y laissera ses vicaires; il prendra à sa charge la pension de l'évêque Germain Diab et des anciennes religieuses. Le concile demanda au pape de sanctionner cette décision, allant à l'encontre de celle de 1736, spécifiquement approuvée par lui.

Une fois de plus, il fut constaté que les écrits d'Hendiyé et les titres de propriété de Békorki ne pouvaient être retrouvés.

La xe session, le 14 décembre, promulgua un nouveau canon concernant l'usure; les aliments et les vêtements devaient êtriè vendus à crédit, sans augmentation de prix.

La xie session, le 15, adopta trois prescriptions.

1. Chaque prêtre doit enseigner tous les dimanches la doctrine chrétienne ou la faire enseigner par d'autres dans son église 3.

2. Est coupable de sacrilège le prêtre qui accepte des intentions de messe et les transmet à d'autres en gardant une partie de l'honoraire ou en exigeant un plus grand nombre de messes à dire.

3. Lorsque quelqu'un a le droit de présenter un candidat à un bénéfice ecclésiastique, l'évêque examinera si le candidat a les qualités voulues et, s'il le rejette à juste titre, il pourra faire lui-

1. Ceci va à l'encontre de ce qu'avait décidé le concile de 1756, can. 8. — Le concile de 1790 renvoie à celui de 1736 (II, xiv, 10), où cependant les droits du patriarche sont sauvegardés.

2. Cette règle, d'origine occidentale, semble avoir été proposée par Germain Adam.

même la nomination cette fois-là. Quant à celui qui a fondé un monastère, il peut présenter l'abbé à la nomination de l'évêque la première fois, mais n'a plus aucun droit après l.

A la xne et dernière session, le 16 décembre, le concile s'occupa des procureurs que le patriarche peut nommer dans chaque diocèse pour percevoir les subsides qui lui sont dus, pour transmettre les dispenses, etc. Ces procureurs ne pourront être qu'un ou deux par diocèse; ils dépendront directement du patriarche et par conséquent n'occuperont aucune charge d'âmes qui les mette sous la dépendance de l'évêque; ils ne se mêleront pas des affaires du diocèse.

Les actes du concile furent signés le 18 décembre et envoyés à Rome. La Congr. de la Propagande, dans sa réunion du 11 juin 1793, ne les approuva, ni ne les désapprouva globalement, mais elle confirma les décisions de toutes les sessions, sauf celles de la vne : elle exigeait l'application stricte du concile du Mont-Libanau sujet des monastères doubles.

Le 22 avril 1793, .Jean Estéphan était mort. Son successeur, Michel Fadel, élu le 10 septembre suivant, décéda le 17 mai 1795 et fut remplacé le 13 juin par Philippe El-Gémaïel, évêque de Chypre. Ces circonstances retardèrent la publication du décret du 11 juin. Philippe El-Gémaïel envoya à Rome le P. Arsène Qardachi muni d'un exposé des questions qu'il soumettait à la Propagande 2; le P. Qardachi assista au consistoire du 27 juin 1796 3, où fut confirmée l'élection d'El-Gémaïel, et y reçut le pallium au nom de celui-ci; il repartit muni de diverses lettres de Pie VI, en date du 6 juillet 4, el de la Congr. de la Propagande, en date du 9 juillet, notamment une longue instruction de la Congrégation au patriarche 5 : plutôt que de publier sa décision du 11 juin 1793, elle en reprenait les principales dispositions, en même temps qu'elle répondait aux questions posées par El-Gémaïel. De la lecture de ce document, il ressort que l'application des décrets essentiels du concile de 1736 n'avait pas beaucoup avancé depuis soixante ans. Le synode de Békorki lui-même

1. Ce canon se réfère au concile de 1736 (cf. IV, i, 18, où la dévolution de la nomination au cas de rejet du candidat n'est cependant pas indiquée, et IV, n,4).

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