‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 386 sur 1172 · V. — La condamnation du concile par le Saint-Siège · texte numérisé non relu

V. — La condamnation du concile par le Saint-Siège

Germain Adam mourut en octobre 1809. Ses théories comptaient, parmi les douze prêtres d'Alep qui devaient élire son successeur, cinq adversaires tenaces. Ceux-ci s'adressèrent au délégué du Saint- Siège, le P. Louis Gandolfi, pour obtenir que l'élection soit remise jusqu'à ce que Rome se soit prononcé sur les doctrines d'Adam. Gandolfi fit connaître ce recours au patriarche Agapios II, mais celui-ci passa outre et convoqua le collège électoral à Alep, au début d'août 1810 : les cinq opposants firent défaut; les sept autres prêtres élurent comme évêque, par six voix contre une, le plus ardent défenseur des théories d'Adam et du concile de Qarqafé, Michel Mazloum. Celui-ci se rendit aussitôt auprès du patriarche, fut ordonné évêque le 18 août et prit le nom de Maxime.

Les cinq opposants et quelques notables laïques renouvelèrent leur appel à Rome, de même qu'ils demandèrent la condamnation du concile de Qarqafé dont les actes venaient de paraître. Pie VII était en exil, la Congr. de la Propagande était gérée par un propréfet, Mgr Jean Quarantotti, qui, le 30 mars 1811, suspendit Mazloum de sa juridiction épiscopale 1. La Curie romaine étant complètement réinstallée à Rome, la Congr. de la Propagande, en sa réunion du 24 juillet 1815, écarta définitivement Mazloum de l'évêché d'Alep et le ramena au rang d'évêque titulaire; en même temps, elle décidait qu'une traduction italienne serait faite du concile de Qarqafé 2. Mais l'arriéré des affaires en cours laissa ce projet quelque temps dans l'oubli. Ce n'est qu'en 1831 que le Saint-Siège fit faire une traduction latine de l'édition arabe, par le prêtre Etienne Hobaïch, procureur des Maronites à Rome 3. Cette traduction, pas trop rigoureuse, n'en fut pas moins authentiquée par Mazloum, alors en résidence à Rome. Le texte fut remis à l'examen de plusieurs théologiens.

L'élection de Mazloum comme patriarche melkite, le 5 avril 1833, donna un regain d'actualité au concile de Qarqafé. Mazloum adressa une lettre au Saint-Siège, dans laquelle il déclarait avoir toujours rejeté les doctrines de Germain Adam. Mais la S. Congr. de la Propagande, dans sa réponse du 16 novembre, exigea une déclaration analogue au sujet du concile de Qarqafé 4. Mazloum fit savoir, au début de 1834, qu'il avait toujours cru que les décisions de ce concile

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