‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 494 sur 1172 · L'affinité n'engendre pas l'affinité · texte numérisé non relu

L'affinité n'engendre pas l'affinité

5. L'usage du calendrier grégorien, suivi par la curie patriarcale au Liban, sera généralisé dans la mesure du possible.

Ces cinq décisions furent exposées avec leurs motifs justificatifs dans une longue lettre à Pie IX, datée du 15 novembre 1851 et signée par le patriarche et les évêques qui avaient assisté au concile 3; les canons conciliaires aussi bien que les décisions additionnelles sont soumis à l'approbation pontificale.

Il semble que le patriarche et les évêques aient craint pour ces décisions des réactions défavorables de la part du Saint-Siège, qui affirmait constamment sa volonté de ne rien laisser changer au rite, ou n'aurait été enclin à le faire que pour toutes les obédiences arméniennes à la fois, et non pour l'unique patriarcat de Cilicie. Par contre, le patriarche espérait bien obtenir l'approbation pontificale pour les canons proprement dits, grâce au concile maronite de 1736, derrière lequel il s'abritait. D'où l'adroite disjonction entre ces canons et les décisions additionnelles 4.

Les actes du concile de Bzommar semblent avoir mis un certain temps à parvenir à Rome et à y être traduits, car c'est seulement le 1er janvier 1855 que Pie IX répondit aux prélats arméniens 5, disant que les documents étaient soumis à l'examen de la Propagande; le 8 mai 1857, cette Congrégation transmit la traduction à un de ses consulteurs, le dominicain Hyacinthe Ferrari. Celui-ci signa le 4 juin suivant son votum 6, rédigé, sernble-t-il, assez hâtivement. 11 remarque la parenté entre le concile du Mont-Liban de 1736 et celui de Bzommar de 1851 , mais il ne semble pas avoir poussé

1. Il y a en outre la semaine qui précède la îête de S. Grégoire l'illumhialeur et celle qui précède l'Assomption; il n'est pas lait mention des autres semaines d'abstinence mensuelle (cf. la Ire partie de ce volume, p. 112, note 3).

2. Le principe opposé avait été reçu au Moyen Age dans un grand nombre d'Églises orientales et avait accru ainsi le nombre des cas d'empêchement de mariage. Mais, aux diverses époques de son union avec Rome, l'Eglise arménienne de Cilicie lui avait toujours été hostile (cf. J. Dauvillier-C. de Clercq, Le mariage en droit canonique oriental, Paris, 1936, p. 144-145).

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