II. — Conférence épiscopale à Rome en
Comme elle l'avait fait du temps de Mazloum chez les Melkites, la Propagande décida, en 1859, du vivant même de Grégoire Pierre VIII, que les évêques ne pourraient passer à l'élection de son successeur sans l'assentiment préalable de Rome. Le patriarche mourut le 9 janvier 1866. Le 14 janvier, Joseph Valerga, patriarche latin de Jérusalem, prodélégué apostolique de Syrie depuis 1858, intima cet ordre aux évêques et installa, au nom du Saint-Siège, Melchior Nazarian, évêque de Mardin depuis 1864, comme vicaire patriarcal. Il eut ainsi le temps de préparer les esprits, en faisant valoir les avantages qu'il y aurait à transférer le siège patriarcal à Constantinople, où devait résider le chef civil des Arméniens catholiques, dignitaire qui, par bonheur, était de nouveau l'archevêque même de la ville, Antoine Hassun 1. Il indiquait ainsi clairement que celui-ci était le candidat du Saint-Siège. Puis il convoqua le synode électoral à Bzommar pour le mois de septembre et vint le présider lui-même. Il ne reconnut pas le droit de participer au vote aux deux membres du chapitre des chanoines de Bzommar, ni celui d'être élus à des candidats non évêques, prétextant que les décisions de Bzommar 2 n'avaient pas été approuvées par le Saint-Siège. Un décret de la Congr. de la Propagande du 20 août 1866 suspendait d'ailleurs l'existence du chapitre. Les évêques présents eurent seuls le droit de vote. C'étaient : Melchior Nazarian, vicaire patriarcal; Pierre Apelian, Jean Hadjian, Ignace Kalipgian, qui avaient pris part au concile de 1851; Jacques Bahdiarian, de Diarbékir; Léonce Korkoruni, de Malatia; Grégoire Balitian, d'Alep, évêque depuis 1861; Basile
1. Antoine Hassun fut nommé chef civil par le sultan en 1845 et unit ainsi, en 1846, en une même personne, la juridiction religieuse et les fonctions civiles. Mais il dut abandonner ces dernières par suite de diverses difficultés, pour les reprendre de nouveau en 1861.