‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 51 sur 1172 · MI8E SOUS TUTELLE DE L'ÉGLISE MALABARE · texte numérisé non relu

MI8E SOUS TUTELLE DE L'ÉGLISE MALABARE

L'établissement définitif du christianisme au Malabar, à la pointe sud de l'Inde, a été un des fruits de l'expansion missionnaire de l'Église nestorienne, mais si les Chaldéens sont sémites, les Malabares sont indo-européens h

Les Malabares, qui s'appelaient chrétiens de S. Thomas, parce qu'ils prétendaient avoir été évangélisés par cet apôtre, recevaient depuis plusieurs siècles leurs évêques du patriarche chaldéen, lorsque l'arrivée des Portugais amena l'établissement d'un évêque latin à Goa, en 1539, siège qui devint métropolitain en 1558.

Vers le même moment, les patriarches chaldéens, passés à l'Unité, s'efforçaient d'entraîner dans le mouvement les Malabares 2. Abdicho, successeur du patriarche Jean Sulaqa, leur envoya le frère de celui-ci, Mar Joseph, comme évêque, vers 1556. Mais Joseph rencontra les pires difficultés de la part de la hiérarchie latine et fut envoyé de force à Lisbonne. Abdicho députa alors comme évêque au Malabar Mar Abraham. Au retour de Mar Joseph dans le pays, le pape Pie IV décida, en février 1565, que les deux évêques se partageraient le territoire; il assignait Angamalé comme ville épiscopale à Mar Abraham, qui était venu personnellement faire profession de foi à Rome y. *

1. Cli l'article de S. É. le cardinal B. Tisserant, Syro-Malabare (Eglise), dans Dict. de théol. cath., t. xiv, IIe part,, Paris, 1941, col. 3089-3162, et la bibliographie y indiquée.

2. De nombreux documents concernant les relations entre les Chaldéens, les Malabares et le Saint-Siège ont été publiés dans S. Giamil, Genuime relationes inter S. Sedem apostolicam et Assyriorum orientalium seu Chaldœorum Ecclesiam, Rome, 1902 (tiré à part de Bessarione, 1897-1903). — D'autres documents du xvie s. et du début du xvne s. ont été publiés par G. Beltrami, La Chi.esa Caldea nrl secolo delV Unione, dans Orientalia christiana, t. xxix, 1933, p. 1-283.

3. Cf. les lettres du pape au patriarche Abdicho, à l'archevêque latin de Goa et à l'évêque latin de Cochin, dans S. Giamil, op. cit., n. 12-14 (Bessarione, I«sér.,t. iv, 1899, p. 139-143).

l.l\ RE J, CHAPITRE II

En 1569, Mar Abraham fui de nouveau le seul évêque1. Il était assisté par l'archidiacre Georges du Christ. Afin d'éviter de nouvelles difficultés, Grégoire XIII, par bref du 3 janvier 1579, décida que, en cas de décès de Mar Abraham, Georges du Christ gouvernerait le dioeèse jusqu'à ce que le Saint-Siège eût nommé un successeur 2.

Les chrétiens du Malabar formaient une caste à part : ils n'appartenaient pas aux basses classes des intouchables, mais avaient les privilèges des nobles ou Nairs, sans faire cependant à proprement parler partie de ces groupes païens. On était donc chrétien par naissance et quelquefois on ne se préoccupait pas de donner le baptême, ce qui n'empêchait pas le non-baptisé d'assister aux offices et de se présenter aux autres sacrements. La piété consistait surtout à prendre part aux nombreuses fêtes données en l'honneur du patron de chaque église. Pour le reste, il n'y avait aucune régularité dans la pratique religieuse.

Le clergé se composait de deux classes : les chamazes2, qui avaient reçu tous les ordres mineurs en un jour, et les cassanares 4 :, qui avaient en outre obtenu le diaconat et la prêtrise, ces deux ordres simultanément aussi. Le clergé vivait des offrandes des fidèles données à l'occasion de l'administration des sacrements. Les églises fort fréquentées et où avaient lieu de nombreuses fêtes patronales comptaient de multiples prêtres et clercs; les autres églises n'en avaient souvent point. La langue liturgique était le syriaque, la langue parlée le malayalam.

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