Cf. Vosté, loc. cit., p
une liste de candidats, non seulement pour le siège de Diarbékir, mais aussi pour celui de Mardin, vacant depuis juillet 1868 1. Pie IX fut étonné de tant de docilité et agit avec célérité ; il nomma les deux nouveaux évêques le 22 mars 1869 2; le 31 août suivant, il promulgua pour le patriarcat chaldéen la Constitution Cum ecclesiastica disciplina 3, analogue à la bulle Rêver surus. A la fin de l'année, Audo arriva à Rome, avec sept évêques, pour participer au concile du Vatican. Il subit immédiatement l'influence des prélats des autres rites orientaux hostiles à la bulle Reversurus et de la minorité opposée à la proclamation de l'infaillibilité pontificale. Après diverses tergiversations, il refusa d'ordonner les deux évêques nommés par le Saint-Siège 4 et d'accepter la Constitution du 31 août 1869. Pie IX convoqua Audo devant lui le 29 février 1870 et le mit en demeure de démissionner ou de sacrer les deux évêques dès le lendemain. Audo se soumit et accomplit la cérémonie. Mais il n'accepta la définition de l'infaillibilité que le 29 juillet 1872 5 et continua à protester contre la Constitution Cum ecclesiastica disciplina.
Pour bien le montrer, Audo, de son propre chef, ordonna évêques, le 24 mai 1874, Mathieu Chamina pour Amadia, à la place de Kayyath qui avait pris l'administration du siège de Diarbékir, et Pierre Abul-Yonan pour Gesirah; en outre, il envoya Élie Mellus au Malabar 6. Comme Rokos en 1860, Mellus fut excommunié et Pie IX protesta énergiquement auprès du patriarche, par bref du 1er août 1874 7. Audo répondit le 20 février suivant, en expliquant les motifs de sa résistance 8 et, le 25 juillet, il ordonna encore Cyriaque Goga pour le siège de Zakho et Philippe Ouraha pour le déléguer au Malabar. Pie IX envoya un nouveau bref le 15 septembre 9 Audo s'efforça une fois de plus de se justifier le 19 mars 1876. Pie I!
1. Par la mort d'Ignace Dachto (cf. Ponenze de 1869-1870, n. 2 et 6).
2. Texte des brefs dans de Martinis, t. vi, fasc. 2, p. 25-29.