De Gouvea, op. cit., 1. I, c. xiv, fol. 44, r° et 46, v
5. Ces conditions étaient au nombre de dix : abjurer les erreurs de Nestorius et de ses disciples; admettre une Eglise universelle et non des Églises particulières de S. Pierre (les Latins) et de S. Thomas (les Malabares) ; faire la profession de foi demandée depuis longtemps; remettre tous les livres syriaques pour qu'ils soient corrigés ou brûlés; obéir au pape; anathématiser le patriarche de Babylone; ne recevoir d'autre évêque que celui envoyé par le Saint-Siège; se soumettre au métropolitain; assembler le synode; accompagner le métropolitain dans sa tournée chez les Malabares (de Gouvea, op. cit., 1. I, c. xvi, fol. 52, v°- 53, r°).
nombre de partisans solides dans la ville. La date du synode fut fixée au 20 juin 1, troisième dimanche après la Pentecôte.
Le 14 mai, Menezes publia le décret de convocation du synode 2, adressé à l'archidiacre 3, au clergé et aux fidèles de l'évêché des chrétiens de S. Thomas habitant les montagnes 4 dans les royaumes du Malabar. Il déclare agir en vertu des bulles de Clément VIII, en tant que métropolitain des Indes et primat des régions orientales. Il convoque au synode l'archidiacre, tous les prêtres et quatre laïques délégués par chaque ville ou village. La présence de ces derniers se justifiait par l'usage de l'Église malabare et s'expliquait par le fait que l'autorité ecclésiastique légiférait et jugeait même en matière purement civile 5. Menezes demandait de soumettre au synode les litiges et toutes questions contentieuses tant d'ordre spirituel que temporel.
De Vaïpicota Menezes partit pour Cranganor où il se mit à rédiger les canons du futur synode. Il les composa seul en portugais, d'après
1. C'est par erreur que de Gouvea (loc. cit., fol. 56, v°) et les ouvrages qui en dépendent donnent la date du 20 juillet.
2. Il figure en tête des actes du synode. Ceux-ci ont été publiés, en portugais, par le même imprimeur, Diego Gomez, et en la même année que la Iorriada, sous le titre : Synodo diocesano da Igreja e bispado de Angamale dos antigos christaos de Sam Thome das Serras do Malavar das partes da India oriental, celebrado pello Reverendissimo Senhor dom Frey Aleixo de Menezes... no terceyro Domingo depois de Pentecoste aos 20 dias do mes de lunho da era de 1599. Na igreja de todos os Santos, no lugar, e Reyno do Diamper..., Coïmbre, 1606. Ces actes comprennent in fine, en pagination séparée, la traduction latine de la messe malabare selon le texte arrêté au synode. — J.-F. Raulin, Historia Ecclesise Malabaricse, donne un résumé latin de la Iornada (p. 1-58) ; une traduction latine des actes synodaux, enrichie de notes (p. 59-282) ; le texte de la messe malabare, avec des notes (p. 283-334); des dissertations et un index (p. 335-529). La traduction des actes et les notes de Raulin ont été reproduites dans Mansi, t. xxxv, col. 1161- 1368; le texte portugais, dans Bullarium patronatus Portugallise regum, appendix, t. i, Lisbonne, 1872, p. 147-368. On trouve des renseignements sur le synode et ses préliminaires dans D. Ferroli, The jesuits in Malabar, t. i, Bangalore city,
3. D'après de Gouvea (op. cit., 1. I, c. xvn, fol. 56, v°), les lettres de convocation au synode étaient signées conjointement par l'archevêque et l'archidiacre. Il s'agit peut-être d'un autre texte que celui que nous avons en tête des actes synodaux.
4. On les désignait souvent tout simplement en portugais du nom de chrétiens de la Serra, nom qui a passé comme tel dans plusieurs ouvrages français.
5. En Orient les tribunaux ecclésiastiques avaient peu à peu étendu leur compétence sur les litiges, même profanes, entre chrétiens. Cet état de choses fut spécialement sanctionné par l'autorité publique dans les États non chrétiens, qui considéraient les chrétiens comme formant une classe à part dont ils préféraient ne pas s'occuper. Il existait dans l'Église nestorienne et passa ainsi au Malabar.
les informations qu'il avait recueillies au cours de son voyage \ et il les dicta à deux secrétaires 2. Lorsqu'ils furent achevés, il les fit traduire en malayalam par des prêtres indigènes de rite latin appartenant à l'évêché de Cochin, sous le contrôle du P. Roz 3. Le 5 juin, il conféra encore les ordres à Paru à une cinquantaine de candidats 4 ; il augmentait ainsi le nombre de ceux qui au synode allaient le soutenir.
Le 9 juin, Menezes partit pour Diamper, avec sa suite habituelle et six jésuites de Vaïpicota, dont le P. Roz, afin de préparer le synode. Il assembla l'archidiacre et huit cassanares, leur lut les canons et les discuta avec eux. Quatre laïques, choisis parmi les plus dignes, assistaient à ces séances préparatoires lorsque les décrets concernaient les mœurs et les coutumes du peuple 6. Menezes admit quelques modifications de détail aux textes préparés 6. Ceux-ci ont avant tout un but pratique : ils font état des abus existants qu'ils veulent réformer 7 ; ils ne contiennent que de rares citations scripturaires ; ils n'invoquent d'autre autorité canonique que celle du concile de Trente; ils promulguent constamment des peines sévères — fréquemment l'excommunication — contre ceux qui n'observeront pas les décisions prises.