Le règlement sera rigoureusement observé par tous
14. Le supérieur du séminaire enverra chaque année au patriarche une copie des comptes de l'établissement.
1. Les can. 9-10 s'inspirent de très près du concile chaldéen de 1853 (xix, 4-5).
2. Déjà observée, avec différentes nuances, par les moines maronites et chaldéens.
Le chapitre ni concerne l'enseignement primaire.
1. Les évêques encourageront l'érection d'écoles dans les paroisses * et désigneront des professeurs capables.
2. On y enseignera le catéchisme, la lecture syriaque et arabe, l'écriture, le chant liturgique.
3. Tous les dimanches, on fera le catéchisme à l'église; les parents doivent y envoyer leurs enfants.
4. Les évêques favoriseront l'érection de confréries et les pratiques indulgenciées latines.
Les actes synodaux se terminent par une brève déclaration du patriarche et des évêques, analogue à celle qui terminait le concile chaldéen. A l'exemple de celui-ci, Planchet avait poussé à la latinisation en matière de rites sacramentels 2 et c'est ce qui explique l'hésitation de Samhiri à solliciter de Rome l'approbation du concile, bien que sur d'autres points — la réduction des jeûnes et des fêtes, le testament des clercs — il eût désiré cette approbation.
Samhiri fut confirmé dans sa dignité patriarcale et obtint le pallium au consistoire du 7 avril 1854; ni l'allocution du pape, ni les lettres de confirmation et d'octroi du pallium 3 ne parlent du concile législatif tenu après l'élection. Les actes arabes de celui-ci avaient cependant été envoyés à la Congr. de la Propagande; ils y furent même l'objet de deux traductions, italienne et latine. Lorsque le patriarche vint à Rome, il protesta contre leur inexactitude, argument devenu traditionnel chez les Orientaux. Mais il ne s'attarda pas dans la Ville Éternelle ; par contre, il fit un long voyage de quêtes en France, en Belgique et en Hollande. La Congr. de la Propagande eut beaucoup de difficultés pour le faire revenir à Rome et le diriger ensuite vers l'Orient. Samhiri se présenta devant elle au début de juin 1856; comme il élevait de nouvelles objections contre les traductions du concile de Charfeh, la Congrégation lui demanda de faire procéder aux corrections nécessaires 4 et, le 2 août, elle lui confia les traductions en même temps que les actes originaux arabes, dans un paquet destiné à Mgr Planchet, afin que délégué apostolique et
1. Cette norme est plus développée que la règle correspondante du concile chaldéen, iv, 8 (deuxième partie).
2. II, m, 7; II, ni, 1; II, v, can. 1 sur l'eucharistie et can. 14 sur la messe; II, vi, 2; II, vu, 9 et 11.
3. Texte de ces trois actes pontificaux dans de Martinis, t. vi, fasc. 1, p. 226-230.
4. Lettre du secrétaire de la Congr. de la Propagande à Mgr Samhiri, séjournant à Rome, en date du 26 juin 1856 (Archives de la Congr. de la Propagande, Lettere e decreti délia S. C. e biglietti di Mons. Segretario, vol. cccxlvii, 1856, fol. 332).
patriarche fissent, de commun accord, le travail prévu. A deux reprises, en août 1857 et en janvier 1860, la Congrégation réclama les observations du patriarche1; dans la dernière lettre, elle protestait contre le fait que la réduction des temps de pénitence avait déjà été introduite. Planchet venait de mourir, et le patriarche se sentait les mains plus libres. En 1862, Samhiri ordonna, pour le siège d'Alep, Georges Chelhot 2, qui prit le nom de Denis; pour celui de Mossoul, Behnam Benni 3, qui prit le nom de Cyrille; pour Diarbékir, Philippe Arqous 4, qui prit le nom de Jules ; il créa, la même année, l'évêché de Bagdad, auquel il nomma Raphaël Jarkhi, qui prit le nom d'Athanase et, en 1863, celui de Gesirah, auquel il nomma Pierre Matah, qui prit le nom de Flavien. Il mourut le 16 juin 1864, laissant un gros héritage, fruit de son long voyage en Europe. La Congr. de la Propagande avait, aux premières nouvelles de la maladie de Samhiri, désigné l'évêque d'Alep, Chelhot, comme vicaire gérant du patriarcat.
Un décret de la Congr. de la Propagande du 21 juillet 1865 permit de procéder à l'élection au siège patriarcal vacant et, en outre, désigna Chelhot comme président du synode électoral, tout en demandant que le prodélégué fût présent. Il précisait qu'avant l'élection les évêques devaient réaffirmer l'obligation pour le futur patriarche de résider à Mardin et élaborer un projet de partage de l'héritage de Samhiri entre les diocèses.
Par circulaire du 17 février 1866, Chelhot convoqua les évêques à Charfeh pour la mi-juin et avertit le prodélégué, Nicolas Castells. Mais cinq évêques s'étant trouvés chez Chelhot à Alep, deux autres 5 ayant donné leur accord à tout ce que leurs collègues décideraient et, enfin, deux évêques ayant déjà désigné un procureur, on préféra
1. Lettres de la Congr. de la Propagande à Samhiri des 18 août 1857 et 7 janv. 1860 (ibid., vol. cccxlviii, 1857, fol. 460-461, et vol. cccli, 1860, fol. 10).
2. Hayek avait été transféré, en 1854, de Beyrouth à Alep; il démissionna en 1862 et mourut l'année suivante. Depuis 1854 il n'y avait plus à Beyrouth que des administrateurs du siège.
3. Né en 1831, prêtre à Rome en 1856 (cf. C. Korolevskij, art. Benni, dans Dict. d'hist. et de géogr. ecclés., t. vu, Paris, 1934, col. 1352-1360). — L'évêque Mahfouz était mort en 1858; Benni dut attendre d'avoir l'âge voulu pour être ordonné évêque.
4. Né en 1827, prêtre à Charfeh en 1850 (cf., du même auteur, art. Arqous, ibid., t. iv, Paris, 1930, col. 670-681).