Héliani et Naqqar
concile d'alep EN 1866 587
se réunir à l'évêché d'Alep même, dès le 14 mai, de façon à remettre au prodélégué des décisions entièrement élaborées. Celles-ci prendraient ainsi l'allure d'un pacte électoral fort développé, le Saint- Siège n'ayant d'ailleurs pas prévu la convocation d'un véritable concile législatif. Les évêques présents étaient, outre Chelhot : Benni, Arqous, Matah, Jarkhi et Eustathe Éphrem Tokmadji, de Karputh1; les absents étaient les vieux évêques Héliani, Naqqar, Jelma, et Jean Élie Baît-Atmeh 2.
Le discours d'ouverture du président traça le programme du concile 3 : être une manifestation de concorde entre les membres de l'épiscopat syrien; affirmer la fidélité de celui-ci au Saint-Siège; mettre de l'uniformité dans l'administration des sacrements 4, la récitation de l'office divin 5, les jeûnes, les fêtes 6, et tout ce qui concerne le rite 7; établir l'ordre de préséance des diocèses; fixer le nombre d'élèves à admettre au séminaire de Charfeh et le statut juridique des biens de celui-ci, afin qu'ils demeurent inaliénables 8; confirmer que le lieu de la résidence du patriarche est Mardin 9 et élaborer le projet de partage de l'héritage de Samhiri, afin de le soumettre à l'approbation romaine; décider la remise en activité de la typographie syrienne catholique 10. En terminant, Chelhot déclara qu'il avait reçu les pouvoirs de dissoudre le synode électoral en cas de désordre et de mésentente.
Tout le programme tracé fut exécuté, et d'assez curieuse manière; à partir de la troisième partie des décrets synodaux, les canons du concile de Charfeh de 1853 ont été généralement résumés, mais les dispositions nouvelles, concernant par exemple un retour aux anciennes traditions en matière de rites ou traitant des élèves et biens de Charfeh, ont été intercalées, de façon peut-être à les mieux faire accepter par le prodélégué apostolique, ou tout au moins à indiquer nettement que le concile de 1866 entendait remplacer celui de