‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 60 sur 1172 · De Gouvea, op. cit., 1. I, c. xx, fol. 64, r · texte numérisé non relu

De Gouvea, op. cit., 1. I, c. xx, fol. 64, r

6. Les actes synodaux publiés sont divisés en actions, qui contiennent chacune un certain nombre de décrets ou canons. L'ordre des actions est celui qui avait été arrêté d'avance et non celui qui fut adopté en fait par le synode.

7. Certains canons mentionnent des abus constatés par Menezes lui-même au cours de sa tournée pastorale avant le synode, par ex. : can. 2 et 3, sur le baptême ; can. 14, sur la pénitence; can. 4, sur l'organisation du diocèse.

8. Le synode décida de changer ce vocable en celui de Tous les Saints, indiqué sur l'édition des actes.

bon nombre avaient été ordonnés par Menezes — et des délégués laïques — au nombre de 671 * au moment de l'ouverture du synode, et de 660 lors de la signature des actes. Mais les séances étaient librement suivies par tous : clercs subalternes, Portugais ayant à leur tête le capitaine de Cochin, Antoine Noronha, habitants de Diamper et autres fidèles.

Le premier jour Menezes célébra la messe ad tollendum schisma, pendant laquelle le P. Roz fit un sermon. Après la messe, le métropolitain prit lui-même la parole, puis chanta les prières d'ouverture du synode. On lut les brefs de Clément VIII, qu'il commenta quelque peu. Il proposa de choisir comme interprète officiel le prêtre Jacques, qui connaissait à la fois le portugais et le malayalam. Jacques fut agréé, et Menezes lui adjoignit les Pères Roz et Toscano. Ensuite furent promulgués les décrets traditionnels de aperienda synodo, de non discedendo, de non prœjudicendo, plus un quatrième décret prescrivant les prières à réciter pendant tout le temps du synode, et un cinquième interdisant les conciliabules particuliers tant que durerait l'assemblée. Il existait en effet parmi les chrétiens malabares un parti hostile au métropolitain et il se manifesta dès le premier jour 2.

Le mécontentement éclata le lendemain au sein même de l'assemblée. Le métropolitain promulgua au début de cette deuxième session un décret invitant tout le monde à une profession de foi : la formule était celle prescrite par Pie IV dans la bulle du 13 novembre 1564, avec insertion de quelques développements concernant les fins dernières, les saints et la Vierge, le pape, l'hérésie nestorienne, l'unité de discipline dans l'Église3; et, en ajouté, un serment de n'accepter d'autre évêque que celui qui serait envoyé par le Saint-Siège et un anathème contre le patriarche de Babylone. Menezes fit d'abord luimême, à genoux, la profession de foi, puis invita tous les assistants à suivre son exemple. Des murmures accueillirent cet appel; il dut

1. Tel est, d'après de Gouvea (op. cit., 1. I, c. xx, fol. 66, r°), le chiffre de ceux qui prêtèrent serment dans la deuxième journée du synode.

2. A propos de la troisième journée du synode, de Gouvea (op. cit., c. xxi, fol. 68, r°) parle de la soumission de mécontents qui persévéraient depuis deux jours dans une attitude hostile : à deux reprises ils avaient pénétré dans l'église pour manifester, mais ils furent arrêtés par la prestance du métropolitain et se retirèrent sans rien faire. — Les païens aussi manifestèrent leur mécontentement. 11 y avait près de l'église où se tenait le synode une pagode. On y fit tapage et musique pendant toute la durée du synode et chaque soir une procession sortit en manière de contre-manifestation (ibid., 1. I, c. xxn, fol. 71, v°).

3. ...darnno, ne rejicio inepte dicentes, aliam esse legem S. Thomas, et aliam divi Pétri, adque esse omnino diversas, et nulla ratione inter se convenir e. Cette théorie de la diversité des lois avait été opposée plusieurs fois à Menezes et son rejet avait constitué une des conditions imposées à l'archidiacre Georges.

expliquer que cette formalité ne comportait aucun soupçon au sujet de l'orthodoxie des Malabares, mais qu'elle était tout à fait normale en la circonstance. L'archidiacre Georges vint alors prêter serment en syriaque. Puis l'interprète, le prêtre Jacques, lut la formule du haut de l'ambon en malayalam; individuellement tous les assistants eurent alors à confirmer le serment dans les mains du métropolitain.

Tandis que les cassanares s'avançaient à cet effet, l'un d'entre eux se retira de l'église suivi d'un certain nombre de laïques et se mit à discuter avec eux sous le portail. Menezes leur envoya un parlementaire; ils lui répondirent que, puisqu'on voulait exiger d'eux une attitude religieuse tout à fait semblable à celle des Portugais, on devait leur donner les mêmes avantages politiques et les affranchir des exactions des chefs indigènes. En effet, certains de ceux-ci, païens qu'ils étaient, opprimaient les chrétiens; mais il est difficile de dire jusqu'à quel point l'objection était sincère ou constituait simplement une mauvaise querelle. Menezes fit annoncer qu'il s'occuperait de ces doléances, les laïques rentrèrent d'abord, puis le prêtre aussi. Après les cassanares, les clercs des différents ordres, puis les délégués laïques, enfin tous les autres Malabares présents firent le serment. Le synode promulgua un décret enjoignant à tous les prêtres, diacres et sous-diacres qui n'étaient pas au synode de prêter serment plus tard entre les mains du métropolitain ou de son délégué.

Pour répondre à l'objection qui avait été formulée, Menezes déclara placer tous ceux qui venaient de prêter serment sous la protection des autorités portugaises; aussitôt le capitaine Noronha s'avança et, se mettant à genoux devant l'archevêque, ratifia cet engagement. Ce geste édifia profondément l'assemblée, et c'est au milieu de la satisfaction générale que Menezes donna sa bénédiction pour clôturer une cérémonie qui avait duré plus de sept heures et demie h

Ainsi, dès le début du synode, Menezes s'était révélé habile à manier les foules et à diriger les assemblées.

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