‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 607 sur 1172 · De Martinis, t. vi, fasc. 1, p · texte numérisé non relu

De Martinis, t. vi, fasc. 1, p

5. Une note datée du 25 août et signée par les trois prélats indique les deux modifications au texte du 15 juin (cf. supra, V, i, 6 et VI, i, 7) qui avaient été approuvées par tous les évêques et le changement apporté par Baît-Atmeh à sa procuration primitive.

tions importantes en revue; il discute plus spécialement l'extension du patriarcat syrien jusqu'en Egypte, les cas réservés, le caractère obligatoire de certaines dispositions testamentaires des évêques et des prêtres, la diminution des jeûnes et des fêtes; il conteste aux évêques syriens le droit d'accorder des dispenses d'âge pour l'ordination; en ce qui concerne l'institut de Notre-Dame-de-la-Délivrance, à Charfeh, il souligne que le patriarche Michel Garweh avait laissé ses biens à une communauté monastique et non à un séminaire. Le 30 juillet 1868, le consulteur, Mgr François Nardi, signa son çotum sur les actes du concile : il propose de rattacher l'Egypte plutôt au diocèse de Beyrouth qu'à celui d'Alep; de réduire le nombre de diocèses; de faire certaines corrections au texte même des décrets et d'insérer dans ceux-ci, par la même occasion, des dispositions conformes à celles de la bulle Reversurus pour les Arméniens. Cette dernière et brûlante question retarda toute décision en ce qui concerne le concile d'Alep. Elle créa une atmosphère tendue lorsque le patriarche syrien, accompagné de six de ses évêques, se rendit au concile du Vatican; Arqous n'assista à aucune des sessions solennelles; seuls les évêques Benni et Jarkhi prirent part, par un vote favorable, à celle qui proclama l'infaillibilité pontificale. En 1873, la Congr. de la Propagande remit à l'examen les diverses affaires pendantes concernant l'Église syrienne, mais le Saint-Siège se borna, en tant que propriétaire suprême des biens ecclésiastiques, à régulariser le transfert des biens du monastère de Charfeh au séminaire qui lui avait succédé.

Le Madedono, dont parlait le concile de 1866, parut à Beyroutl en 1871, le petit rituel en 1872; celui-ci n'était pas exempt de latinismes, mais constituait cependant une réaction contre les décisions du concile de 1853. L'évêque Naqqar était mort en 1868; en 1872, Georges Chahin fut ordonné pour le siège de Homs. Le patriarche Arqous mourut à Mardin en mars 1874. Une seconde fois, Chelhot fut nommé vicaire gérant du patriarcat par le Saint-Siège, puis fut à son tour élu patriarche. Il fit transporter, en 1877, la typographie syrienne au séminaire de Charfeh. L'évêque Héliani mourut ei 1876; en 1879, Joseph David1 fut ordonné évêque de Damas sous le nom de Clément, et Mathieu Akmardakno 2 devint évêque de Nisibe sous le nom de Jacques.

1. Né à Amadia en 1829, prêtre en 1855, mort en 1890 (cf. J. Vosté, Clément Joseph David, archevêque syrien de Damas, dans Orientalia christiana periodica, t. xiv, 1948, p. 219-302).

2. Né à Mardin en 1833, prêtre en 1858, mort en 1908 (cf. l'art. Akmardakno, par F. Tournebize, dans Dict. d'hist. et de géogr. ecclés., t. i, col. 1283-1284).

L'évêque David, par ses écrits et les réalisations opérées dans son diocèse, soutint la réforme liturgique et disciplinaire de l'Église syrienne. Dès 1882, le patriarche et la Congr. de la Propagande marquèrent leur accord pour préparer un nouveau concile. David rédigea, en 1883-1884, quelques milliers de questions et réponses d'ordre rituel et canonique, qui seraient à discuter en ce concile, et les envoya à Chelhot. Le Saint-Siège avait demandé qu'Antoine Kandelaft et Louis Rahmani, anciens élèves du Collège de la Propagande, fussent associés aux travaux préparatoires du concile; Rahmani demeura d'août à septembre 1884 auprès de Chelhot, pour transformer le travail de l'évêque David en schémas de canons à adopter et le faire précéder d'une partie dogmatique — le tout aussi bien en texte arabe qu'en traduction latine. Le premier fut communiqué aux évêques syriens, la seconde au délégué apostolique de Syrie 1, le frère mineur Louis Piavi. Kandelaft fut ordonné évêque de Tripoli en 1886, sous le nom de Théophile, et reçut l'administration du diocèse de Beyrouth; Rahmani fut nommé au siège d'Orfa en 1887 et prit le nom de Raboula. Mgr Piavi avait envoyé le projet en latin à la Congr. de la Propagande; il fut appelé à Rome pour recevoir des instructions particulières et désigné, le 7 février 1888, comme président du concile ; la Congrégation le fit savoir par lettres adressées, le 18 juin, l'une au patriarche, l'autre aux évêques syriens.

Le concile 2 s'ouvrit le dimanche 22 juillet, en l'église Sainte-Ma-

1. Depuis 1876. — Deux Ponenze de la Congr. de la Propagande pour les Affaires orientales, datées de 1888 (n. 5 et 20), sont consacrées à la nomination des évêques telle qu'elle était prévue dans le projet.

2. Il existe des actes du concile deux éditions latines imprimées sur les presses de la Congr. de la Propagande. La première, provisoire, date de 1891 et porte le titre Synodus Libanensis Syrorum anno MDCCCLXXXV 1 1 1 habita; elle comprend : en pagination romaine de i à lxiv, un compte rendu des sessions synodales; des Documents (nous les indiquons par ces mots) allant de A à N; une lettre de Léon XIII du 10 sept. 1889 et une du préfet de la Congr. de la Propagande du 21 nov. 1888; l'instruction de la Congr. des Évêques et des Réguliers du 1er juin 1880, sur les causes disciplinaires des clercs; et, paginé de 1 à 326, le texte des décisions conciliaires. Tout le volume présente, en dehors des références normales aux sources, une double série de notes, les unes dues à l'évêque David, les autres au délégué apostolique. — La seconde édition, datée de 1897, a pour titre Synodus Sciarfensis Syrorum in Monte Libano celebrata anno MDCCCLXXXV III ; elle contient, sans la double série de notes additionnelles, mais avec certaines modifications dans le texte inspirées de celles-ci, les mêmes prolégomènes (p.i-Lii), sauf l'instruction de 1880; les décisions conciliaires (p. 1-302); le décret d'approbation par la Congr. de la Propagande en date du 28 mars 1896 (p. 303); un appendice de documents, dont l'instruction de 1880 (p. 305-474).

rie-Libératrice de Charfeh. Athanase Jarkhi, évêque syrien de Bagdad, célébra la messe d'ouverture; dans le chœur, un trône avait été dressé à gauche pour le patriarche, un autre à droite pour le délégué apostolique. Étaient en outre présents : David, Akmardakno, Kandelaft, Rahmani; Jean Hagg, évêque maronite de Baalbek; Basile Gasparian, évêque arménien titulaire de Chypre; l'abbé général de la congrégation libanaise des moines maronites; le supérieur des franciscains de Harissa; un délégué du supérieur des lazaristes d'Antoura; un grand nombre de membres du clergé et de fidèles. Les vieux évêques syriens Tokmadji et Baît-Atmeh 1 s'étaient excusés de ne pouvoir venir au concile et en avaient accepté par avance toutes les décisions.

Après la messe et une invocation au Saint-Esprit, on donna lecture des documents romains des 7 février et 18 juin écoulés 2. Puis le délégué apostolique prononça une allocution 3, qui fut ensuite traduite en arabe. Le patriarche prit aussi la parole, en arabe 4; un des évêques lut la profession de foi 5, que tous vinrent ratifier par serment et promirent par écrit d'observer; les décrets usuels du début d'un concile furent promulgués 6 et un télégramme d'hommage envoyé au Saint-Siège 7. Le lendemain, le patriarche adressa aux fidèles une lettre pastorale pour leur faire part de l'ouverture du concile et demander leurs prières 8. Ce jour aussi, commença, entre les seuls Pères et officiers du concile, l'examen des schémas de canons; David et Rahmani surtout prirent une grande part dans les discussions.

L'évêque de Mossoul, Benni, arriva d'Europe le 9 août; il célébra la messe à la seconde session solennelle du concile, le dimanche 19, et fit ensuite sa profession de foi. A huis clos, le chapitre premier des canons fut lu et adopté dans cette session. Cette approbation et la signature des canons se poursuivirent en séances solennelles l'après-midi des 27 août, 6, 16, 21 septembre, 8 et 13 octobre.

Le frère mineur Gaudence Bonfigli, évêque auxiliaire du délégué apostolique, qui avait été désigné comme un des théologiens du

1. Casetme, selon les éditions latines des actes. L'évêque de Homs, Chahin, était suspens.

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