‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 648 sur 1172 · Le pouvoir judiciaire des protoprêtres sera restauré · texte numérisé non relu

Le pouvoir judiciaire des protoprêtres sera restauré

Ce pouvoir judiciaire avait été supprimé, en fait, par ce qu'oi appelle Y Instructio Austriaca. C'était un règlement pour les tribi naux ecclésiastiques composé en 1855 par Mgr Rauschen, alors évêque de Seckau, plus tard cardinal et archevêque de Vienne. L'autei l'avait soumis, à titre privé, à des canonistes, qui l'approuvèrent: il obtint que le prononce de Vienne le communiquât comme une norme sûre à suivre, non seulement aux évêques latins, mais auss aux évêques orientaux de l'empire, bien que le Saint-Siège eût désii que ce ne fût qu'une simple indication pour ces derniers. Le gouvei nement sanctionna, en octobre 1856, le caractère pratiquement obligatoire de cette instruction dans tout le territoire. Par ailleurs, le concordat de 1855 n'était appliqué que dans ses clauses peu favorables à l'Église unie; d'autres règlements de l'État entravaient également le libre fonctionnement des institutions ecclésiastiques, di consentement tacite du haut clergé latin. On voit donc bien ce que les résolutions d'Antonelli veulent viser : avant tout la soumissioi au gouvernement autrichien, en tant qu'elle porte atteinte à l'autonomie constitutionnelle de l'Église roumaine; ensuite toute intei vention sur le plan politico-religieux roumain de la nonciature de Vienne et des évêques austro-hongrois.

L'assemblée électorale proprement dite se réunit le 11 août; le gouvernement avait envoyé deux commissaires royaux : Alexandi Dobra, évêque de Lugoj, et un laïque. Dès l'ouverture de la réunioi Antonelli donna lecture des dix articles approuvés la veille, mais munis de vingt-deux signatures seulement. Le commissaire roy* laïque protesta vivement : l'assemblée n'avait qu'un droit électon et non un pouvoir législatif. Etienne Balintu proposa un moyei terme : les articles seraient insérés au procès-verbal d'élection comme ayant été lus par Antonelli, sans plus; ce qui fut fait. D'autres membres du clergé déplorèrent spécialement que le droit d'élection n'eût pas été reconnu définitivement et pour toutes les vacances de sièges roumains, et que le Ministère des cultes se fût arrogé la prétention de fixer le nombre des électeurs. Ensuite Jean Vancea, évêque de Gherla, fut choisi, par cinquante-neuf voix, comme premier candidal pour la dignité métropolitaine.

Le nonce de Vienne s'éleva vivement contre le compromis électorf du 11 août et fit promettre à Vancea de n'en tenir aucun compte Moyennant quoi, la candidature fut agréée par l'empereur et par le Saint-Siège. Vancea fut intronisé à Blaj en avril 1869.

1. Lettre du nonce à la Secrétairerie d'État en date du 16 sept. 1868 (Mansi t. xlii, col. 784).

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