‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 79 sur 1172 · V. Septième journée : l'organisation du diocèse · texte numérisé non relu

V. Septième journée : l'organisation du diocèse

Les quarante et un décrets adoptés pendant la journée du 26 juin sont des plus intéressants, parce qu'ils jettent un jour singulier sur la situation effective du diocèse malabare et constituent tout un programme de réformes et de réorganisation.

1. Le diocèse malabare ne connaissant pas une division en circonscriptions paroissiales 2, le synode décide d'introduire cette division et de mettre un « vicaire » 3 à la tête de chaque paroisse, avec pour l'assister les prêtres et clercs desservant jusqu'alors l'église locale.

2. Cette division sera accomplie par le métropolitain à l'occasion de sa visite pastorale. Il lui appartient de désigner les vicaires de chaque paroisse. Ceux-ci seront, à l'avenir, toujours révocables; le synode interdit de nommer des vicaires perpétuels.

3. Si les personnes idoines font défaut, le métropolitain pourra nommer un même vicaire à la tête de deux églises. Mais les autres prêtres et clercs devront toujours être affectés à une seule église.

4. Aucune paroisse ne demeurera sans prêtre; le métropolitain pourra forcer un cassanare à assurer ce service, mais veillera à ce qu'il en retire les moyens de vivre.

5. De nouvelles églises seront érigées dans les régions éloignées demeurées jusqu'ici sans prêtre.

6. L'Église de Travancore étant restée de longues années sans cassanare, non seulement un vicaire mais plusieurs prêtres et prédica-

1. Lettre et réponse se lisent dans l'édition de 1616 des actes, aux fol. 60, r°- 62, r°.

2. Il n'y avait que des églises locales avec un certain nombre de prêtres attachés à leur service dont le plus ancien assumait en général la préséance. Il en va de même encore aujourd'hui dans de nombreux diocèses orientaux.

3. Le métropolitain voulait éviter le terme canonique de « curé », avec les conséquences juridiques qu'il entraîne.

teurs y seront envoyés. Le roi de Travancore s'est engagé à subvenir aux besoins de cette Église.

7. De même, des prêtres et prédicateurs seront envoyés à Todamala, où se trouve une colonie qui, quoique émigrée du Malabar, n'est plus chrétienne que de nom, vu qu'elle se trouve à quarante lieues des églises du diocèse.

8. Chaque paroisse possédera les saintes huiles. Les vicaires les demanderont au métropolitain avant de quitter le synode. Elles seront renouvelées dans le délai d'un mois après chaque jeudi saint; et, tant que le siège sera vacant, elles seront demandées à l'évêque latin de Cochin.

9. Liste des jours chômés : les fêtes du calendrier latin sont introduites; celles des apôtres, docteurs et autres saints qui tombaient le vendredi dans le calendrier chaldéen sont supprimées; les fêtes de S. Thomas restent fixées aux 3 juillet, 18 et 21 décembre K

10. Le Carême commence le lundi après Quinquagésime selon l'usage du diocèse. L'Avent forme un autre temps de jeûne. Il faut y ajouter les deux Quatre-Temps, tombant à d'autres époques, et un certain nombre de vigiles suivant le calendrier latin. Les temps de jeûnes précédant l'Assomption et la Nativité de la Vierge, le carême dit des Apôtres pendant cinquante jours après la Pentecôte, d'obligatoires deviennent facultatifs. Le triduum de Jonas demeure comme temps d'abstinence.

11. Le jeûne comporte un seul repas principal par jour et l'abstinence de laitages, de poisson et de vin, et même des relations charnelles, conformément à l'usage malabare.

12. Ceux qui n'ont pas atteint l'âge de vingt et un ans, les vieillards, les travailleurs de force ne sont pas tenus au jeûne mais à l'abstinence; les malades et les femmes enceintes sont dispensés de l'un et de l'autre.

13. Les lavages rituels et autres usages païens considérés jusqu'ici comme faisant partie du jeûne sont interdits.

14. Le premier mercredi de Carême, les cendres seront bénies et imposées conformément au rituel latin traduit en syriaque.

15. En conformité avec l'usage de l'Église latine, l'abstinence de viande le samedi, inconnue jusqu'ici, est introduite; celle du mercredi devient facultative 2.

1. Cf. N. Nilles, Dus syro-chaldâische Kirchenjahr der Thomaschristen, dans Zeitschrift fur hatholivehe Théologie, t. xx, 1896, p. 726-739, et Kalendarium manuale utriusquê Ecdes'ue orientalis et occidentalis, t. n, 2e éd., Innsbruck, 1897, l>. f/c 7-676; F. Nau, Deux notices relatives au Malabar, dans Revue de V Orient rhnt,en, t. xvn, 1912, p. 85-87.

2. Il n'est pas parlé de l'abstinence du vendredi qui demeure inchangée.

16. L'obligation de chômage, de jeûne et d'abstinence s'entend de minuit à minuit, et non de vêpres à vêpres 1.

17. L'eau sera bénie le dimanche selon les prescriptions du rituel latin traduit en syriaque.

18. Dans chaque église paroissiale une heure de catéchisme par semaine sera donnée aux enfants des environs afin de leur apprendre les éléments de la foi et les prières, non plus en syriaque, qu'ils récitent sans comprendre, mais en malayalam 2. Les jours fériés, une leçon de catéchisme à l'usage de tous précédera ou suivra la messe; une autre aura lieu en outre l'après-midi des dimanches seulement.

19. Le Je vous salue, Marie, devra toujours être récité en entier.

20. Tous s'inclineront en entendant prononcer le nom de Jésus.

21. Le jour de Noël, l'office du matin sera célébré au milieu de la nuit et suivi d'une procession et d'une messe solennelle. Tous les prêtres pourront célébrer trois messes, conformément à l'usage latin.

22. Les prêtres administreront tous les sacrements en étole et surplis. Comme ce dernier vêtement est inconnu au Malabar, l'évêque remettra un surplis à chaque vicaire avant la fin du synode. Toutes les cérémonies des sacrements et sacramentaux se feront dorénavant selon le rituel latin traduit en syriaque.

23. Conformément à celui-ci, la bénédiction et la procession des cierges auront lieu le jour de la Chandeleur, et les processions des Rogations avant l'Ascension.

24. Ceux qui se livrent aux travaux interdits les jours fériés seront, après un triple avertissement, privés de l'entrée à l'église, de la visite et de la salutation (casture) du prêtre.

25. Les sanctuaires consacrés en l'honneur de Mar Xabro et de Mar Prodh, saints inconnus, et peut-être même nestoriens, seront dédiés à Tous-les-Saints ; les solennités en leur honneur sont transférées au 1er novembre ; leur nom ne pourra plus être invoqué.

26. Chaque premier janvier, quatre hommes de probité notoire seront élus comme économes dans chaque église. A la fin de l'année, ils videront les troncs 3 et en feront le compte. L'un d'eux tiendra un registre des dépenses, qui seront faites de commun accord avec le vicaire de la paroisse.

27. On donnera une somme annuelle à un sacristain pour entretenir la propreté de l'église et des objets du culte. Il veillera également

1. Le synode rejette cette pratique comme judaïque, quoiqu'elle ait persisté pendant plusieurs siècles dans l'Église, même en Occident.

2. Les vicaires s'efforceront également d'organiser des catéchismes dans les régions plus éloignées.

3. Jusqu'alors on vidait les troncs le plus rarement possible. Certains étaient profondément enfoncés en terre et n'avaient plus été vidés de mémoire d'homme.

à ce que brûle constamment une lampe devant l'autel principal.

28. Les vases et ornements sacrés seront mis dans des armoires dont le vicaire détiendra la clé. Il conservera ces objets à domicile, s'il y a danger de vol.

29. Après l'érection des fonts baptismaux 1, l'argent encore disponible sera employé à l'ornementation de l'autel principal d'abord, des autres ensuite : sur chacun on placera une croix et un tableau, qui, à l'autel principal, représentera le patron de l'église 2. Ensuite on érigera une chaire à prêcher. Les cloches seront pendues dans des tours ; là où les rois païens l'interdisent encore 3, elles seront placées dans une partie séparée et close de l'église. A défaut de cloche, on pourra rassembler les fidèles aux offices au moyen d'instruments en bois.

30. Cas dans lesquels l'église est violée. Si elle a été consacrée, il appartient à l'évêque de la réconcilier; si elle a été seulement bénie, le vicaire pourra faire la cérémonie prévue par le rituel latin traduit en syriaque.

31. Personne ne peut habiter dans l'église, sauf en cas de guerre 4.

32. La dépouille des chrétiens doit recevoir les funérailles chrétiennes, ou tout au moins, en cas d'absence de prêtre, la sépulture religieuse. Ces cérémonies seront gratuites pour les indigents.

33. Même les lépreux seront portés en terre bénite, avec les précautions voulues.

34. Il n'y aura plus dans un même endroit plusieurs églises consacrées au même saint 5.

35. Tous les cassanares travailleront à la conversion des infidèles, tant de noble que de basse classe.

36. Dans la mesure du possible, on désignera des sanctuaires et des prêtres spéciaux pour les gens de basse classe qui se convertissent, et en attendant ils assisteront du portail aux offices 6. Le synode

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