III. — Concile d'Aïn-Traz en
L'insistance des évêques melkites finit par triompher de la résistance du patriarche : le 14 avril 1909, il les convoqua pour la Pentecôte suivante au séminaire d'Aïn-Traz, ainsi que les supérieurs généraux des congrégations basiliennes l. Cyrille VIII ne demanda plus l'avis du Saint-Siège, mais se contenta d'annoncer la réunion de la future assemblée à Pie X, qui répondit par lettre du 7 mai, transmise le 11 par le cardinal Merry del Val 2.
Les évêques étaient au nombre de quinze : sous le nom de Dimitri, Qadi, le principal rédacteur du schéma de 1901, avait succédé au patriarche sur le siège d'Alep; Athanase Sawaya avait remplacé Fakkak (f 1904) sur le siège de Beyrouth; le vicariat patriarcal d'Alexandrie était occupé depuis 1903 par Macaire Saba. L'évêque titulaire, Germain Moaqqad, empêché par sa santé, envoya un procureur, le supérieur de la société qu'il avait fondée, Joseph Sayegh; l'abbé général des basiliens alépins envoya également un procureur. Par contre, la plupart des évêques et deux abbés généraux vinrent quelques jours d'avance à Aïn-Traz, pour se préparer au concile par une retraite, examiner les schémas que le patriarche avait fait profondément remanier et nommer les deux secrétaires qui devaient mettre la dernière main aux textes discutés. Pour ce concile seulement, il fut décidé de donner voix délibérative aux abbés généraux et aux secrétaires.
La séance d'ouverture du concile eut lieu le 30 mai, jour de la Pentecôte, à 4 heures de l'après-midi, en l'église du séminaire. Après une prière au Saint-Esprit, le patriarche et les Pères récitèrent ensemble le symbole de Nicée. Puis l'assemblée se réunit à huis clos : Cyrille VIII prononça son discours inaugural 3 et fit mettre lecture, en latin et en arabe, des lettres du pape et du cardinal secrétaire d'État.
Le concile dura jusqu'au 8 juillet. Chaque jour, après la messe, le patriarche donna la bénédiction du Saint-Sacrement. Soixante séances privées eurent lieu dans la salle de réunions du séminaire; sept sessions solennelles se tinrent dans l'église. Le temps ne permit pas de soumettre à une discussion approfondie le schéma des questions concernant la foi; on se contenta de prévoir l'insertion, en tête
1. La traduction latine des actes conciliaires a été imprimée sous le titre : Sinodus patriarchalis et nationalis Ain-Traz celebrata anno Domini MDCCCCIX, Rome, 1910.