RÉALISME JURIDIQUE DE L'ÉGLISE ROUMAINE
L'Église roumaine vit dans le concret; dans son sein s'est perpétuée la culture autochtone, héritière du réalisme et de l'esprit administratif romains; la minutie bureaucratique germano-hongroise vint s'y ajouter, peut-être même un peu trop. La tradition des synodes diocésains est d'ailleurs ancienne ; elle se maintient malgré la multiplication des diocèses, mais avec une fréquence assez irrégulière. Néanmoins les actes de ces synodes sont de tout premier intérêt : sous le régime des Habsbourgs, ils témoignent notamment d'une lutte ininterrompue pour assurer des moyens d'existence suffisants aux églises, au clergé, aux écoles1; après la libération de 1918, ils attestent un loyal et triomphant effort pour s'adapter aux conditions de vie du nouvel État roumain. Au milieu de cette tradition diocésaine, vient d'ailleurs s'intercaler le troisième concile provincial, qui célèbre en 1900 le bicentenaire de l'Union, réaffirme l'indépendance de l'Église roumaine vis-à-vis de la hiérarchie latine et proclame la légitimité de ses propres traditions rituelles.