‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 944 sur 1172 · I. — Les circonstances du concile · texte numérisé non relu

I. — Les circonstances du concile

Peu après l'élection du patriarche Terzian, Mgr Kojunian alla à Rome, où il proposa à Pie X la réunion d'un nouveau concile arménien; l'idée fut aussitôt agréée et Kojunian fut prié de rester dans la Ville Éternelle pour préparer les textes qui seraient soumis aux évoques. A cette fin, il renonça à son siège d'Alexandrie, mais se déchargea néanmoins de presque tout le travail de rédaction des schémas conciliaires sur Jean Naslian, recteur du Collège arménien de Rome, où il résidait. La Congr. de la Propagande lui remit le texte latin du concile de 1890, avec les observations qu'elle y avait faites, mais si ces documents purent servir de fil conducteur pour certains chapitres, on s'en écarta complètement pour d'autres, principalement sous l'impulsion des théologiens latins que la Congrégation nomma pour vérifier le travail du rédacteur arménien; c'est ainsi que les servites Jean- Ange De Marchi et Alexis Lépicier, le futur cardinal, imposèrent une transformation complète du titre Ier sur la foi catholique, tandis que l'assomptionniste Louis Petit rédigea lui-même le chapitre du titre n concernant le patriarche et révisa tout le titre in sur les sacrements, sauf le chapitre concernant les sacramentaux; enfin Mgr Benoît Melata élabora tout un nouveau titre — le XIe — sur les procès. Avec le P. Vincent Fernandez y Villa, des ermites de Saint- Augustin, et le P. Benoît Ojetti, jésuite, ces théologiens assistèrent au concile.

Les travaux préparatoires étaient déjà assez avancés lorsque le patriarche Terzian vint à Rome. Le 26 avril 1911, dans une audience spéciale, en dehors de tout consistoire, Pie X confirma son élection; le 1er mai, il lui conféra le pallium. Terzian fit part au pape des difficultés qu'il continuait à avoir avec les laïques, notamment à propos des neuf sièges épiscopaux vacants. Pie X prit une décision énergique : il nommerait lui-même les évoques et ceux-ci formeraient avec le patriarche et Kojunian le noyau du futur concile qui aurait

lieu sans retard à Rome même. D'accord avec le patriarche, Pie X nomma, le 27 août : Ignace Maloyan, pour Mardin; Jacques Topusian, pour Mush; Pascal Keklikian, pour Adana; Grégoire Bahabanian, pour Angora; Antoine Bahabanian, pour Césarée de Cappadoce; Jean Naslian, pourTrébizonde; Jean Cuzian, pour Alexandrie; Joseph Melchisedechian, pour Erzerum; enfin, Joseph Rokossian, comme archevêque titulaire d'Achrida et vicaire du patriarche, tandis qu'Avedis Arpiarian, jusqu'alors vicaire patriarcal, recevait le siège de Marash et Kojunian le titre d'archevêque de Chalcédoine.

Par lettre du 30 août au patriarche et aux évêques arméniens, Pie X ordonna la réunion du concile *; Paul-Pierre Terzian lança le lendemain l'édit de convocation pour le 15 octobre 2 et annonça la chose au clergé et au peuple arméniens par lettre pastorale du 8 septembre 3. On voulait agir quelque peu par surprise et sans longs délais.

Dès le 5 octobre eut lieu, au collège arménien de Rome, une réunion synodale préparatoire, sous la présidence du patriarche; il y fut décidé, entre autres, que les évêques élus seraient convoqués au concile et ordonnés au cours de celui-ci, le 22 octobre. D'autres réunions préparatoires eurent lieu les 8 et 9 octobre; à cette dernière, la liste des huit officiers du synode, tous arméniens, fut arrêtée; une commission fut créée pour examiner les motifs des évêques absents du concile et quatre commissions pour le premier examen des schémas de canons; elles étaient composées uniquement des quinze évêques déjà présents ou dont l'arrivée au concile était certaine, à savoir : Avedis Arpiarian, évêque de Marash; Augustin Sayeghian, évêque d'Alep; les neuf évêques élus; trois évêques titulaires : Pierre Kojunian, Hussigh Gulian, ancien évêque de Mardin, Grégoire Govrikian, qui était abbé général des méchitaristes de Vienne; l'archevêque arménien de Lwow, Joseph Theodorowicz. Les évêques arméniens qui ne faisaient pas partie du patriarcat arménien avaient aussi été invités au concile; à la réunion préparatoire du 12 octobre, il fut décidé de leur donner également voix délibérative.

Le 14 octobre, à 17 heures, eut lieu la première des congrégations générales destinées à approuver les textes qui seraient présentés au concile; le décret d'ouverture du synode, celui fixant l'ordre du jour quotidien et les autres décrets d'usage lors d'une première! session furent ainsi approuvés. Le patriarche expliqua comment la nécessité

1. Les actes ont été publiés sous le titre Acta et décréta concilii nationalis Armenorum Romse habiti ad Sancti Nicolai Tolentinatis anno domini MDCCCCXI, Rome, 1913. — La lettre de Pie X se lit p. v-vi.

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