PERSÉCUTION COXTilE SAINT JEAN CIIUYSOSTOME
dit : « Le prochaiji concile en clécidcra. » Epiphane chercha alors à d(''tacher de lui el à gagner à son parti les évêques présents à Constantinople ; il voulut même prêcher ouvertement contre lui. Mais saint Jean Chrysostome lui lit dire <pie le peuph' le maltraiterait s'il en venait l;i, et ses avertissements calmèrent l'^piphane. Celui-ii alla même juscpj'à se réconcilier avec les Longs-Frères ; il déclara cpiilavaitété excité contre eu\, et s'embarqua pour revenir en Chypre ; il mourut pendant la ti-averséc en 403 ^. Peu après Théophile arriva lui-même à Conslani iuople, amenant avec lui un nombre considérable d'évêques égyptiens, et cnlia secrètement eu relation avec les ennemis de Jean Chrysostome (et ils étaient uoiubreux), en j)articulier avec l'impératrice Eudoxie, avec les évèques Acace de Berée, Antiochus de Ptolémaïs, Sévérien de Cabale, etc. Théophile gagna en quelques semaines les personnages les plus influents de la cour, et obtint enfin de l'empereur, qu'au lieu de comparaître devant Jean Chrysostome, il tiendrait lui même un concile dans lecjuel il citerait l'évèque de (Constantinople. Comme ce dernier était très aimé dans son diocèse, on jugea prudent de ne pas tenir à Constantinople le concile organisé contre lui, mais de le transporter dans le voisinage de Chalcédoine, dans une maison de campagne, ad Querciini (ï-\ cpjv), qui appartenait au préfet impérial Rufin et ([iii contenait un palais, une grande église et un couvent -. Trente-six évèques s'y rendirent sous la présidence de l'exarque Paul d'Héraclée, ennemi personnel et déclaré de Jean Chrysostome ^.
par quelque autre défaut des évêques, ou par suite de quelque inimitié personnelle que les plaiççuanls auraient été retranchés de la eomniunion. (M. L.)
1. Sur le rôle de saint l^jiphuue dans toute cette affaire : B. Eberhard, Die Betheiliguiig des Epiphanius am SLieite ùber Origenes, Beitrag zur Gcschichte des Origenismiis, in-8, Trier, 1809. (II. L.)
2. Sozomène, Hist. cccles., 1. Vlil, c. xvii, P. G., t. lxvii, eol. 1557 sq. Ce palais était eélcbre pour sa uiagnifieeuee. On lappeluit iùlla lîufiana ou liii/iniana. Coulis((ué à la mort de RuOn, il passa ensuite en diverses mains. Au palais était adjoint une basilique VApostolceum, dédiée aux apôtres Pierre et Paul. La piscine avait servi en 394, au baptême du préfet Rulin, par Animon, l'un des Longs-Frères. Ce fut vers la mi-juillet do l'année 403 que Tliéoi)hiie s'achemina avec ses lîdèles vers la villa tlu Chêne. (II. L.)
y. Sur quatre-vingt-cinq évèques de toutes les provinces de lempire d'Orii'Ut alors présents à Constantinople, trente-six seulement (plus tard, ils furent quaranle-(jualre) se rcndii-ent à Chalcédoine ; aucun égyptien n'y niaïKjiiait. Ou nomma ce groupi; les « aU'xaudrins », ceux qui élaieul demeurés à Couslaulinople, les « johannites ». Ceux-ci étaient réunis dans le tricliniiiin du palais épiscopal sous la présidence de Jean Chrysostome el suivaient avec anxiété
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Socrate et Sozomène assurent qu'il n'a pas été, dans ce synode, question d'origénisme ^, mais que l'on avait engagé les moines égyptiens fugitifs à implorer de Théophile leur pardon et leur réadmission, ce qu'ils avaient eu la faiblesse de faire, et qui n'aurait certainement pas eu lieu si Dioscore, Ammon et les deux autres des [91] Longs-Frères, avaient été présents. Mais Dioscore était déjà mort avant l'ouverture du concile. Ammon était venu au Chêne, mais si gravement malade qu'il n'avait pas tardé à mourir dans le monastère voisin. Cette mort fit sur Théophile une telle impression qu'il donna les plus grands éloges au défunt.
La seconde affaire dont s'occupa le concile fut, au témoignage de Sozomène, l'enquête contre saint Jean Chrysostome.
Photius, qui avait lu les actes du concile, en rapporte ce qui suit ^ :
ce qui se préparait à la iùlla Bufîniana. Pondant, ce temps les évêques du concile du Chêne traitaient trois afTaires principales ; 1" la plainte des moines de Nitrie ; 2" la plainte des asiatiques au sujet des dépositions et ordinations faites dans leurs jjrovinces par Jean Chrysostome, en 401 ; 3° la mise en jugement de Jean Chrysostome pour crimes commis contre l'ordre politique et l'ordre ecclésiastique. Dans le classement des affaires on convint de faire passer d'abord celle de Jean Chrysostome, ensuite celle des Longs-Frères, enfin la plainte des asiatiques. Mansi, op. cit., t. m, col, 1150. (H. L.)
1. Socrate, Ilist. eccles., 1. VI, c. xv, P. G., t. lxvii, col. 708 ; Sozomène, Hist. eccles., 1. VIII, c. xvii, P. G., t. lxvii, col. 1561.
2. Photius, Codex LIX, dans Hardouin, Coll. concil., t. i, col. 1037; Mansi, Conc. ainpUss. coll., t. m, col. 1141 sq. La session s'ouvrit sous la présidence de Théophile d'Alexandrie. Il ne présida que jusqu'au vole sur Jean Chrysostome, se démit alors et passa la présidence à Paul d'Héraclée. Le premier acte fut de mander devant le concile l'archidiacre de l'Église de Constantiiiople nommé Jean, ennemi juré de Jean Chrysostome, qui l'avait repris et puni pour sa brutalité à l'égard d'un enfant. Guidé par cet homme, Théophile cita comme accusateurs ou comme témoins la plupart dos prêtres et des diacres de Constantinople, en sorte que dans beaucoup d'églises le service divin fut interrompu. On lira dans le texle, le libelle d'accusation de l'archidiacre contre son archevêque. Les vingt-neuf articles d'accusation pouvaient se ranger sous sept chefs principaux : 1° faits de violence et sévices contre les personnes ; 2° injures graves ; 3° vols ; 4o usurpation de fonctions ecclésiastiques ; 5* manquements aux mœurs ; 6" manquements à la discipline et aux coutumes ; 7^ sédition et trahison politique. Les faits de violence (articles 1, 2, 27) étaient des cas particuliers et distincts, aisés à contrôler. On en ajoula plusieurs autres dans la suite. Les outrages (articles 5, 6, 8, 9, 20) atteignaient les clercs en masse cjue Jean Chrysostome aurait traités de gens à tout faire, « gens de trois oboles», suivant l'expression grecque. Le livre viséparl'arlicleSe n'est autre que le fameux traité contre les sœurs agapètcs. Ces ouvrages avaient atteint deux évêques, Epipiiane de Chypre et Acacc de Bérée, lequel ne pardonnait pas à