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trois cents moines oiigénistes. La [)lupart d entre eux se l'endiient en Palestine; une cinquantaine d'autres, parmi lesquels se trouvaient précisément les I.ongs-Frères, se réfugièrent à Constantinople (401) où saint Jean Chrysostome les reçut très cordialement, les secourut et intercéda en leur laveur auprès de Théophile, mais
mais il ajoute (|ih- ce ii fsl pas pi opter dognialum itovitutein ni propter ha;resim, La controverse oiigéniste était entrée dans une phase d inextricable détordre ce n'était plus que Iraduclious infidèles et tendancieuses, sélectious de textes arbitraiivinent choisis et rapprocliés, préventions des cxégètes. Bientôt la question dévia de plus en plus et des intérêts étrangers s'y inèlèreut. iliéopliile d Alexandrie, origéniste déclaré, était dominé par des vues et des pjissions mondaines. Adversaire passioiuié des nioiues aulhroponioipliites, il avait combattu leurs opinions dans une lettre pastorale. Uue insurrection de ces étranges cénobites qui marclicrent par bandes sur Alexandrie lui arracha la condamnation d Origèue. Il cédait à la force, bientôt son intérêt l'amena à un revirement complet d idées. Les origéuistes avaieutalors pour chef les «Lougs- Frères », quatre hommes de taille gigantesque, pieux et instruits, nommés Dioscore, Ammon, Eusèbe et Eulhyme. Tiiéophile avait eu jadis avec eux les rapports les plus agréables, il avait élevé Dioscore sur le siège épiscopal d'Hermopolis et nommé deux de ses frères économes de sou Eglise. Mais ceux-ci, craignant d'exposer le salut de leur âme dans la société de Théophile, doul les passions devenaient de jour en jour plus vives, se retirèrent au désert. Théophile s en montra très irrité. Il poursuivit le prêtre Isidore qui avait exercé longtemps sur lui uue grande influence. Isidore se réfugia chez les moines origéuistes qui prirent hautement sa défense et Théophile perdit toute mesure. Le récit de tous les incidents qui se produisirent autour de cet épisode priucipal a été fuit d'une manière généralement exacte par A. Thierry, Le patriarche d'Alexandrie, les Longs-Frères et la première déposition de Jean Chrysostome, dans lai Jieyue des Deux-Mondes, 18G7, t. Lxxi, p. 7o-lol. Théophileavait fait alliance avec les anthropomorphites, saint Jérôme et saint Epiphaue. Il liut plusieurs conciles contre les origéuistes qu il condamna avec les livres de leur docteur. En 401, il interdit les écrits de l'illustre maître dans uue lettre pascale qui dépassait les dernières mesures de la modération. Les origéuistes ne se soumirent pas et l'évêque d'Alexandrie entama la pei'sécution armée contre les moiues du désert de Nitrie qu il pourchassa à la tête d uue troupe de soldats réguliers. Bi aucoup prenaient la fuite. Les Longs-Frères se rendirent à Jérusalem, de là à Scythopolis et enlin à Constautiuople où ils espéraient trouver protection à la cour impéj'iale, surtout par 1 entremise de 1 évèque Jean Chrysostome. Sur les Longs-Frères, 'ASt/.soi jjia/.pot, il faut cousulter encore, uulre le Dialogue do Palladius, l Histoire Lausiaque, et sur le conflit origéuiste, Bouvvctsch, Origenilische Strcitigkeiten dans Itealencrklopiidie fur protest. Theol. u/id Kirclie, l'JOi, t. xiv, p. 4b9-4'Jo • Dale, dans Uictiunn. ofchristiiin Biography, t. IV, p. 142-15G ; Fr, Loofs, L.euntius %'on Byzanz und die gleichnamigen Schriftsteller der griechischen Kirche, iu-8, Leipzig, 18.S7, Fi-. Diekamp, Die origenitischen Slreitigkeiten iin VI. Jahrhundert und dus V"' ullg. Konzil, iu-8, Muuster, 1899. (H. L.)
ne voulut cependant pas les admettre à la communion, parce qu'ils étaient bannis par leur évêque ^. Théophile refusa son pardon ; il envoya même des députés à Constantinople pour y porter plainte contre eux, et il demeura mécontent de Jean Chrysostome, qui, lui avait-on rapporté, avait formellement admis les moines fugitifs à la communion ecclésiastique. Mais ceux-ci ayant porté devant l'empereur Arcadius de très-graves accusations contre Théophile, ce dernier fut mandé à Constantinople pour se justifier par-devant Jean Chrysostome de ces attaques ; d'autre part, les accusateurs ne pouvant prouver la culpabilité de Théophile, on s'assura d'eux jusqu'à l'arrivée de leur adversaire, pour savoir s'ils avaient calomnié. Théophile différa par calcul de se rendre à Constantinople, et persuada à Épiphane, évêque de Salamine dans l'île de Chypre, alors âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, de se rendre lui-même à Constantinople pour y ouvrir le feu contre les origénistes 2. Ceci se passait pendant l'hiver de 402. A l'arrivée d'Épiphane, Jean Chrysostome envoya au-devant de lui son clergé pour lui faire honneur ; mais Epiphane, nonobstant cela, déclara qu'il n'entrerait pas en communion avec Jean avant que celui-ci eût chassé les Longs-Frères et prononcé l'anathème contre Orio-ène -^ . Jean Chrysostome répon-
1. Voici exactement la conduite que tint saint Jean Chrysostome. « Il accueillit les Longs-Frères, mais avec la prudence nécessaire, se refusant à les admettre à la communion avant d'avoir pris à Alexandrie des informations précises ; il leur offrit seulement un asile dans les dépendances de l'église de la Résurrection. Il entama ensuite des négociations avec Théopliile, dans l'espoir de l'amener à une réconcilation, mais échoua. Les Longs-Frères eurent alors l'idée de s'adresser à l'impératrice ; ils lui remirent une supplique, et Eudoxie prit d'abord en main leur cause. Elle décida Arcadius à convoquer un synode qui devait se prononcer sur les accusations que Théophile avait fait formuler contre les origénistes par des moines qu'il avait délégués à cet effet. » A. Puech, Saint Jean Chrysostome, in-12, Paris, 1900, p. 158-159. (H. L.)
2. M. A. Puech, op. cit., p. 159, le décrit parfaitement en une ligne : « Excellent homme, compilateur médiocre et brouillon infatigable. » (H. L.)
3. Le voyage d'Épiphane faisait le jeu de Théophile qui, à ce moment même, répondait à la lettre de Jean Chrysostome en faveur des Longs-Frères par la réponse suivante : « Je ne croyais pas que tu pusses ignorer les canons de Nicée qui défendent aux évèques de juger des causes en dehors de leur ressort. Que si tu les ignores, je t'invite à en prendre connaissance, et à ne pas recevoir de requête contre moi. Dans le cas où je devrais être jugé, il faut que je le sois par les évêques d'Egypte et non par toi, qui es éloigné d'ici de soixante-quinze journées. » Jean Chrysostome ne tombait pas sous le coup du canon 5e de Nicée qui portait comme correctif — et c'était précisément le cas de l'évêque de Constantinople — que l'on s'informerait si ce n'était pas par faiblesse ou