‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 112 sur 407 · Il avait fait plusieurs ordinations sans témoins · texte numérisé non relu

Il avait fait plusieurs ordinations sans témoins

25. Il mangeait seul et d'une façon immodérée, comme les cvclopcs.

26. Il était h lui seul accusateur, juge et témoin, comme le prouvaient les affaires de l'archidiacre Martyrius et de l'évêque de Lycie Proérèse.

27. Il avait frappé au visage Memnon dans l'église des Apôtres, tellement que le sang avait coulé par la bouche, et il n'en avait pas moins poursuivi l'office divin.

28. Il s'habillait et se déshabillait sur le siège épiscopal, et y mangeait une pastille [de miel] ^.

1. Probablement une allusion aux funérailles du prêtre Isidore et de deux Longs-Frères. (H. L.)

2. Ou bien, quand il se baignait dans une piscine j^nblique, il en faisait fermer les portes. Sérapion était chargé de ce ministère. (II. L.)

3. Palladius rapporte que saint Jean Chrysostome avait conseillé aux fidèles de boire de l'eau après la communion, ou de manger une pastille, afin qu'il ne

llij. PRnSÉCUTION COXTHE SAIM JI-AN CIIKYSOSTOME 145

25). Il doniiail (le I a!L;(Mi! aux rvr(jii<'s (ju'il ortloiiiiail, et pour ce faire il opprimait le clci-gé.

Après i[ur I ou cùl [torir ces plaiulcs, Jean Clnvsoslonir lut, Jil brièvement Photius, cite <pialrc fois '. I*allatlc donne plus de détails : Théopliilr. (lit-il, cnvova à Constant iuople trois uu'nd)ros du concile y convoquci- Jean Chrysostome cf lui n-mcltn- la Idlrc suivante: « Le saint concile du Clhrnc à Jean. Nous avons reçu contre toi un libelle d accusai ions (lenonciiut uu(> iiiiinilede crimes dont on ledit J«jJ coupable. Nous le maniions à coinparaîlre et amène avec foi le.s prêtres Scrapion et Tiiri'ès. on a besoin deux -. »

.lean Chrysostome avait autour de lui ipiarante évcques (jui rcclamèrcnl à Thcopbile une réponse inimédiatc que liois évèqucs et deux prêtres lui poitèriMil ''. |.Iean (dii'vsoslome v jusiifiail sa conduite el

restât pas tiaiis la bouclio quoique parcelle du sacrenicut. Ou avait fait de cela un chef d accusation contre lui, cl celait le seul ([ui fût l'ondé. Maiisi, f^). cit., t. m, col. 1150.

1. Tandis que deux meiiibi-es du concile portaient à Jean la cilalion à comparaître, les évoques cl les fidèh'S élaienl gj-oupés autour de I archevêque dans son palais. Pallade, le biograplie du saint, a fait le récit inouveinenlé des seèues qui se passaient et des bruits alarmants qui couraient dans la ville. On annonça les députés du concile du Chêne, l'archevêque ordonna de les inli-oduire. C étaient deux évêques lybicns, Paul d Eiylhrée .et Dioscoïc de Dardaiie. 11 leur demanda quel rang ils tenaient dans 1 Eglise « iS'ous sonunes évêques, » dirent-ils. Jean les fit asseoir et les pria de leur faire connaître l'objet de leur visite : ( Nous sommes seulement chargés d'une lettre pour (oi, lui dirent-ils, permets qu'elle soit lue. > Sur le consenteiuent <lc Ji au, ils la remiient à un jeune serviteur de Théophile qui en doiuia lecture. (II. L.)

2. Les envoyés ajoutèrent verbalement le nom du lecteur Paul dont le concile réclamait également la eompai'ulion. (II. L.)

3. Voici la lettre ù Théophile: « Cesse de bouleverser lOidic ecclésiasti([ue et de diviser ll'^glise, cette fille du ciel pour laquelle le Christ s'est l'ait cliaii'. Si, au mépris des saints canons de Nicée, lu veux juger hors des limites de ton territoire, passe ici dans une ville où la police est bien réglée, el ne ehei'chc pas à attirer Abel dans les champs, à l'exemple de Ca'in. C'est à luius, en cfl'el, de juger et de te juger, toi tout le premier, car nous avons en main des mémoires (jui contiennent soixante-dix griefs de crimes cpie lu as coniniis, el en outre notre concile est ])lus noiulti'enx que li' lien. Vous n êtes (|ue trente-six, presque d'une seule jjrovince ; nous sommes i|naranle, de ]jlusieui's provinces et nous comptons pai-mi nous sept mélropolilaius. Tu vois que, pour 1 observation de ces canons dont tu parles, il fautnécessairement quelc plus petit nombre soit jugé parle plus grand, surluul quand le pins grandesl le plus honoré et le plus digue. Nous avons ici même une de tes lellrespar laquelle lu écrivais à Jean, notre frèi'e dans l'é|)iscopat, (ju il ju' faut pas (|u'un évèfjue enlrejji-enne d(! juger les autres jioi-s de sou domaine ecclésiasli(|ne. Pcuw èli-e conséi|neut avec loi-

opposait le groupe épiscopal qui l'entourait à celui qu'on avait réuni au Chêne. Il écrivit également à ces évêques et posa ses conditions pour obéir à la citation qu'on lui avait laite].

Presque aussitôt arriva un notaire impérial, porteur d'un rescrit ordonnant à Jean Chrysostome « de se présenter devant le concile; » et en même temps deux prêtres infidèles du diocèse de Constantinople, le prêtre Eugène (nommé peu après évêque d'Héraclée, pour le récompenser de sa trahison) et le moine Isaac portèrent une nouvelle citation à comparaître devant le concile ^. Jean répondit

même, soumets-toi à noire citation, ou bien fais eu sorte que tes accusateurs cessent de t'accuser. » « Ceci est bien, dit Jean Chrysostome, après avoir entendu cette lettre des évêques ; protestez comme bon vous semble, mais il faut aussi que je réponde à ce qui m'a été signifié. » Et il dicta ce qui suit, non pour Théophile à qui il ne reconnaissait pas le droit de l'interpeller et de le citer, mais pour les évêques qui siégeaient au concile du Chêne : « Jusqu'ici je ne connais personne qui puisse avec quelque apparence de justice se plaindre de moi et m'accuser. Toutefois si vous voulez que je me présente devant votre assemblée, faites-en sortir d'abord mes ennemis déclarés, ceux qui n'ont point caché leur haiuc et leurs desseins contre moi. Faites cela et je ne disputerai point du lieu où je devrai être jugé, quoique ce lieu, suivant toutes les règles, soit la ville de Coustantinople. Le premier d'entre vous récusé par moi comme suspect est Théophile, que je convaincrai d'avoir dit à Alexandrie et en Lycie : « Je vais à la cour déposer Jean, » propos trop bien confii'mé par le refus de me voir et de me parler depuis son arrivée et même de communiquer avec moi. Je récuse ensuite Acace de Bérée, qui s'est vanté de m'assaisonner un bouillon qui ne serait pas de mon goût. Autiochus de Ptolémaïs et Sévérien de Cabale ne méritent guère que je parle d'eux : une prompte justice leur viendra d'en haut, et en ce moment déjà les théâtres de la ville en font l'objet de leurs railleries. Si donc vous voulez sérieusement que je me présente, commencez par retrancher ces quatre évêques du nombre de mes juges, et si vous voulez absolument qu'ils demeurent, faites-les venir comme accusateurs, afin que les rôles soient nets et que je sache à qui j'ai affaire. Sous ces conditions je comparaîtrai devant vous ; je comparaîtrai, s il le faut, devant un concile de toute la terre, mais sachez bien que vous enverriez mille fois vers moi, que vous n'obtiendriez pas d'auti'e réponse. » (H. L.)

1. Tout cet incident est écourté et difficilement intelligible. Le voici en détail. Un notaire impérial arriva, porteur d'un rescrit dans lequel était inséré une supplique venue du Chêne à l'effet d'obliger Jean à comparaître bon gré mal gré. Le notaire insista auprès de Jean Chrysostome qui s'obstina dans son refus. A peine le notaire avait-il quitté le palais épiscopal qu'on y vit entrer deux prêtres de l'Eglise de Coustantinople, Eugène et Isaac, délégués par le synode pour citer de nouveau Jean. Un de ces hommes lui dit : « Pourquoi tardes-tu ? le concile t'attend, il t'ordonne de venir devant lui te laver, si tu le peux, des crimes dont on t'accuse. » L'archevêque dédaigna de répondre, mais prenant trois de ses évêques fidèles il les envoya porter au synode cette ré-

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