‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 154 sur 407 · Conciles contre Léporius et conciles moins importants · texte numérisé non relu

Conciles contre Léporius et conciles moins importants

Le moine Léporius de Marseille provoqua un nouveau concile de Cartilage, vers l'année 426 '^. Ce moine partageait les erreurs des pelagiens, qu'il mélangeait aux opinions nestoriennes (cinte Nestorium) ; chassé des Gaules et venu en Afrique, il y avait été converti par Aurèle et Augustin. Il présenta au concile de Carthage une profession de foi, dans laquelle il rétraclait toutes ses anciennes erreurs. Le concile le renvoya aux évêques des Gaules avec une [139] lettre de recommandation 'K

Léporius s'exprima en ces termes : « Il reconnaissait son erreur,

1. Mansi, op. cit., l. m, col. 839 sq., t. iv, col. 515 ; Hardouin, op. cit., l. i, col. 947 sq.

2. Voyez, sur la question chronologique, Mansi, op. cit., t. iv, col. 517.

3. Cette profesbiou de foi, de même que cette lettre de recommandalion se trouvent dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 518 et sq. et Hardouiu, op. cit., t. i, col. 1261 sq.

mais il ne s'est pas trompé sciemment et croyait que cette erreur était la pure vérité. Il n'avait pas nié que le Christ, le fils de Dieu fût né de la vierge Marie, mais pour ne pas liumaniser la Divinité il n'avait pas voulu dire : « Dieu lui-même est né de la vierge Marie », mais bien : « avec l'aide de Dieu, l'homme parfait est nédela vierge Mîirie. » Il avait attribué seorsuin quse Deisunt, soZi Z)eo et de même seorsum quœ sunt hommis, soli homini. Il évite ainsi la communication des idiomes et il a ainsi manifestement introduit dans la Trinité une quatrième personne. Du Christ (homme) il a fait procéder tout lahor, \owle devotio , toul me/^itum, la foi, etc... parce qu'il ne convient pas que tout cela procède de Dieu ; il pense que le Christ a éprouvé toutes ses souOrances en tant qu'homme parfait sans être secouru en rien par la Divinité et donne comme preuve que le Christ s'est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonné?» Léporlus croit encore au sujet du Christ qu'il n'a pas comme homme connu le jour du jugement... » Tout ce que Léporius déclare ici être son erreur ancienne et tout ce qu'il rétracte n'appartient pas à proprement parler aux doctrines des pélagiens, mais bien plutôt à celles des nestoriens ou de Théodore de Mopsueste ainsi que Neander l'a très justement fait remarquer, car dans la profession de foi positive de Léporius on ne trouve aucun mot concernant la doctrine de la grâce. Mais Cassien et Gennade, juges très compétents sur cette question, nous démontrent si clairement que Léporius était pélagien, que l'on est obligé d'admettre que ce moine avait adopté et les erreurs des pélagiens et celles des nestoriens.

On ne peut que signaler une sorte de concile, en réalité une simple réunion de quelques évèques qui se tint à Hippone, en 426, pour donner un coadjuteur à Augustin, dans la personne du prêtre Héraclius ^.

Il se tint de même, en 426, sur l'ordre de l'empereur Théodose II, un concile à Constantinople, en partie à l'occasion de l'élévation de Sisinnius sur le siège patriarcal de cette ville, et en partie pour la [l'^O] condamnation de l'erreur des messaliens. Nous n'avons qu'un fragment de la lettre synodale de cette assemblée '^.

Nous ne possédons aucun document original, et nous n'avons que quelques renseignements de seconde main, sur un grand conciie des Gaules tenu probablement à Troyes en 429 au sujet du

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